LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2417304

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2417304

vendredi 21 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2417304
TypeDécision
PublicationC
Formation6e Section - 2e Chambre - R.222-13
Avocat requérantCABINET DBKM AVOCATS (SELARL)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a examiné la requête de Mme F contestant des indus de revenu de solidarité active (RSA) mis à sa charge par la Ville de Paris, notamment un titre de recettes de 2 401,49 euros. La magistrate désignée a constaté que la décision implicite de rejet du recours administratif préalable de Mme F avait été remplacée par une décision expresse de rejet de la Ville de Paris le 25 juillet 2024, se substituant à la décision initiale. En conséquence, le tribunal a jugé que les conclusions dirigées contre la décision implicite étaient devenues sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer sur ces points. La solution retenue s'appuie sur l'article L.262-47 du code de l'action sociale et des familles, qui prévoit la substitution de la décision prise après recours administratif préalable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 juin 2024, et un mémoire complémentaire enregistré le 6 février 2025, Mme A F, représentée par Me Bapceres, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet de son recours administratif préalable obligatoire du 10 octobre 2022 dirigé contre les indus de revenu de solidarité active (RSA) mis à sa charge référencés INK 001 et INL 001 ;

2°) d'annuler le titre de recettes n° 136217 émis le 6 mai 2024 afin de recouvrer la somme de 2 401,49 au titre d'un indu de RSA portant sur la période d'aout 2021 à janvier 2022 ;

3°) d'annuler toute décision, expresse ou implicite, de rejet de son recours administratif daté du 25 juin 2024 tendant à contester les indus de RSA référencés INK 001 et INIL 001 ;

4°) de prononcer la décharge de l'obligation de rembourser les indus prétendus ;

5°) d'enjoindre la restitution des sommes récupérées au titre des indus ;

6°) à titre subsidiaire, d'annuler la décision, expresse ou implicite, de rejet de sa demande du 25 juin 2024 de remise des indus et prononcer la remise des indus ;

7°) en toute hypothèse, de mette à la charge de l'Ariège (sic) la somme de 1 200 euros en application des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la Ville de Paris ne démontre pas avoir saisi la commission de recours amiable, ni être dispensée d'une telle saisine ;

- les modalités de la liquidation des indus ne sont pas précisées ;

- la Ville de Paris ne prouve pas le versement des sommes qu'elle entend récupérer ;

- il appartient à l'administration de produire son entier dossier conformément aux dispositions de l'article R.772-8 du code de justice administrative et de prouver les faits qui fondent les indus ;

- le titre de recettes n° 136217 est entaché du défaut de signature, en méconnaissance des articles L.1617- 5 et D.1617-23 du code général des collectivités territoriales ;

- il n'indique pas les bases de la liquidation ;

- l'administration n'établit pas de fraude ni de fausse déclaration susceptible d'empêcher la remise des indus ;

- l'absence de déclaration qui lui est reprochée porte sur deux éléments ponctuels, à savoir un prêt d'argent de la part d'un ami pour un montant de 6 000 euros et la vente d'un sac Chanel pour un montant de 5 500 euros ;

- elle est en situation de précarité financière.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 novembre 2024, la Ville de Paris conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles,

- le code général des collectivités territoriales,

- l'arrêté du 27 juin 2007 portant application de l'article D. 1617-23 du code général des collectivités territoriales relatif à la dématérialisation des opérations en comptabilité publique,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Lambert pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Lambert a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme F, allocataire du revenu de solidarité active (RSA) depuis le mois d'août 2021, a fait l'objet d'une enquête de la caisse d'allocation familiales (CAF) de Paris qui a mis en évidence qu'elle avait omis de déclarer des sommes perçues sur ses comptes bancaires entre le mois de mai 2021 et le mois d'avril 2022. Faisant suite au rapport d'enquête du 1er juillet 2022, la CAF de Paris a procédé au réexamen des droits de Mme F, ce qui a donné lieu à la notification d'un indu de RSA, le 25 juillet 2022, s'élevant à la somme de 3 297,69 euros. La CAF de Paris a effectué des retenues sur les prestations versées à Mme F, puis elle a transféré le solde de sa créance, soit la somme de 2 401,49 euros, à la Ville de Paris. Mme F a exercé le recours administratif préalable obligatoire le 15 octobre 2022 contre cette décision de notification d'indu, qui a donné lieu à une décision implicite de rejet. Mme F a reçu un titre de recettes émis et rendu exécutoire par la direction régionale des finances publiques de la Ville de Paris le 6 mai 2024 pour le recouvrement de la somme de 2 401,49 euros. Elle a formé un recours auprès de la Ville de Paris, reçu le 28 juin 2024, pour contester le bien-fondé de l'indu de 2 401,49 euros mis à sa charge. Par une décision expresse du 25 juillet 2024, la Ville de Paris a rejeté son recours.

Sur l'objet du litige :

2. L'institution par l'article L.262-47 du code de l'action sociale et des familles d'un recours administratif préalable à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite de ce recours administratif préalable se substitue nécessairement à la décision initiale et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge.

3. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de la requête, laquelle est dirigée contre la décision implicite de rejet née du silence gardé par la Ville de Paris à la suite du recours administratif préalable obligatoire formé par Mme F le 10 octobre 2022 contre la décision mettant à sa charge un indu de RSA, la Ville de Paris a pris une décision expresse de rejet de ce recours le 25 juillet 2024. Cette décision s'est nécessairement substituée à la décision initiale. Par suite, les conclusions de la requête doivent être regardées comme dirigées contre la décision du 25 juillet 2024 par laquelle la Ville de Paris a expressément rejeté ce recours.

Sur l'office du juge :

4. Lorsqu'un recours est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération de montants d'allocation de RSA que l'administration estime avoir été indument versés, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 25 juillet 2024 :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. () ". Aux termes de l'article R. 262-89 du même code : " Sauf lorsque la convention mentionnée à l'article L. 262-25 en dispose autrement, ce recours est adressé par le président du conseil départemental pour avis à la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale. () ". Et aux termes de l'article 9 de la convention de gestion du revenu de solidarité active du 23 novembre 2021 conclue entre le département de Paris et la CAF de Paris, applicable au présent litige : " Les recours administratifs préalables prévus à l'article L. 262-47 du CASF examinés par la commission de recours amiable prévue à l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale sont : - l'évaluation forfaitaire des revenus visée à l'article L. 262-41 du CASF ; / - les conditions de résidence en France prévues à l'article L. 262-2 du CASF. () ".

6. Si Mme F soutient que la Ville de Paris aurait dû saisir la commission de recours amiable de son recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision lui notifiant l'indu de RSA, il est constant que l'indu en litige ne résultait pas d'une évaluation forfaitaire de ses revenus ni d'une appréciation du caractère effectif et stable de sa résidence en France, au sens de l'article 9 de la convention précitée, produite en défense. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut de saisine de la commission de recours amiable doit être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. (). ". Aux termes de l'article L. 262-3 du même code : " L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. () ". Et aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".

8. Il résulte de l'instruction, et en particulier du dossier constitué par la CAF pour l'instruction de la demande tendant à l'attribution du RSA à Mme F, lequel est produit par la Ville de Paris dans l'instance, mais également du rapport d'enquête du 1er juillet 2022, dont les constatations font foi jusqu'à preuve du contraire, que l'intéressée n'a pas déclaré, au titre des mois de mai 2021 à avril 2022, plusieurs virements d'argent en provenance de M. E et de M. D ainsi que plusieurs dépôts d'espèce, représentant un montant total de 11 670 euros.

9. D'une part, en se bornant à soutenir, au demeurant sans l'établir, que la somme de 6 000 euros provient d'un prêt consenti par un ami " pour faire face à ses besoins élémentaires ", Mme F ne conteste pas sérieusement les constats de l'agent de contrôle de la CAF. Par ailleurs, en vertu de l'article R. 262-6 du code de l'action sociale et des familles précité, le produit de la vente alléguée d'un sac de marque Chanel pour la somme de 5500 euros n'est pas exclu de l'obligation de déclaration,. Par suite, la CAF de Paris était fondée à réintégrer les ressources non déclarées de Mme F et de procéder au réexamen de ses droits au RSA.

10. D'autre part, la Ville de Paris établit, par les pièces qu'elle produit dans l'instance, que la réintégration des sommes non déclarées pour un montant total de 11 670 euros a généré un trop perçu de RSA à hauteur de la somme de 3 664,14 euros, dès lors que Mme F a perçu la somme globale de 4 526,97 euros au titre du RSA pour la période d'août 2021 à janvier 2022, alors qu'elle n'avait droit qu'à la somme de 862,83 euros. L'indu de RSA de Mme F a été ramené, après compensation effectuée le 25 juillet 2022 avec la somme de 366,45 euros, à la somme de 3 297,69 euros et, au final, à la somme de 2 401,49 euros après retenues effectuées chaque mois de septembre 2022 à octobre 2023. La requérante, qui ne conteste pas les pièces versées en défense, n'établit pas qu'elle n'aurait pas perçu les prestations de RSA faisant l'objet de l'indu en litige. Par suite, le moyen tiré de l'absence de preuve de versement des prestations et celui tiré de l'absence " de précision des modalités de liquidation de la dette " manquent en fait et doivent être écartés.

11. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions d'annulation de la requête dirigées contre la décision du 25 juillet 2024 rejetant le recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la notification d'indu du 25 juillet 2022 doivent être rejetées.

Sur le titre de recettes du 6 mai 2024 :

12. En premier lieu, d'une part, aux termes des dispositions du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public vaut notification de ladite ampliation. / En application des articles L. 111-2 et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation () ". Pour l'application de ces dispositions, lorsque le bordereau est signé non par l'ordonnateur lui-même mais par une personne ayant reçu de lui une délégation de compétence ou de signature, ce sont, dès lors, les nom, prénom et qualité de cette personne qui doivent être mentionnés sur le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif, de même que sur l'ampliation adressée au redevable.

13. D'autre part, aux termes de l'article D. 1617-23 du même code : " Les ordonnateurs des organismes publics (), lorsqu'ils choisissent de transmettre aux comptables publics, par voie ou sur support électronique, les pièces nécessaires à l'exécution de leurs dépenses ou de leurs recettes, recourent à une procédure de transmission de données et de documents électroniques, dans les conditions fixées par un arrêté du ministre en charge du budget () / La signature manuscrite, ou électronique conformément aux modalités fixées par arrêté du ministre en charge du budget, du bordereau récapitulant les titres de recettes emporte attestation du caractère exécutoire des pièces justifiant les recettes concernées et rend exécutoires les titres de recettes qui y sont joints () ". Enfin, aux termes de l'article 5 de l'arrêté du 27 juin 2007 susvisé : " () La signature électronique emporte signature de tous les bordereaux de mandats, de tous les bordereaux de titres et les effets mentionnés par les alinéas 2 et 3 de l'article D. 1617-23 du code général des collectivités territoriales () ".

14. Il résulte de l'instruction que le titre de recettes adressé à l'intéressée comportait la mention de ce que son auteur est Mme C B, " Ordonnateur ". La Ville de Paris justifie que Mme B, qui est cheffe du service de l'expertise comptable à la sous-direction de la comptabilité, a reçu délégation de la Maire de Paris par arrêté du 22 janvier 2024 pour signer toutes les décisions prises dans le cadre de ses attributions, et notamment pour les bordereaux de titres de recettes et pièces justificatives annexées sur le budget général et les budgets annexes de la Ville de Paris. Il résulte des dispositions précitées du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales que seul le bordereau du titre de recettes conservé par l'administration devait, à peine d'irrégularité, comporter sa signature, laquelle pouvait, en vertu de l'article 5 de l'arrêté du 27 juin 2007, prendre une forme électronique. Par suite, le moyen tiré du vice de forme ne peut qu'être écarté.

15. En second lieu, aux termes de l'article 24 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " () / Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation () ". A ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation de sa décision la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération.

16. Le titre de recettes contesté, qui précise qu'il a pour objet le recouvrement d'un indu de RSA au titre de la période du 1er août 2021 au 31 janvier 2022 résultant de la perception d'une aide familiale ou d'une libéralité non déclarée au titre de la même période, doit être regardé comme satisfaisant aux prescriptions de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation du titre de recettes doit être écarté.

17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'annulation dirigées contre le titre de recettes émis le 6 mai 2024 à l'encontre de Mme F doivent être rejetées.

Sur la demande de remise gracieuse :

18. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'État, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration (). ".

19. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de RSA, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

20. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé au RSA, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.

21. Ainsi qu'il a été exposé au point 8 du présent jugement, malgré l'obligation déclarative prévue par les dispositions précitées de l'article R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles, que Mme F ne pouvait méconnaître, celle-ci n'a pas déclaré, de manière réitérée, sur une période d'un an, les informations relatives à ses ressources.

22. Par suite, Mme F, qui n'établit pas sa bonne foi, ne justifie pas qu'une remise gracieuse lui soit accordée.

Sur les autres conclusions :

23. D'une part, eu égard aux motifs du présent jugement, les conclusions de la requête à fin d'injonction doivent être rejetées.

24. D'autre part, la Ville de Paris n'étant pas la partie perdante, les conclusions de la requête dirigées à son encontre sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à les supposer recevables, doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme F est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A F, à la caisse d'allocations familiales de Paris et à la Ville de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2025.

La magistrate désignée,

F. Lambert

La greffière,

K. Bak-Piot

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2417304/6-

Décisions similaires

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2511088

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... B... visant à annuler les décisions de suspension et de fin de droits au RSA et à l'ALS, ainsi que la notification d'un indu. Le tribunal a jugé que les procédures de contrôle menées par la CAF de Paris et la Ville de Paris étaient régulières, notamment au regard des articles L. 114-19 et L. 114-21 du code de la sécurité sociale, et que le requérant ne démontrait pas que les conditions légales d'attribution des prestations étaient remplies. Les demandes de rétablissement des droits, de versements rétroactifs et de condamnation aux dépens ont donc été écartées.

02/04/2026

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2515543

**Sujet principal** : Recours contre le rejet d'une demande de remise gracieuse d'un indu de RSA et contestation du montant de la dette. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (formation de jugement unique). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête de M. A..., confirmant la décision de la Ville de Paris. Il estime que les ressources non déclarées (virements, dépôts d'espèces et intérêts) constituent bien des revenus pris en compte pour le calcul du RSA, et que l'allocataire n'apporte pas la preuve de sa bonne foi ou d'une situation de précarité justifiant la remise gracieuse. **Textes appliqués** : Articles L. 262-2, R. 262-6 et R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles (définition du RSA, composition des ressources et obligation de déclaration).

02/04/2026

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2511244

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... qui contestait la décision de la maire de Paris lui réclamant un indu de RSA de 11 217 euros. Le tribunal a estimé que les motifs de l'administration étaient fondés, notamment le défaut de déclaration de l'ASPA et les séjours à l'étranger, et que les droits de la défense avaient été respectés. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'action sociale et des familles relatives au recouvrement des indus de prestations sociales.

02/04/2026

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2512505

**Sujet principal** : Recours contre une décision de la CAF de Paris notifiant un indu de prime d'activité (PPA) et d'allocation personnalisée au logement (APL), et demandes subsidiaires de remise gracieuse ou d'étalement. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (formation statuant en procédure écrite simplifiée). **Solution retenue** : * Concernant l'APL, le tribunal constate un **non-lieu à statuer** car la dette a été soldée par la CAF avant l'audience, rendant la demande sans objet. * Concernant la PPA, le tribunal **rejette la requête** au fond, considérant que la décision de récupération de l'indu est légale et bien fondée, notamment au regard des dispositions du code de la sécurité sociale et du code de la construction et de l'habitation. **Textes appliqués** : Code de la sécurité sociale (pour la PPA), code de la construction et de l'habitation (pour l'APL), et code de justice administrative pour la procédure.

02/04/2026

← Retour aux décisions