jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2417349 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 2e Chambre- OQTF 6 sem. |
| Avocat requérant | IVANOVA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 juin 2024, M. B demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 25 juin 2024 par lequel le préfet de la Seine Saint-Denis l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois et l'a signalé aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine Saint-Denis de réexaminer sa situation.
Il soutient qu'il encourt des risques en cas de retour dans son pays d'origine et qu'il est inséré professionnellement et socialement en France.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine Saint-Denis qui n'a pas produit d'écriture en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Sorin, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Jeang, greffière :
- le rapport de M. Sorin,
- et les observations de Me Ivanova, représentant M. B, qui persiste dans ses conclusions initiales par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré présentée par le préfet de la Seine Saint-Denis a été enregistrée le 18 octobre 2024 et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant bangladais né le 15 août 1992 et entré en France au mois d'octobre 2022 selon ses déclarations, a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 31 janvier 2023, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile le 7 juin 2023. Par un arrêté du 25 juin 2024, pris sur le fondement de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Seine Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois et l'a signalé aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. M. B demande l'annulation de ces décisions.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Si M. B soutient qu'il encourt des risques en cas de retour dans son pays d'origine et qu'il est inséré professionnellement et socialement en France, il n'apporte pas à l'appui des moyens ainsi soulevés les précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Ces moyens doivent, par suite, être écartés et sa requête rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : M. B est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B, au préfet de la Seine Saint-Denis et à Me Ivanova.
Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.
Le magistrat désigné,
J. SORINLa greffière,
D.-E. JEANG Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.
La République mande et ordonne au préfet de la Seine Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2417349/2-