lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2417429 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | IHARKANE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 juin 2024, M. A B, représenté par Me Iharkane, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 5 juin 2024 par laquelle le préfet de police de Paris lui a refusé le droit d'accéder au traitement automatisé des données à caractère personnel dénommé " Application de gestion des dossiers des ressortissants étrangers en France " (AGDREF) ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de lui remettre une copie des données le concernant inscrites dans le fichier AGDREF ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans un délai de 48 heures ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est constituée dès lors qu'il risque d'être éloigné à tout moment, alors qu'il bénéficie d'un titre de séjour dont il ne peut justifier faute d'avoir accès au fichier AGDREF ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige dès lors qu'elle n'est pas motivée, qu'elle est entachée d'incompétence et qu'elle méconnaît l'article R. 142-24 2° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n°2417413 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Weidenfeld pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien, entré en France en 2016, a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile le 31 août 2023. Par un arrêté du 16 janvier 2024, confirmé par jugement non définitif du tribunal administratif de Paris du 24 avril 2024, le préfet de police de Paris a refusé de lui accorder le titre sollicité et l'a obligé à quitter le territoire. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre la décision du 5 juin 2024 par laquelle le préfet de police de Paris lui a refusé l'accès aux données le concernant consignées dans le fichier AGDREF.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie.
3. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Pour justifier de l'urgence, M. B soutient que la décision attaquée l'expose à un éloignement du territoire français dans la mesure où elle fait obstacle à ce qu'il établisse qu'en dépit de l'arrêté du 16 janvier 2024, il est titulaire d'un titre de séjour, ainsi que cela lui aurait été annoncé par courriel du 13 décembre 2023. Toutefois, d'une part, il ne résulte pas du courriel émanant de " jmmsalle quatre " produit en pièce 10, qui est adressé à " M. A A " et se borne à indiquer " il apparaît que votre titre de séjour est fabriqué " et dont le requérant n'a pas fait état dans le cadre du recours formé contre l'arrêté du 16 janvier 2024, qu'une décision lui accordant un titre de séjour aurait été prise pour le préfet de police de Paris avant le 13 décembre 2023. D'autre part, à supposer même que tel était le cas, l'arrêté du 16 janvier 2024 aurait procédé au retrait de la décision favorable révélée par ce courriel. Dans ces conditions, le risque d'éloignement invoqué par le requérant ne peut être regardé comme la conséquence du refus par le préfet de police de Paris de lui donner accès aux données le concernant consignées dans le fichier AGDREF, mais résulte de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 16 janvier 2024. Il s'ensuit que le requérant ne justifie pas de l'atteinte grave et immédiate portée à ses intérêts par la décision litigieuse. Par voie de conséquence, la condition d'urgence ne peut être regardée, en l'état, comme remplie au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée, pour défaut d'urgence, en toutes ses conclusions selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête susvisée est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Paris, le 8 juillet 2024.
La juge des référés statuant en urgence,
K. Weidenfeld
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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