LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2417435

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2417435

vendredi 18 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2417435
TypeDécision
PublicationC
Formation6e Section - 1re Chambre
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 juin 2024, M. B Du, représenté par Me David-Bellouard et Me Gonidec, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 mai 2024 par lequel le préfet de police de Paris a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de résident, ou une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de cinq jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans cette attente ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Me David-Bellouard sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, ou dans l'hypothèse où il ne se verrait pas accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la même somme, à lui verser, sur le seul fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

La décision de refus de renouvellement de carte pluriannuelle :

- est entachée de l'incompétence de son signataire ;

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'une erreur de fait ;

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L.423-23, L. 411-4 10° et L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

La décision de refus de délivrance d'une carte de résident :

- méconnaît les dispositions de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

La décision refusant un délai de départ volontaire :

- est illégale par la voie de l'exception d'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle se fonde ;

- est entachée de l'incompétence de son signataire ;

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'une erreur de fait ;

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L.423-23, L. 411-4 10° et L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

La décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français :

- est illégale par la voie de l'exception d'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle se fonde ;

- est entachée d'un erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2024, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. Du ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme de Schotten,

- et les observations de Me David pour M. Du.

Considérant ce qui suit :

1. M. Du, ressortissant chinois, né le 1er décembre 1956, est entré en France en janvier 1990 selon ses déclarations. Il a été mis en possessions de titres de séjour, et en dernier lieu d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 10 février 2023. Le 2 février 2023, il en a sollicité le renouvellement sur le fondement du 10° de l'article L. 411-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que la délivrance d'une carte de résident sur le fondement de l'article L. 423-10 du même code. M. Du demande l'annulation de l'arrêté du 21 mai 2024 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer les titres de séjour sollicités, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans.

Sur les conclusions présentées à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 412- 5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE "".

3. Pour refuser de délivrer les titres de séjour sollicités à M. A, le préfet de police s'est fondé sur la circonstance qu'il avait été condamné le 11 juin 2004 par le tribunal correctionnel de Paris à une amende de 500 euros pour conduite d'un véhicule sous l'empire d'un état alcoolique, le 16 juin 2009 et le 15 septembre 2010 par le tribunal correctionnel de Paris respectivement à 800 euros et 300 euros d'amendes pour conduite d'un véhicule à moteur malgré injonction de restituer le permis de conduire résultant du retrait de la totalité des points et le 11 mai 2021 par la chambre des appels correctionnels de Paris à 3 amendes fiscales de 15 euros pour exploitation d'un cercle ou d'une maison de jeux sans déclaration conforme, sans tenue conforme de la comptabilité et des registres et sans tenue confirme de la cagnotte - établissement de 4e catégorie, faits commis en 2011. Il n'est cependant pas contesté que M. Du, retraité, est entré en France en 1990, et qu'il déclare y vivre habituellement depuis 1998. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier qu'il y a travaillé en tant que salarié et commerçant pendant de nombreuses années. Il justifie en outre avoir fait montre d'efforts d'intégration, et produit son contrat d'intégration républicaine ainsi qu'une attestation de suivi de formation linguistique. Il ressort en outre des pièces du dossier qu'il a deux enfants majeurs de nationalité française, qui ont déclaré le prendre en charge devant la commission du titre de séjour, laquelle a rendu un avis favorable le 24 avril 2024. Dans ces conditions et au regard de la nature et du caractère particulièrement ancien des faits sur lesquels il s'est fondé, le préfet de police, en estimant que la présence en France de l'intéressé représentait une menace pour l'ordre public, a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, le requérant est fondé à demander l'annulation de la décision lui refusant la délivrance des titres de séjour sollicités et, par voie de conséquence, l'annulation des décisions l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans.

Sur les conclusions présentées à fin d'injonction :

5. Le présent jugement implique nécessairement, par application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, sous réserve de toute modification de fait ou de droit, d'enjoindre au préfet de police de délivrer à M. Du une carte de séjour pluriannuelle ou une carte de résident dans un délai qu'il convient de fixer à deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

6. M. Du n'ayant pas été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 21 mai 2024 par lequel le préfet de police de Paris a refusé de délivrer un titre de séjour à M. Du, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de séjour d'une durée de cinq ans est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de délivrer à M. Du une carte de résident ou une carte de séjour pluriannuelle dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B Du et au préfet de police de Paris.

Délibéré après l'audience du 4 octobre 2024 à laquelle siégeaient :

Mme Weidenfeld, présidente,

Mme de Schotten, première conseillère,

M. Rezard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.

.

La rapporteure,

K. de Schotten

La présidente,

K. WeidenfeldLe greffier,

A. Lemieux

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2417435/6-1

Décisions similaires

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2411510

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande d'indemnisation du fils d'un tirailleur sénégalais décédé lors du massacre de Thiaroye en 1944. Le tribunal a jugé que l'action en responsabilité était prescrite, le délai de cinq ans prévu par la loi du 31 décembre 1945 étant écoulé depuis la connaissance du décès. La juridiction a ainsi fait primer les règles de prescription sur la reconnaissance historique des faits par les autorités françaises.

27/03/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401235

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B... D... visant à annuler la décision du conseil départemental de l'ordre des médecins de Paris refusant de poursuivre disciplinairement un médecin. Le tribunal a jugé que la décision ordinale, relevant d'un large pouvoir d'appréciation sur l'opportunité d'engager des poursuites, n'était pas une décision administrative individuelle défavorable à l'égard de la plaignante et n'avait donc pas à être motivée. Les moyens tirés du défaut de motivation et des vices de procédure ont été écartés.

20/03/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2600963

Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté préfectoral ordonnant l'éloignement et l'interdiction de retour d'un ressortissant algérien titulaire d'un titre de séjour portugais valide. La juridiction a retenu que le préfet avait commis une erreur de fait et d'appréciation en considérant que l'intéressé séjournait irrégulièrement en France et menaçait l'ordre public. Elle a également enjoint l'administration de procéder à l'effacement du signalement Schengen dans un délai d'un mois.

20/03/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2527029

Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour à une ressortissante malienne et lui enjoignant de quitter le territoire. La juridiction a annulé la décision du préfet de police, considérant que le refus de titre de séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) constituait une erreur manifeste d'appréciation au regard de la durée et des conditions d'intégration de l'intéressée en France. Le tribunal a enjoint à l'administration de réexaminer la situation de la requérante dans un délai de deux mois.

20/03/2026

← Retour aux décisions