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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2417555

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2417555

mardi 9 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2417555
TypeDécision
PublicationC
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 juin 2024, M. C, retenu au centre de rétention administrative de Paris, représenté par Me Joory, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 juin 2024 par lequel le préfet de police a porté de douze mois à vingt-quatre mois la durée d'interdiction de retour sur le territoire français ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

-la décision est insuffisamment motivée ;

- elle souffre d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

-la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît sa situation personnelle.

La requête a été communiquée au préfet de police, représentée par Me Tomasi, qui n'a pas produit de mémoire en défense mais a produit des pièces, enregistrées le 2 juillet 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Perrin en application de l'article

R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Perrin ;

- les observations de Me Joory, avocat commis d'office, représentant M. C, présent, assisté de Mme B, interprète en langue arabe, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et ajoute que la décision est disproportionnée en l'absence de menace à l'ordre public et en présence de circonstances humanitaires, le requérant vivant avec la mère de son enfant, en situation régulière, et son enfant, né en France, dont il s'occupe ;

- les observations de Me Floret, représentant le préfet de police, qui conclut au rejet de la requête, aucun des moyens soulevés n'étant fondé.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant algérien, né le 16 novembre 1999, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 26 juin 2024 par lequel le préfet de police a porté de douze mois à vingt-quatre mois la durée d'interdiction de retour sur le territoire.

2. En premier lieu, la décision contestée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle mentionne que M. C a, le 25 juin 2024, été signalé pour détention illicite de substances psychotropes, que ces faits représentent une menace pour l'ordre public, qu'il allègue être entré en France il y a trois ans, qu'il se déclare en concubinage avec un enfant à charge sans en apporter la preuve, et qu'il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement du 13 mai 2023 du préfet de la Seine-Saint-Denis. Dès lors, les moyens tirés du défaut de motivation et d'une absence d'examen de sa situation personnelle doivent être écartés.

3. En second lieu, si M. C entend se prévaloir de l'existence de circonstances humanitaires en invoquant une vie privée et familiale en France, qu'il réside depuis plusieurs mois avec sa compagne, compatriote algérienne, en situation régulière, et leur enfant, né sur le territoire français, le 31 août 2023, il n'établit pas, par les pièces produites, résider avec sa compagne et son fils, ni participer à son entretien. Par ailleurs, s'il soutient que son comportement ne représente pas une menace pour l'ordre public, il ressort de ses déclarations lors de son audition du 24 juin 2024 qu'il a reconnu détenir des médicaments sur lui, en l'espèce une boite de Rivotril, qu'il a acheté à un inconnu, et a fait l'objet de plus de dix signalisations depuis 2023 qui sont répertoriées dans son fichier FAED. Il est en outre constant qu'il s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement. Par suite, le préfet de police a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, porter l'interdiction de retour sur le territoire français de douze à vingt-quatre mois.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de police.

Lu en audience publique le 9 juillet 2024.

La magistrate désignée,

A. PerrinLa greffière,

L. Poulain

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2417555/8

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