jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2417558 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | CABINET VERPONT AVOCATS (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 juin 2024, M. A B, représenté par Me Liénard-Léandri, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 23 avril 2024 par laquelle la directrice générale du Samu social de Paris l'a révoqué de ses fonctions à compter du 2 mai 2024, date de sa notification ;
2°) d'enjoindre au Samu social de Paris de le réintégrer dans ses fonctions et de le placer en congé de maladie ordinaire à compter du 29 mars 2024 ;
3°) de mettre à la charge du Samu social de Paris une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est établie dès lors que la décision attaquée le place dans un état de précarité administrative et financière et est à l'origine de conséquences psychologiques graves ;
- la décision attaquée a été adoptée au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'il était en congé de maladie au jour où elle lui a été notifiée et qu'il a illégalement été maintenu en suspension le temps de la procédure disciplinaire au-delà du délai de quatre mois, et repose sur des faits matériellement inexacts et qui ne sauraient en tout état de cause être regardés comme des fautes de nature à justifier la sanction disciplinaire de la révocation.
La requête a été communiquée au Samu social de Paris qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- la requête au fond, enregistrée le 23 juin 2024 sous le n° 2417132, par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Sorin pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, en présence de Mme Agricole, greffière d'audience :
- le rapport de M. Sorin, juge des référés,
- et les observations de Me Liénard-Léandri, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a été recruté en qualité d'aide-soignant par le Samu social de Paris dans le cadre de contrats à durée déterminée à compter du 1er avril 2002 puis d'un contrat à durée indéterminée à compter du 1er avril 2016. Il demande par la présente requête la suspension de l'exécution de la décision du 23 avril 2024 par laquelle la directrice générale de cette institution a prononcé sa révocation.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. "
3. En l'espèce, l'exécution de la décision attaquée prive le requérant de toute rémunération et le place dans une situation de précarité financière propre à regarder la condition relative à l'urgence comme satisfaite.
4. Par ailleurs, en l'état de l'instruction, et en l'absence de toute défense du Samu social de Paris qui n'a produit aucune écriture et n'était ni présent ni représenté à l'audience, les moyens tirés de l'inexactitude matérielle des faits, de leur inexacte qualification et de la disproportion de la sanction litigieuse doivent être regardés comme paraissant propres à créer un doute sérieux quant à sa légalité.
5. Il y a par suite lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision et d'enjoindre au Samu social de Paris de réintégrer M. B dans ses effectifs sans délai à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a en revanche pas lieu de lui enjoindre de placer l'intéressé en congé de maladie, à qui il appartiendra de produire les avis d'arrêt de travail relatifs à sa situation médicale et de demander, s'il s'y croit fondé, ce placement. Enfin, il y a lieu de mettre à la charge du Samu social de Paris une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du 23 avril 2024 par laquelle la directrice générale du Samu social de Paris a révoqué M. B de ses fonctions à compter du 2 mai 2024, date de sa notification, est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au Samu social de Paris de réintégrer M. B dans ses effectifs sans délai à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : Le Samu social versera à M. B une somme de 1 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au Samu social de Paris.
Fait à Paris, le 11 juillet 2024.
Le juge des référés,
J. SORIN
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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