LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2417587

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2417587

mercredi 10 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2417587
TypeDécision
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantBOUTAOUROUT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 29 juin et 9 juillet 2024, M. B E, représenté par Me Boutaourout, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 28 juin 2024 par laquelle la préfète de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de dix ans ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la preuve n'est pas rapportée de la régularité de la délégation de signature ;

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- les exigences du contrôle judiciaire s'opposent au prononcé et à l'exécution d'une mesure d'éloignement ;

- le prononcé et l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français sont incompatibles avec les droits de la défense et la tenue d'un procès pénal ;

- la décision portant refus de délai de départ volontaire est illégale par exception d'illégalité de celle portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision lui a été notifiée sans l'assistance d'un interprète ;

- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et porte atteinte à sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 juillet 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Massiou en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Massiou,

- et les observations de Me Boutaourout, représentant M. E, assisté de

M. C, interprète en langue arabe.

- la préfète de l'Essonne n'étant ni présente, ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 28 juin 2024, la préfète de l'Essonne a obligé

M. B E, ressortissant marocain né le 1er avril 2005, à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de dix ans. Le requérant demande l'annulation de cette décision.

2. En premier lieu, la décision attaquée a été signé par Mme A D, adjointe à la cheffe du bureau de l'éloignement et du contentieux, qui, par un arrêté n° 2024-PREF-DCPPAT-BCA-143 du 2 avril 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour de la préfecture de l'Essonne, aisément accessible sur le site internet de la préfecture, a reçu délégation de signature à l'effet de signer, notamment, les décisions portant obligation de quitter le territoire français en cas d'absence ou d'empêchement du directeur de l'immigration et de l'intégration. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cette décision en l'absence de régularité de la publication de sa délégation de signature doit être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les textes, notamment du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont elle fait application et indique que M. E, qui ne peut justifier d'une entrée régulière sur le territoire français ni d'un titre lui permettant de s'y maintenir, a un comportement qui trouble de manière récurrente l'ordre public, les faits qui lui sont reprochés étant énumérés. Il est également et notamment fait état d'une précédente mesure d'éloignement à laquelle le requérant s'est soustrait. Dans ces conditions, ce dernier n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée n'est pas suffisamment motivée.

4. En troisième lieu, la circonstance que l'autorité judiciaire a ordonnée à l'encontre de M. E une mesure de contrôle judiciaire ne faisait obstacle ni à ce que le préfet prenne à son encontre une mesure administrative d'obligation de quitter le territoire français, ni même refuse de lui accorder un délai de départ volontaire. Elle fait seulement obligation à l'autorité préfectorale de s'abstenir de mettre à exécution cette mesure d'éloignement jusqu'à la levée de cette mesure de contrôle par le juge judiciaire. Dans ces conditions, les moyens d'erreur de droit tirée de la circonstance que le requérant fait l'objet d'un contrôle judiciaire et de la méconnaissance des droits de la défense à cet égard doivent être écartés.

5. En quatrième lieu, si M. E se prévaut de ce que la décision attaquée lui a été notifiée sans l'assistance d'un interprète, l'irrégularité des conditions de notification d'un acte administratif sont sans influence sur la légalité de cet acte qui s'apprécie à la date de son édiction. Ce moyen est ainsi inopérant et doit, par conséquent, être écarté.

6. En cinquième lieu, le moyen tiré par le requérant de ce que la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et porte atteinte à sa situation personnelle n'est assorti d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Il doit, dès lors, être écarté.

7. En dernier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, le requérant n'est pas fondé à se prévaloir de son irrégularité, par la voie de l'exception, à l'encontre de celle portant refus de délai de départ volontaire.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. E doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B E et à la préfète de l'Essonne.

Lu en audience publique le 10 juillet 2024.

La magistrate désignée,

B. MASSIOU

La greffière,

A. HEERALALL

La magistrate désignée,

B. MASSIOU

La greffière,

A. HEERALALL

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./8

Décisions similaires

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606789

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'arrêté du préfet de police prolongeant son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que la décision contestée était suffisamment motivée et ne méconnaissait pas les exigences légales, notamment celles du code de l'entrée et du séjour des étrangers (articles L. 612-6, L. 612-10 et L. 612-11). Elle a également estimé que cette mesure ne portait pas une atteinte disproportionnée aux droits de M. B... au regard de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.

07/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606780

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était légal, notamment car l'auteur de l'acte était compétent et que la motivation, examinant les critères de l'article L. 612-10 du CESEDA, était suffisante. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

07/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2607042

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté d'interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que le préfet de police était compétent pour prendre cette décision et que la motivation de l'arrêté, qui se fonde sur le maintien irrégulier de l'intéressé au-delà de son délai de départ volontaire, était suffisante au regard des articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de M. A... au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

07/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606511

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision de l'OFII mettant fin aux conditions matérielles d'accueil d'un demandeur d'asile yéménite. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation, estimant que la décision de l'OFII, motivée par le défaut de déclaration d'une protection internationale antérieure en Grèce, était suffisamment motivée et respectait les exigences procédurales. La juridiction a appliqué les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que la directive européenne 2013/33/UE.

03/04/2026

← Retour aux décisions