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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2417597

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2417597

mercredi 10 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2417597
TypeDécision
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantAMOUSSOU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 29 juin et 8 juillet 2024,

M. B C demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 28 juin 2024 par laquelle le préfet de police lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de trente-six mois ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- elle a été signée par une autorité incompétente ; la preuve n'est pas rapportée de la régularité de la délégation de signature ;

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ; elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation ;

- elle est entachée d'erreur de fait ; les faits qui lui sont reprochés au titre du risque qu'il représenterait pour l'ordre public ne sont pas établis ;

- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et porte atteinte à sa situation personnelle ; il réside en France depuis 2016, y a été scolarisé, a obtenu un titre de séjour et travaillé.

Des pièces ont été communiquées par le préfet de police le 9 juillet 2024.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Massiou en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Massiou,

- les observations de Me Amoussou, avocat commis d'office représentant M. C, assisté de Mme A D, interprète en langue ourdoue,

- et les observations de Me Floret, substituant Me Tomasi, représentant le préfet de police.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 28 juin 2024, le préfet de police a interdit à M. B C, ressortissant pakistanais né le 10 mai 1999, le retour sur le territoire français pendant une durée de trente-six mois. Le requérant demande l'annulation de cette décision.

2. En premier lieu, par un arrêté n° 2024-00349 du 18 mars 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° 75-2024-167 du même jour, le préfet de police a donné à Mme E, attachée d'administration de l'Etat et signataire de la décision attaquée, délégation à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, dont relève la police des étrangers, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elles n'ont pas été absentes ou empêchées lors de la signature de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision a été signée par une autorité incompétente doit être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les textes dont elle fait application, notamment les articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et fait état de ce qu'une décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise à l'encontre de M. C le 25 juillet 2023, que celui représente une menace pour l'ordre public, un signalement ayant été fait par les services de police le concernant pour des faits de menace sur une personne chargée d'une mission de service public qui auraient été commis le 27 juin 2024 et qu'il ne peut se prévaloir de liens suffisants avec la France, s'étant déclaré célibataire et sans enfant. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est insuffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation.

4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que les faits pour lesquels

M. C a fait l'objet d'un signalement seraient établis, le requérant les ayant niés au cours de son audition par les services de police et à l'audience et aucun élément du dossier n'en établissant la réalité. Pour autant, il ressort des pièces du dossier que le préfet de police aurait pris la même décision en se fondant uniquement sur les autres motifs de la décision attaquée, énumérés au point 3 du présent jugement.

5. En dernier lieu, si M. C se prévaut de plusieurs années de présence en France depuis 2016 et y avoir été intégré sur le plan scolaire et professionnel, éléments peu détaillés dans les écritures et non corroborés par les pièces du dossier mais qui ne sont pas contestés en défense, il ressort des pièces du dossier que le requérant est par ailleurs célibataire et sans enfant et qu'on ignore pendant quelle période et dans quelles conditions il a travaillé en France. Dès lors, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation eu égard à ses conséquences sur sa situation professionnelle.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de police.

Lu en audience publique le 10 juillet 2024.

La magistrate désignée,

B. MASSIOU

La greffière,

A. HEERALALL

La magistrate désignée,

B. MASSIOU

La greffière,

A. HEERALALL

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./8

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