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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2417870

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2417870

lundi 8 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2417870
TypeDécision
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 juillet 2024, M. D C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 1er juillet 2024 par lequel le préfet de police a décidé son maintien en rétention administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;

- il est entaché d'une insuffisance de motivation et n'a pas été précédé d'un examen sérieux de sa situation ;

- il est entaché d'erreur de fait ; la date des faits qui lui sont reprochés est inexacte ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 754-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 754-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard à ses conséquences sur sa situation personnelle.

Des pièces ont été communiquées par le préfet de police le 4 juillet 2024.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Massiou en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Massiou,

- les observations de Me Fournier, représentant M. C, assisté de M. E, interprète en langue arabe,

- et les observations de Me Floret, représentant le préfet de police.

Considérant ce qui suit :

1. M. D C, ressortissant tunisien né le 27 juillet 1993, demande l'annulation de l'arrêté du 1er juillet 2024 par lequel le préfet de police a décidé son maintien en rétention administrative.

2. En premier lieu, par un arrêté n° 2024-00198 du 16 février 2024 régulièrement publié, le préfet de police a donné à Mme A B, signataire de l'arrêté attaqué, délégation à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, dont relève la police des étrangers, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elles n'ont pas été absentes ou empêchées lors de la signature de cet arrêté. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application et comporte la mention de nombreuses circonstances de fait qui la fondent, en particulier l'interdiction à titre définitif du territoire prononcée à son encontre par le tribunal judiciaire de Paris le 12 décembre 2022, la demande d'asile formée par le requérant après son placement en rétention alors qu'il est présent sur le territoire français depuis 2010 ou 2011 ou encore qu'il existe vingt-huit signalements le concernant dans le fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) pour des faits de violence, notamment sur personne dépositaire de l'autorité publique, détention de stupéfiants ou cambriolage. Dans ces conditions, alors même que cet arrêté comporterait une erreur matérielle sur une date, le requérant n'est pas fondé à soutenir que cet arrêté est insuffisamment motivé et n'a pas été précédé d'un examen sérieux de sa situation.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 754-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La demande d'asile d'un étranger placé ou maintenu en rétention n'est pas recevable si elle est formulée plus de cinq jours après qu'il s'est vu notifier ses droits en matière d'asile dans les conditions prévues à l'article L. 744-6. Toutefois, cette irrecevabilité n'est pas opposable à l'étranger qui invoque, au soutien de sa demande, des faits survenus après l'expiration de ce délai. / L'irrecevabilité de la demande d'asile peut être opposée par l'autorité administrative lorsque cette demande a été présentée par un étranger, en provenance d'un pays considéré comme un pays d'origine sûr en application de l'article L. 531-25, au-delà des cinq premiers jours de rétention dans le seul but de faire échec à l'exécution effective et imminente de la décision d'éloignement ". Si M. C se prévaut de la méconnaissance de ces dispositions, il ressort des pièces du dossier qu'il résidait en France depuis plus de dix ans à la date de la décision attaquée, sans avoir formé de demande d'asile avant son placement en rétention, alors qu'il ne fait par ailleurs état d'aucune crainte particulière en cas de retour dans son pays d'origine, ni d'un élément nouveau qui serait survenu à ce titre après l'expiration du délai de cinq jours après la notification de ses droits en matière d'asile. Dès lors, le moyen doit être écarté.

5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 754-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A l'exception de l'article L. 754-1, les modalités d'application du présent chapitre, et notamment les modalités de prise en compte de la vulnérabilité du demandeur d'asile et, le cas échéant, de ses besoins particuliers, sont fixées par décret en Conseil d'Etat ". Le requérant ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de ce texte, dès lors qu'il n'a pas la qualité de demandeur d'asile. Ce moyen doit, par suite, être écarté.

6. En cinquième lieu, le moyen tiré de ce que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard à ses conséquences sur la situation personnelle du requérant n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au préfet de police.

Lu en audience publique le 8 juillet 2024.

La magistrate désignée,

B. MASSIOU

La greffière,

D. MIGEON

Le rapporteur,

B. MASSIOU

La greffière,

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./8

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