mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2417919 |
| Type | Décision |
| Formation | 8e Section - MESD |
| Avocat requérant | BARBU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 juillet 2024, M. B D C, alias D A, alors retenu au centre de rétention administrative de Paris, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er juillet 2024 par laquelle le préfet de police a prononcé son maintien en rétention administrative ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer sans délai une attestation de demande d'asile et de lui remettre l'imprimé à cette fin avec tous les droits y afférant ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de
l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente,
- elle est insuffisamment motivée,
- elle est entachée d'une violation du droit d'être entendu issu des dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,
- elle est entachée d'un défaut d'information sur la procédure de demande d'asile,
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle,
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La requête a été communiquée au préfet de police, qui a produit des pièces les 11 et 12 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. THULARD, en application des dispositions de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu s au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. THULARD,
- les observations de Me Barbu, avocate commis d'office représentant M. A,
- les observations de M. D C, assisté d'un interprète en langue arabe, qui fait valoir disposer d'une autorisation de séjour en Espagne en qualité de demandeur d'asile et soumet au contradictoire ladite pièce,
- et les observations de Me Camus pour le préfet de police, qui conclut au rejet de la requête au motif que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été prononcée après observations des parties.
Considérant ce qui suit :
1. M. B D C, alias D A, ressortissant algérien né le
9 octobre 1997 à Relizane, a fait l'objet le 31 janvier 2024 d'un arrêté du préfet des Pyrénées Orientales l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant son pays de destination et lui interdisant de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans. Il a fait l'objet d'un contrôle d'identité le 26 juin 2024, à l'issue duquel le préfet de police l'a placé en rétention. Il a déposé une demande d'asile en rétention le 1er juillet 2024, alors qu'un vol avait été retenu pour le 10 juillet suivant afin de procéder à l'exécution forcée de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre. Par la présente requête, M. D C demande l'annulation de l'arrêté du 1er juillet 2024 par lequel le préfet de police l'a maintenu en rétention administrative.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ. / (). ". Son article L. 754-4, dans ses dispositions alors applicables, précise : " L'étranger peut demander au président du tribunal administratif l'annulation de la décision de maintien en rétention prévue à l'article L. 754-3 dans les quarante-huit heures suivant sa notification afin de contester les motifs retenus par l'autorité administrative pour estimer que sa demande d'asile a été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement. / (). ".
3. Il résulte des termes mêmes des dispositions précitées que l'annulation d'une décision par laquelle l'autorité administrative maintient en rétention un étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile ne peut être utilement demandée que dans la mesure de la contestation des motifs retenus par l'autorité administrative pour estimer que ladite demande d'asile a été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement. Il en résulte que les moyens de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté du 1er juillet 2024, de son insuffisante motivation, de la méconnaissance du droit d'être entendu et, enfin, de la méconnaissance des dispositions relatives à l'information du demandeur d'asile en général ainsi qu'à celle du demandeur d'asile en rétention, qui relèvent tous de la légalité externe de l'arrêté litigieux et ne tendent ainsi pas à contester les motifs retenus par l'administration pour estimer que la demande d'asile avait été présentée dans le seul but de faire obstacle à l'exécution de la mesure d'éloignement en date du 31 janvier 2024, ne peuvent qu'être écartés comme inopérants. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces moyens soient fondés.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, au regard notamment de la motivation de l'arrêté litigieux, que le préfet de police n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé avant de prendre à son encontre la décision en litige.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment de la motivation de la décision d'éloignement en date du 31 janvier 2024, que M. D C avait fait valoir aux services de la préfecture des Pyrénées-Orientales ne pas avoir déposé de demande d'asile dans un Etat membre de l'Union européenne et avoir comme projet de retourner en Espagne afin d'y travailler comme saisonnier agricole. Contrairement à ce qu'il a fait valoir à l'audience publique, il ne justifie pas disposer d'un droit au séjour en Espagne par la production d'un document non traduit et qui ne constitue manifestement pas une carte de séjour ou une autorisation de séjour délivrée par les autorités espagnoles. Auditionné le 26 juin 2024 en présence d'un interprète, M. D C a d'ailleurs indiqué être venu en France pour des raisons de santé et n'a à aucun moment fait état de risques de persécution ou de mauvais traitements en cas de retour en Algérie. Enfin, le requérant n'a apporté aucune précision dans le cadre de la présente instance sur la nature des risques auxquels il pourrait être soumis en cas de retour dans son pays d'origine. Il en résulte qu'en estimant que l'intéressé n'avait déposé une demande d'asile postérieurement à son placement en rétention administrative que dans le but de faire échec à une mesure d'éloignement, le préfet de police n'a pas méconnu les dispositions précitées de l'article L.754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. Il en résulte que les conclusions à fin d'annulation présentées par le requérant doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D C, alias D A, et au préfet de police.
Lu en audience publique le 17 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
V. THULARD
La greffière,
D. PERMALNAICKLa République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/8
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606789
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'arrêté du préfet de police prolongeant son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que la décision contestée était suffisamment motivée et ne méconnaissait pas les exigences légales, notamment celles du code de l'entrée et du séjour des étrangers (articles L. 612-6, L. 612-10 et L. 612-11). Elle a également estimé que cette mesure ne portait pas une atteinte disproportionnée aux droits de M. B... au regard de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606780
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était légal, notamment car l'auteur de l'acte était compétent et que la motivation, examinant les critères de l'article L. 612-10 du CESEDA, était suffisante. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
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Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté d'interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que le préfet de police était compétent pour prendre cette décision et que la motivation de l'arrêté, qui se fonde sur le maintien irrégulier de l'intéressé au-delà de son délai de départ volontaire, était suffisante au regard des articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de M. A... au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606511
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision de l'OFII mettant fin aux conditions matérielles d'accueil d'un demandeur d'asile yéménite. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation, estimant que la décision de l'OFII, motivée par le défaut de déclaration d'une protection internationale antérieure en Grèce, était suffisamment motivée et respectait les exigences procédurales. La juridiction a appliqué les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que la directive européenne 2013/33/UE.
03/04/2026