mercredi 10 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2417933 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | CABINET CAZIN MARCEAU AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er juillet 2024, la société PP Truanderie, représentée par Me Marceau, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision PC 075 101 23 V0051 du 7 mars 2024 par laquelle la maire de Paris a sursis à statuer sur une demande de permis de construire déposée le 3 novembre 2023, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre à la maire de Paris de délivrer un certificat de permis de construire " tacite ", dans un délai de sept jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat ou la Ville de paris une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'urgence est justifiée dès lors que propriétaire du bâtiment objet des travaux envisagés, la décision attaquée l'empêche de valoriser ce bien et en supporte le coût ; notamment, elle rembourse une somme empruntée à un taux de 9, 22 % par an représentant une somme mensuelle très supérieure à celle qu'elle tire des loyers acquittés par les locataires de l'immeuble ; en outre, par un courrier du 21 juin dernier, elle a été mise en demeure par les services de la préfecture de police de réaliser " les " travaux de rénovation ;
- sont propres a créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, les moyens tirés de ce que cette décision :
- est entachée d'un vice de procédure en ce qu'elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire ;
- méconnait les dispositions de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme ;
- est entachée d'erreurs manifestes d'appréciation au vu des articles UG 3.2.4, UG 1.5.1 et UG 4.2.1 du plan local d'urbanisme de Paris modifié ;
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 1er juillet 2024 sous le numéro 2417931 par laquelle la société PP Truanderie demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Pour justifier l'urgence requise des dispositions précitées, au vu de laquelle le juge des référés relevant, en outre, un moyen propre en l'état de l'instruction a créer un doute sérieux quant à la légalité d'une décision peut en suspendre l'exécution, la société PP Truanderie fait valoir d'une part que la décision contestée de la maire de Paris du 7 mars 2024 l'empêche de valoriser le bâtiment objet du projet ajourné alors que le coût d'entretien de ce bâtiment est très inférieur au montant de son rapport, qu'elle rembourse un emprunt, enfin qu'elle a été mise en demeure par la préfecture de police par un courrier du 21 juin de procéder à des travaux de rénovation. Toutefois, alors que la décision contestée a été prise le 7 mars 2024 et est réputée, à défaut de la part de la requérante de préciser la date de notification de cette décision, avoir été portée à sa connaissance à la même date, sa requête n'a été enregistrée que le 1er juillet suivant soit à l'issue d'un délai de près de quatre mois. En outre, la différence entre les frais exposés pour l'entretien de l'immeuble et le montant du rapport de ce dernier constitue un fait antérieur à la décision attaquée dès lors, en particulier, que l'emprunt évoqué a été souscrit par un acte authentique, reçu à l'étude d'un notaire le 16 octobre 2023, acte aux termes duquel d'ailleurs le prêt a été consenti pour le " refinancement d'un ensemble immobilier ", motif qui ne permet pas seulement d'établir un lien certain avec le financement des travaux envisagés. Ainsi, aucun élément n'est de nature à justifier le délai écoulé entre la date à laquelle la société requérante a eu connaissance de la décision dont il est demandé de suspendre l'exécution et la date à laquelle cette demande a été enregistrée au tribunal. Si par un courrier du 21 juin 2024 le préfet de police a demandé, et non mis en demeure, à la société PP Truanderie de faire procéder à des travaux, il ressort des termes de cette décision de police de la sécurité publique, prise sur le fondement, notamment, de l'article L. 511-2 du code de la construction, que les travaux en cause ne constituent pas des travaux de rénovation de la nature de ceux pour lesquels la demande de permis de construire ajourné par la décision attaquée a été déposée mais des travaux de confortement de la structure du bâtiment, travaux au surplus déjà demandés une première fois au moins, à une date indéterminée, par l'autorité de police ainsi qu'il résulte des termes de la décision du 21 juin 2024. Dès lors, la situation déplorée par la société requérante, au demeurant non établie, résulterait seulement de son imprudence, de son abstention à exécuter des travaux estimés nécessaires pour la prévention d'atteinte à la sécurité publique et du temps qu'elle a laissé s'écouler avant de saisir le tribunal de sa requête.
3. Il résulte de ce qui précède que la requête de la société PP Truanderie ne peut qu'être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société PP Truanderie est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société PP Truanderie.
Copie en sera adressée à la aire de Paris (direction de l'urbanisme) et au préfet de police (sous-direction de la sécurité publique).
Fait à Paris, le 10 juillet 2024.
Le juge des référés,
J.-F. A
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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