LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2418082

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2418082

vendredi 6 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2418082
TypeDécision
PublicationC
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantNAMIGOHAR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 8 juillet 2024, la présidente du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal administratif de Paris, en application des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête de M. B enregistrée le 3 juillet 2024.

Par cette requête, enregistrée au tribunal administratif de Paris le 3 juillet 2024, et par un mémoire en réplique enregistré le 24 août 2024, M. A B, représenté par Me Namigohar, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 2 juillet 2024 du préfet de la Seine-Saint-Denis portant obligation de quitter le territoire français et refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, fixant le pays à destination duquel il doit être éloigné et portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis ou à tout préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation administrative dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans cette attente, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis ou à tout préfet territorialement compétent de prendre toute mesure permettant de mettre fin à son signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen ;

5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à Me Namigohar, sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée de l'incompétence de son signataire ;

- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle méconnaît l'article 6, 5° de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

- il est entaché, par la voie de l'exception d'illégalité, de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- il est entaché de l'incompétence de son auteur ;

- il est insuffisamment motivé ;

- l'administration ne démontre pas que le risque de fuite est établi ;

- la décision méconnaît l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est entachée, par la voie de l'exception d'illégalité, de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée de l'incompétence de son auteur ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale, par la voie de l'exception d'illégalité, du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée de l'incompétence de son signataire ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure qui le prive d'une garantie dès lors qu'elle ne mentionne pas que la durée de cette interdiction courra à compter de son départ et ne comporte pas les dispositions de l'article R. 511-4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précisant les modalités d'exécution et de preuve de l'exécution de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et méconnaît l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 août 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Arnaud en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Arnaud,

- et les observations de Me Namigohar, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 15 juin 1993, a fait l'objet d'un arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis du 2 juillet 2024 portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire, fixant le pays à destination duquel il doit être éloigné et portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur la demande d'admission, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. "

3. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B, il y a lieu d'admettre l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

4. Par un arrêté n° 2024-1329 du 3 mai 2024 régulièrement publié, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation à Mme C, attachée principale d'administration de l'Etat, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions, en cas d'absence ou d'empêchement d'autres délégataires, sans qu'il ressorte des pièces du dossier que ces derniers n'auraient pas été absents ou empêchés lors de la signature de l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, il ressort des termes de la décision qu'elle vise notamment l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. La décision mentionne également différents éléments de la situation personnelle du requérant, notamment la circonstance qu'il ne justifie pas être entré régulièrement sur le territoire français, qu'il n'est pas titulaire d'un titre de séjour en cours de validité et ne justifie pas avoir effectué des démarches administratives pour régulariser sa situation au regard du droit au séjour, et qu'il ne justifie pas de l'intensité et de la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France. A cet égard, la circonstance que la décision ne mentionne pas la présence en France de ses parents ne suffit pas à entacher celle-ci d'insuffisance de motivation. L'arrêté en litige énonce ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquelles le préfet a entendu se fonder. En outre, il ne ressort ni de l'arrêté attaquée ni des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé avant de prendre la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté, ainsi que celui tiré du défaut d'examen sérieux.

6. En deuxième lieu, le requérant ne peut utilement invoquer le moyen tiré de la méconnaissance du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, lequel est inopérant à l'encontre de la décision d'obligation de quitter le territoire français prise sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France en 2022 et qu'il est célibataire et sans enfant en France. S'il se prévaut de la présence en France de ses deux parents, en situation régulière, et affirme que sa présence leur serait nécessaire compte tenu des problèmes de santé dont ils souffrent, il n'établit pas, en tout état de cause, que sa présence à leurs côtés présenterait un caractère indispensable en se bornant à produire des certificats médicaux peu circonstanciés faisant état de la nécessité de sa présence aux côtés de son père. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porte au droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, une atteinte disproportionnée aux buts en vue elle a été prise.

9. En dernier lieu, si le requérant se prévaut de la circonstance qu'il est entré en France en 2022 et que ses deux parents résident en France en situation régulière, et soutient que sa présence leur serait nécessaire compte tenu des problèmes de santé dont ils souffrent, ainsi qu'il a été dit au point précédent, il n'établit pas que sa présence à leurs côtés présenterait un caractère indispensable. Dans ces circonstances, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

En ce qui concerne le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

10. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant entachée d'aucune illégalité, le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.

11. En deuxième lieu, il ressort des termes de la décision qu'elle vise notamment les articles L. 612-1 et L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. La décision mentionne également différents éléments de la situation personnelle du requérant, notamment la circonstance ne présente pas de garanties de représentation, eu égard au fait qu'il est dépourvu de document de voyage en cours de validité et n'apporte pas la preuve qu'il demeure de manière stable et effective au lieu de résidence qu'il a déclaré, et la circonstance qu'il existe un risque qu'il se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. L'arrêté en litige énonce ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquelles le préfet a entendu se fonder. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

12. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5.".

13. Il ressort des termes de la décision attaquée que, pour refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire à M. B, le préfet de la Seine-Saint-Denis s'est fondé d'un part sur la circonstance qu'il ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité de délivrance d'un titre de séjour et d'autre part sur la circonstance qu'il ne présente pas de garantie de représentation. Il ressort des pièces du dossier que le requérant ne justifie pas être entré sur le territoire de façon régulière ni avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour. En outre, il ressort des pièces du dossier, en particulier du procès-verbal d'audition du 2 juillet 2024 qu'il a déclaré n'être détenteur d'aucun document d'identité. Par suite, le préfet de la Seine-Saint-Denis pouvait à bon droit refuser d'octroyer un délai de départ volontaire à l'intéressé et les moyens tirés de ce qu'il ne démontrerait pas la réalité du risque de fuite et que la décision attaquée méconnaîtrait L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.

14. En dernier lieu, si le requérant soutient que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle, il ne l'établit pas en se prévalant de sa présence sur le territoire depuis 2022, de ses liens avec ses parents, qui résident sur le territoire national, et de l'aide qu'il leur apporte, dont il n'établit pas, ainsi qu'il a été dit au point 8, le caractère indispensable.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

15. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant entachée d'aucune illégalité, le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.

16. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

17. Le requérant n'apporte aucun élément ni aucune précision concernant les menaces auxquelles il serait exposé en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

18. Compte tenu de la présence en France de ses parents et de leur état de santé, en particulier de celui de son père, atteint de problèmes cardiaques dont la gravité est établie par le requérant au moyen de plusieurs certificats médicaux, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.

19. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de douze mois.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

19. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement que le préfet de la Seine-Saint-Denis, ou le préfet territorialement compétent, mette en œuvre la procédure d'effacement du signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat la somme réclamée par M. B au titre de ces dispositions et de celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, le requérant étant, pour l'essentiel, la partie perdante dans le présent litige.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La décision du préfet de la Seine-Saint-Denis du 2 juillet 2024 portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois est annulée.

Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis ou au préfet territorialement compétent de mettre en œuvre la procédure d'effacement du signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Namigohar et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 septembre 2024.

La magistrate désignée,

B. ARNAUD

La greffière,

A. LOUART

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606789

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'arrêté du préfet de police prolongeant son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que la décision contestée était suffisamment motivée et ne méconnaissait pas les exigences légales, notamment celles du code de l'entrée et du séjour des étrangers (articles L. 612-6, L. 612-10 et L. 612-11). Elle a également estimé que cette mesure ne portait pas une atteinte disproportionnée aux droits de M. B... au regard de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.

07/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606780

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était légal, notamment car l'auteur de l'acte était compétent et que la motivation, examinant les critères de l'article L. 612-10 du CESEDA, était suffisante. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

07/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2607042

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté d'interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que le préfet de police était compétent pour prendre cette décision et que la motivation de l'arrêté, qui se fonde sur le maintien irrégulier de l'intéressé au-delà de son délai de départ volontaire, était suffisante au regard des articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de M. A... au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

07/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606511

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision de l'OFII mettant fin aux conditions matérielles d'accueil d'un demandeur d'asile yéménite. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation, estimant que la décision de l'OFII, motivée par le défaut de déclaration d'une protection internationale antérieure en Grèce, était suffisamment motivée et respectait les exigences procédurales. La juridiction a appliqué les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que la directive européenne 2013/33/UE.

03/04/2026

← Retour aux décisions