lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2418138 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Funck, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 5 juin 2024 par lequel le préfet de police de Paris a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour mention " étudiant ", lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de renvoi d'office ;
2°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à l'administration de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour d'une durée supérieure à six mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle est présumée dans le cadre d'un refus de renouvellement de titre de séjour comme en l'espèce et qu'au surplus il risque de perdre son apprentissage en tant que chargé d'admission dès que son employeur aura connaissance du refus de titre de séjour qui lui a été opposé par l'arrêté attaqué ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors qu'elle est entachée d'insuffisance de motivation, qu'elle n'a pas été précédée d'un examen réel et sérieux de sa situation personnelle, qu'elle est entachée d'inexactitude matérielle dans la mesure où il a fait preuve de sérieux et a progressé dans son parcours scolaire contrairement à ce qu'a indiqué le préfet de police, qu'elle est entachée d'erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'elle méconnaît les stipulations de l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 28 juin 2024 sous le numéro 2417573 par laquelle M. B demande l'annulation de l'arrêté attaqué.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Delesalle pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue le 10 juillet 2024 :
- le rapport de M. Delesalle, qui a informé les parties de ce que son ordonnance était susceptible d'être fondée sur le moyen relevé d'office titré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à la suspension de l'exécution des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi dès lors que leur exécution était déjà suspendue par l'effet du recours en annulation qu'il a formé contre celles-ci ;
- les observations de Me Bertin, se substituant à Me Funck, représentant M. B, présent, qui renonce expressément à ses conclusions aux fins de suspension de l'exécution des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi, et conclut pour le surplus aux mêmes fins par les mêmes moyens ;
- et les observations de Me Zerad, se substituant à Me Tomasi, représentant le préfet de police, qui conclut au rejet de la requête dès lors que, d'une part, les conclusions tendant à la suspension de l'exécution des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi sont irrecevables compte tenu du recours en annulation formé qui a déjà eu pour effet de la suspendre et, d'autre part, que le requérant ne justifie d'aucun résultat universitaire pendant deux ans entre 2020 et 2022 et ne l'a pas informé de ses problèmes de santé durant cette période, ce qui aurait permis de soumettre son cas à des médecins.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain né le 12 mars 1995 est entré sur le territoire français le 2 septembre 2014 selon ses déclarations. Il a bénéficié d'un titre de séjour mention " étudiant " sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il a sollicité le renouvellement le 18 novembre 2022. Par un arrêté du 5 juin 2024, le préfet de police a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de renvoi. Par la présente requête, M. B sollicite du juge des référés de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, dans le dernier état de sa demande, la suspension de l'exécution de la décision du 5 juin 2024 par laquelle le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par M. B n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision de refus de titre de séjour attaquée.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la condition relative à l'urgence, que les conclusions aux fins de suspension ou d'injonction de la requête de M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie sera adressée au préfet de police de Paris.
Fait à Paris, le 15 juillet 2024.
Le juge des référés,
H. Delesalle
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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