lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2418351 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 juillet 2024, M. A B demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 31 mai 2024 par lequel le préfet de police de Paris lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié ", ou, à titre subsidiaire, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
Il soutient que :
- la condition relative à l'urgence est remplie dès lors qu'il se trouve dans l'impossibilité de justifier la régularité de son séjour et qu'il est confronté à un risque d'éloignement ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée en ce que :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales
La requête a été communiquée le 05 juillet 2024 au préfet de police qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2418348 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension est demandée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Ladreyt pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, tenue le 10 juillet 2024 en présence de Mme Sueur, greffière d'audience, M. Ladreyt a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Zerad, représentant le préfet de police, conclut au rejet de la requête en soutenant que la condition d'urgence n'est pas remplie et qu'aucun moyen n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision dont la suspension est demandée.
- M. B n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant marocain, né le 1er janvier 1979 et entré en France en janvier 2018, selon ses déclarations. Par une décision du 31 octobre 2023, le tribunal administratif de Paris a enjoint au préfet de police de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour. Le 08 décembre 2023, M. B a obtenu un titre de séjour provisoire valable jusqu'au 07 mars 2024. Par un arrêté du 30 mai 2024, le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, 1'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à l'issue de ce délai. Par cette requête, M. B demande la suspension de l'exécution de l'arrêté en date du 31 mai 2024.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
Sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence :
3. Si M. B demande au juge des référés la suspension de l'arrêté du 31 mai 2024 par lequel le préfet de police a refusé son admission au séjour en France et l'a obligé à quitter le territoire français, aucun des moyens qu'il soulève n'apparaît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué. Il y a lieu, par suite, de rejeter la requête de M. B dans toutes ses conclusions.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Copie sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 15 juillet 2024.
Le juge des référés,
J.P. LADREYT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.