lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2418352 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 juillet 2024, Mme B A, représentée par Me Cisse, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite du 26 mai 2021 par laquelle le préfet de police a rejeté sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition relative à l'urgence est remplie dès lors qu'elle se trouve dans l'impossibilité de justifier la régularité de son séjour et qu'elle est confrontée à un risque d'éloignement ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée en ce que :
. elle est dépourvue d'un défaut de motivation ;
. elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
. elle est entachée d'une erreur de droit ;
. elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, en raison de l'état de santé de son enfant ;
. elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée le 05 juillet 2024 au préfet de police qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2418070 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension est demandée.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Ladreyt pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, tenue le 10 juillet 2024 en présence de Mme Sueur, greffière d'audience, M. Ladreyt a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Pilotin, avocat de Mme A, qui conclut par les mêmes moyens aux mêmes fins que sa requête ;
- et les observations de Me Zerad, représentant le préfet de police, qui conclut au rejet de la requête.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante ivoirienne, née le 06 mai 1984, est entrée en France, selon ses déclarations, le 19 juillet 2017. Le 26 janvier 2021, Mme A a déposé une demande de titre de séjour en qualité de parent accompagnant un enfant, qui est restée sans réponse. Une décision implicite de rejet est née le 26 mai 2021. Elle s'est vue attribuer un titre de séjour provisoire, en qualité de parent accompagnant un enfant malade, le 26 janvier 2021 valable jusqu'au 25 juillet 2021. Elle a vu son titre de séjour provisoire renouvelé jusqu'au 09 octobre 2024. Par la présente requête, Mme A demande la suspension de la décision du 26 mai 2021.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
4. Si Mme A soutient que la décision la prive de toute possibilité de régularisation de son séjour et qu'elle peut être éloignée du territoire français à tout moment, il ressort des pièces du dossier qu'elle dispose d'un titre de séjour provisoire valable jusqu'au 9 octobre 2024, en application de l'article L. 425-10 du le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, elle ne se retrouve pas dans une situation l'exposant à un risque d'obligation de quitter le territoire français. Par ailleurs, elle ne fait état d'aucune circonstance particulière caractérisant la nécessité pour elle de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire de suspension.
5. Il résulte de ce qui précède que la condition d'urgence prévue par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas satisfaite. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée, les conclusions présentées aux fins de suspension et d'injonction doivent être rejetées.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Copie sera transmise au préfet de police.
Fait à Paris, le 15 juillet 2024.
Le juge des référés,
J.P. LADREYT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.