mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2418381 |
| Type | Décision |
| Formation | 8e Section - MESD |
| Avocat requérant | BARBU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 juillet 2024, M. B A D, alors représenté par Me Bonfils-Milaine et retenu au centre de rétention administrative de Paris, demande au tribunal d'annuler les décisions du 2 juillet 2024 par lesquelles le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé son pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français.
M. A D doit être regardé comme soutenant que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions contestées :
- elles ont été signées par une autorité incompétente,
- elles sont insuffisamment motivées.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'une erreur de droit,
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi de délai de départ volontaire :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Le préfet de police a produit des pièces qui ont été enregistrées le 16 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C, qui a informé les parties qu'en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de M. A D compte tenu de l'inexistence des décisions attaquées ;
- les observations de Me Barbu, avocate commise d'office représentant M. A D,
- les observations de M. A D, assisté d'un interprète en lingala, qui indique qu'à sa connaissance, aucune décision en date du 2 juillet 2024 n'a été prise à son encontre,
- les observations de Me Camus, représentant le préfet de police, qui conclut au rejet de la requête à titre principal au motif de son irrecevabilité en l'absence de toute décision prise à l'encontre du requérant le 2 juillet 2024 et, à titre subsidiaire, au motif du caractère infondé des moyens invoqués.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A D, ressortissant de la République démocratique du Congo né le 26 octobre 1962 à Kinshasa, a fait l'objet le 4 juin 2024 de décisions du préfet de police portant obligation de quitter le territoire français, refus de lui accorder un délai de départ volontaire, fixation de son pays de destination et interdiction de de retourner sur le territoire français pour une durée de 36 mois, dont il a demandé l'annulation au magistrat désigné du présent tribunal par une requête enregistrée sous le n°2414680 le 6 juin 2024. Par une décision du 18 juin 2024, le magistrat désigné a annulé l'interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée de 36 mois en litige et a rejeté le surplus des conclusions de la requête de M. A D. Il ressort des pièces du dossier que suite à cette annulation, le préfet de police a pris le 19 juin 2024 une nouvelle décision portant interdiction à l'intéressé de retourner sur le territoire français pour une durée de
24 mois. M. A D en a demandé l'annulation au magistrat désigné par une nouvelle requête enregistrée sous le n°2416821 le 21 juin 2024. Par une décision du 3 juillet 2024, le magistrat désigné en a prononcé l'annulation.
2. En revanche, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le préfet de police aurait édicté le 2 juillet 2024 à l'encontre de M. A D de nouvelles décisions. Ses conclusions à fin d'annulation, qui sont ainsi dirigées contre des décisions inexistantes, sont irrecevables et doivent être rejetées pour ce motif.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A D et au préfet de police.
Lu en audience publique le 17 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
V. C
La greffière,
D. PERMALNAICKLa République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2418381/8
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606789
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'arrêté du préfet de police prolongeant son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que la décision contestée était suffisamment motivée et ne méconnaissait pas les exigences légales, notamment celles du code de l'entrée et du séjour des étrangers (articles L. 612-6, L. 612-10 et L. 612-11). Elle a également estimé que cette mesure ne portait pas une atteinte disproportionnée aux droits de M. B... au regard de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606780
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était légal, notamment car l'auteur de l'acte était compétent et que la motivation, examinant les critères de l'article L. 612-10 du CESEDA, était suffisante. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2607042
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté d'interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que le préfet de police était compétent pour prendre cette décision et que la motivation de l'arrêté, qui se fonde sur le maintien irrégulier de l'intéressé au-delà de son délai de départ volontaire, était suffisante au regard des articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de M. A... au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606511
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision de l'OFII mettant fin aux conditions matérielles d'accueil d'un demandeur d'asile yéménite. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation, estimant que la décision de l'OFII, motivée par le défaut de déclaration d'une protection internationale antérieure en Grèce, était suffisamment motivée et respectait les exigences procédurales. La juridiction a appliqué les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que la directive européenne 2013/33/UE.
03/04/2026