samedi 20 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2418567 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Avocat requérant | GROLLEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 juillet 2024, Mme A B, représentée par Me Grolleau, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui fixer un rendez-vous, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, afin qu'elle puisse déposer une demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou en l'absence d'obtention de l'aide juridictionnelle le versement à son profit de la même somme sur le fondement du seul article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'urgence est établie ; elle ne parvient pas à obtenir un rendez-vous alors qu'elle se trouve en situation irrégulière et qu'elle risque d'être éloignée du territoire français ; elle vit dans des conditions particulièrement précaires liées à un contexte familial difficile et sans titre de séjour, son avenir universitaire est compromis ;
- la mesure demandée est utile ; les difficultés liées au fonctionnement du site internet de la préfecture la placent dans une impasse administrative ;
- la demande ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Le préfet de police, à qui la procédure a été communiquée le 9 juillet 2024, n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Aubert, vice-présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. "
2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer, en application des dispositions précitées et eu égard à l'urgence à statuer, l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
4. Mme A B, ressortissante ivoirienne née le 4 mai 2005 en France, s'y est installée au mois d'octobre 2018. En vue de l'obtention d'un premier titre de séjour en qualité de majeure, elle a enregistré une demande de rendez-vous sur le site internet de la préfecture le 1er août 2023. Elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de police de lui fixer un rendez-vous afin qu'elle puisse déposer une demande de titre de séjour et obtenir la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour.
5. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
6. Il résulte de l'instruction que Mme A B a enregistré une demande de rendez-vous sur le site internet de la préfecture de police le 1er août 2023 en vue de l'obtention d'un premier titre de séjour en qualité de majeure. Par un courriel du 4 avril 2024, elle a été informée du classement sans suite de sa demande au regard de sa situation personnelle. Par un courriel du 17 avril 2024, l'intéressée a de nouveau demandé un rendez-vous en préfecture afin de déposer une nouvelle demande de titre de séjour. Si elle soutient que sa démarche est ancienne et qu'elle a entrepris de nombreuses tentatives infructueuses en vue d'obtenir un rendez-vous afin de déposer sa demande de titre de séjour, elle ne l'établit pas en se bornant à produire, depuis le 4 avril 2024, des échanges datant du 17 avril 2024 et du 27 juin 2024. Dès lors, Mme B ne peut être regardée comme justifiant de démarches personnelles pour l'obtention d'un rendez-vous de sorte qu'elle se serait trouvée dans l'impossibilité de voir sa demande enregistrée dans un délai raisonnable.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus de la requête de Mme B est rejeté.
Article3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me Grolleau et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 20 juillet 2024.
La juge des référés,
S. Aubert
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.