jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2418571 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
| Avocat requérant | DIARRA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 juillet 2024, M. B C A, représenté par Me Diarra, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de police de débloquer son compte sur le site de l'Administration numérique pour les étrangers en France (ANEF) afin qu'il puisse déposer une demande de renouvellement de titre de séjour et de le munir d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour, ou de le convoquer en préfecture pour le dépôt de son dossier et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée au regard du temps écoulé depuis qu'il a demandé un titre de séjour, de ce qu'il est privé des droits attachés au statut d'étudiant et de sa précarité administrative ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir, à son droit à un titre de séjour, à son droit à la santé et à sa liberté de travailler.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Dhiver, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque, notamment, la condition d'urgence n'est pas remplie.
2. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure particulière instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence particulière qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cette disposition soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise à très bref délai.
3. M. A, ressortissant marocain né le 24 novembre 2001, est arrivé en France en 2020 muni d'un visa long séjour valant titre de séjour portant la mention " étudiant ", valable jusqu'au 23 juillet 2021. Le 5 septembre 2022, il a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour en qualité d'étudiant auprès du préfet de police et été reçu en préfecture le 27 mars 2023. Le 17 août 2023, M. A a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Le 18 juin 2024, la préfecture de police a informé M. A que son dossier était incomplet et l'a invité à formuler une nouvelle demande sur le site " démarches simplifiées ". M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de police de débloquer son compte sur le site de l'ANEF afin qu'il puisse déposer une demande de titre de séjour et de le munir d'une attestation de prolongation d'instruction ou de le convoquer en préfecture pour le dépôt de son dossier et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.
4. Si M. A fait état de ce que ses démarches pour obtenir un titre de séjour " étudiant " durent depuis le 5 septembre 2022, de ce qu'il est privé des droits attachés au statut d'étudiant et de la précarité de sa situation administrative, ces circonstances ne sont pas par elles-mêmes de nature à caractériser une urgence telle qu'elle appellerait une réponse du juge des référés dans un délai de 48 heures. Par suite, M. A ne démontre pas, en l'état de l'instruction, que la condition d'urgence particulière exigée par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est satisfaite.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C A.
Fait à Paris, le 11 juillet 2024.
La juge des référés,
M. DHIVER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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