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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2418655

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2418655

vendredi 20 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2418655
TypeDécision
PublicationD
Formation5e Section - 1re Chambre - OQTF 6 sem.
Avocat requérantSOUSSAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 5 juillet 2024, enregistrée le 9 juillet 2024 suivant au greffe du tribunal, le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis au tribunal, en application des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. C B.

Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise

le 4 juillet 2024, M. B demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 3 juillet 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et a procédé à son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

3°) d'enjoindre à l'administration de procéder au réexamen de sa situation sous astreinte de 155 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

4°) d'enjoindre à l'administration de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.

Il soutient que :

- l'arrêté contesté a été signé par une autorité incompétente ;

- les décision portant refus de délai de départ volontaire et fixant le pays de destination sont illégales en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision fixant le pays de renvoi a été prise en méconnaissance des stipulations de l'articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales compte des risques d'emprisonnement qu'il encourt en cas de retour au Bangladesh.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 août 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Lamarche en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lamarche,

- et les observations de Me Soussan, représentant M. B, présent, assisté de Mme D A, interprète en langue bengali, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant bangladais né le 17 janvier 1997, est entré en France

le 10 octobre 2021 selon ses déclarations et a présenté une demande d'asile le 30 novembre 2021. Cette demande a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 11 avril 2022, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 22 juin 2023. Par un arrêté du 7 septembre 2023, le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit à l'issue de ce délai. Le 2 juillet 2024 il a été interpellé à Issy-les-Moulineaux (92) et placé en garde à vue pour des faits de conduite d'un véhicule sans assurance et soustraction à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement. Par un arrêté du 3 juillet 2024 le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et a procédé à son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. ". En l'absence d'urgence et de preuve du dépôt d'une demande d'aide juridictionnelle, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

En ce qui concerne le moyen commun aux différentes décisions contestées :

3. En premier lieu, par un arrêté n° 2024-31 du 2 juillet 2024, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture des Hauts-de-Seine, le préfet de ce département a donné à Mme E F, adjointe au chef du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement, délégation à l'effet de signer les décisions en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté contesté doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire et fixant le pays de destination :

4. En premier, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, M. B ne saurait se prévaloir par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision, pour demander l'annulation portant refus de délai de départ volontaire ou fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement.

5. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

6. M. B soutient qu'il encourt des risques d'emprisonnement en cas de retour dans son pays d'origine compte tenu des fausses plaintes déposées contre lui et déclare avoir peur pour sa vie et sa sécurité. Toutefois, et alors que sa demande de protection internationale a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), il n'apporte aucun élément de nature à établir la réalité des risques personnels et actuels auxquels il serait exposé en cas de retour au Bangladesh et n'apporte aucun élément nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation déjà portée sur sa situation par l'OFPRA et la CNDA auprès desquels il a déjà pu faire valoir ses arguments. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précédemment citées doit être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D É C I D E:

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de police.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.

La magistrate désignée,

M. LAMARCHELa greffière,

K. CUTI

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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