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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2418981

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2418981

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2418981
TypeOrdonnance
Avocat requérantCABINET ANGLADE & PAFUNDI A.A.R.P.I

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Pafundi, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police de Paris a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " étudiant " ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de réexaminer sa demande, de le convoquer aux fins d'enregistrer sa demande et de lui délivrer un récépissé dans un délai de quinze jours suivant la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- l'urgence est caractérisée dès lors que la décision litigieuse le place en situation de précarité, qu'il ne peut justifier de la régularité de sa situation administrative et qu'elle l'empêche de poursuivre sa formation professionnelle ;

Sur les moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête en annulation n°2418695 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Gandolfi pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant tunisien né le 23 juin 2000, est entré en France, selon ses déclarations, le 29 avril 2017. Le 15 décembre 2022, M. A a présenté une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement rejeté sa demande.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". L'article L. 522-3 de code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre ; qu'il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. Pour justifier de l'urgence de sa situation, M. A soutient que, en dépit des nombreuses tentatives afin d'obtenir un rendez-vous, il est maintenu dans une situation de précarité administrative, qu'il est dans l'impossibilité de justifier de la régularité de sa situation administrative et qu'il est empêché de poursuivre sa formation professionnelle. Toutefois, M. A, après avoir déposé le 15 décembre 2022 un formulaire de demande de titre de séjour accompagné des pièces justificatives, et alors qu'il n'a pas été convoqué dans un délai raisonnable en dépit de plusieurs relances auprès des services préfectoraux de mai à décembre 2023, n'a pas sollicité, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, le juge des référés afin qu'il enjoigne au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. En outre, il n'a sollicité la communication des motifs de la décision attaquée que le 28 avril 2024, et n'a introduit le présent référé à fin de suspension de ce refus implicite que le 11 juillet 2024. Par ailleurs, M. A n'établit pas être dans l'impossibilité de poursuivre une formation professionnelle dans le cadre d'un apprentissage. Enfin, il produit une promesse d'embauche datée du 8 novembre 2023 pour un poste d'employé polyvalent sous couvert d'un contrat de travail à durée indéterminée. Dans ces conditions, la condition d'urgence requise par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas satisfaite.

5. Il résulte de ce qui précède qu'en application des dispositions de l'article

L. 522-3 du code de justice administrative, la requête de M. A doit être rejetée, en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée au préfet de police de Paris.

Fait à Paris, le 12 juillet 2024.

Le juge des référés,

G. Gandolfi

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2/

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