LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2419101

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2419101

samedi 27 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2419101
TypeDécision
Avocat requérantPIERRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 juillet 2024, Mme A B, représentée par Me Pierre, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une convocation pour déposer sa demande de titre de séjour ainsi qu'un récépissé de demande de carte de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à lui verser directement en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle se retrouve dépourvue de titre de séjour alors que le préfet de police a reconnu son droit au séjour dans sa décision de retrait de sa carte de séjour pluriannuelle et qu'elle a perdu son emploi, se retrouve sans ressources et menacée d'expulsion avec deux enfants à charge ;

- la mesure demandée est utile dès lors qu'elle ne peut pas déposer une demande de titre de séjour au motif qu'elle aurait déjà une demande en cours, alors qu'elle a déjà multiplié les démarches pour obtenir la remise du titre de séjour qui devait lui être délivré ;

- la demande ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative et ne soulève aucune contestation sérieuse.

Le préfet de police, à qui la procédure a été communiquée, n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Armoët pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de Mme B, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.

Sur la demande en référé :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision. "

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

4. D'autre part, eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

5. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.

6. Il résulte de l'instruction que Mme B, ressortissante camerounaise née le 15 octobre 1982, est entrée en France, selon ses déclarations au cours de l'année 2008. Elle s'est vue délivrer une carte de séjour en qualité de " parent d'un enfant français " à compter de l'année 2014. Toutefois, à la suite d'un jugement du tribunal judiciaire de Paris du 23 février 2021 annulant la reconnaissance de paternité concernant son fils, le préfet de police a procédé au retrait de sa carte de séjour pluriannuelle, dont la validité expirait le 19 juillet 2023, par une décision du 22 novembre 2022. Le préfet de police a néanmoins convoqué l'intéressée, le 15 décembre 2022, pour qu'une carte de séjour temporaire valable un an lui soit délivrée " en lieu et place " du titre retiré. Mme B ne s'est cependant pas présentée à ce rendez-vous en raison, selon ses explications, de l'état de santé de son fils. Elle a ensuite obtenu un rendez-vous le 6 juillet 2023 pour le " renouvellement " de son titre de séjour, à l'issue duquel aucun titre de séjour ne lui a été remis au motif que sa demande en qualité de " parent d'enfant français " relevait du téléservice " ANEF ". Mme B a obtenu un autre rendez-vous le 16 octobre 2023 au " centre de remise de titres ", à l'issue duquel elle indique que le titre de séjour ne lui a pas été remis au motif que des pièces seraient manquantes.

7. Elle expose ainsi que, n'ayant pas réussi à obtenir une nouvelle convocation pour la remise de son titre de séjour, elle a souhaité déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Sa demande de rendez-vous pour le dépôt d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour a été enregistrée le 12 mars 2024 sur la plateforme " démarches-simplifiées ". Toutefois, elle a été informée le 23 avril 2024 de " l'irrecevabilité " de sa demande de rendez-vous au motif qu'elle a " déjà formulé une demande avec un formulaire qui serait traitée prochainement ". Mme B a saisi les services préfectoraux, le 23 mai 2024, d'une demande d'information sur ce motif dans la mesure où elle n'a pas déposé de demande de titre de séjour. En réponse à cette demande, les services de la préfecture l'ont interrogée, le 3 juin 2024, sur sa présence à un rendez-vous du 20 décembre 2023. L'intéressée a répondu, les 3 et 13 juin 2024, ne pas avoir été convoquée à un rendez-vous le 20 décembre 2023. Il est constant que l'administration n'a pas donné de suite à ces envois.

8. Ainsi, il résulte de l'instruction qu'alors même que le préfet de police a indiqué être disposé à remettre une carte de séjour temporaire à Mme B au mois de décembre 2022, en raison de sa situation familiale, cette dernière se retrouve en situation irrégulière et dans l'impossibilité de déposer une demande de titre de séjour en dépit des démarches qu'elle a entreprises au mois de mars 2024 ni de savoir si une demande la concernant est réellement en cours d'instruction. Dans ces conditions, elle justifie de l'utilité de la mesure sollicitée et de l'urgence particulière de sa situation. En outre, il est constant que la demande présentée par Mme B devant le juge des référés ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

9. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet de police de fixer à Mme B un rendez-vous, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, afin de lui permettre de déposer une demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé, sous réserve de l'enregistrement de son dossier complet.

Sur les frais liés au litige :

10. Sous réserve de l'admission définitive de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Pierre, avocate de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Pierre de la somme de 800 euros. Dans l'hypothèse où le bénéfice de l'aide juridictionnelle ne lui serait pas définitivement accordé, cette somme sera versée à Mme B.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de fixer un rendez-vous à Mme B dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance afin de lui permettre de déposer sa demande de titre de séjour, et de lui remettre un récépissé, sous réserve de l'enregistrement de son dossier complet.

Article 3 : L'Etat versera à Me Pierre, avocate de Mme B, une somme de 800 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de l'admission définitive de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle et de la renonciation par Me Pierre à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme B par le bureau d'aide juridictionnelle, une somme de 800 euros lui sera versée.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Pierre.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 27 juillet 2024.

La juge des référés,

E. ARMOËT

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2/9

← Retour aux décisions