LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2419105

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2419105

mercredi 17 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2419105
TypeOrdonnance
PublicationC
Avocat requérantCABINET HUG & ABOUKHATER (AARPI)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Hug, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'enjoindre au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, de lui proposer une solution d'hébergement dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou, en cas de non admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de lui verser la même somme en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie : ne bénéficiant d'aucun hébergement, l'absence de mise à l'abri entraîne des conséquences graves sur sa santé alors qu'il justifie d'une vulnérabilité particulière compte tenu de son âge ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit à l'hébergement d'urgence, constitutif d'une liberté fondamentale.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 juillet 2024, le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, représenté par Me Falala, conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'il n'est porté aucune atteinte grave et manifestement illégale au droit à l'hébergement d'urgence en l'absence de carence caractérisée de ses services, compte tenu de la situation du requérant.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Aubert, vice-présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, tenue le 16 juillet 2024 à 14 heures 30 en présence de M. Millet, greffier d'audience, ont été entendus :

- le rapport de Mme Aubert ;

- les observations de Me Pluchet, se substituant à Me Hug, représentant M. A, présent à l'audience ;

- et les observations de Me Goulard, se substituant à Me Falala, représentant le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant égyptien né le 26 novembre 1961, a été expulsé de son logement le 29 avril 2024. Il a alors saisi d'une demande d'hébergement d'urgence le " 115 ", service téléphonique de coordination de l'hébergement d'urgence, sans qu'aucune prise en charge ne lui soit accordée. Par une ordonnance du 21 août 2023, le tribunal administratif de Montreuil a ordonné au préfet de la Seine-Saint-Denis d'assurer son accueil prioritaire dans une structure d'hébergement d'urgence, conformément à une décision de la commission de médiation du droit au logement opposable de Seine-Saint-Denis du 29 mars 2023. Par plusieurs signalements, respectivement datés du 5 mars 2023, du 24 mai 2024 et du 10 juillet 2024, il a demandé une prise en charge en structure d'hébergement auprès du service intégré de l'accueil et de l'orientation (SIAO) de Seine-Saint-Denis. Il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article

L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, de lui proposer une solution d'hébergement.

Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. "

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer, en application des dispositions précitées et eu égard à l'urgence à statuer, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. () ".

5. Aux termes de l'article L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles : " Dans chaque département est mis en place, sous l'autorité du représentant de l'Etat, un dispositif de veille sociale chargé d'accueillir les personnes sans abri ou en détresse, de procéder à une première évaluation de leur situation médicale, psychique et sociale et de les orienter vers les structures ou services qu'appelle leur état. Cette orientation est assurée par un service intégré d'accueil et d'orientation () ". L'article L. 345-2-2 de ce code dispose que : " Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence. ()". Aux termes de l'article L. 345-2-3 du même code : " Toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y bénéficier d'un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée. Cette orientation est effectuée vers une structure d'hébergement stable ou de soins, ou vers un logement, adaptés à sa situation ".

6. Il appartient aux autorités de l'Etat, sur le fondement des dispositions précitées, de mettre en œuvre le droit à l'hébergement d'urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique ou sociale. Une carence caractérisée dans l'accomplissement de cette mission peut faire apparaître, pour l'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale lorsqu'elle entraîne des conséquences graves pour la personne intéressée. Il incombe au juge des référés d'apprécier dans chaque cas les diligences accomplies par l'administration en tenant compte des moyens dont elle dispose ainsi que de l'âge, de l'état de la santé et de la situation de famille de la personne intéressée.

7. Les dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative subordonnent la possibilité pour le juge des référés de faire usage des pouvoirs qu'elles lui confèrent à la double conditions, d'une part qu'une autorité administrative ait porté une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, d'autre part, qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention du juge des référés dans de très brefs délais, sous réserve que le requérant ne se soit pas placé lui-même dans la situation d'urgence qu'il invoque.

8. Pour établir l'existence d'une urgence particulière, M. A soutient, sans être contesté, qu'il ne bénéficie d'aucun hébergement et dort dans la rue lorsqu'il n'est pas en mesure de payer une chambre d'hôtel, alors que sa situation a été reconnue à plusieurs reprises comme prioritaire et urgente, notamment par une décision de la commission de médiation du droit au logement opposable de Seine-Saint-Denis du 29 mars 2023. Dès lors, le requérant doit être regardé, en l'absence de toute solution d'hébergement, comme se trouvant dans une situation de grande détresse sociale au sens des dispositions précitées de l'article L. 345-2-2 du code de l'action sociale et des familles. Il justifie, dès lors, d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

9. Il résulte de l'instruction, notamment des quittances de loyer produites par M. A, que ce dernier est logé dans un hôtel situé à Saint-Denis pour un prix de 25 euros par nuit, ce qui correspondrait à une somme globale de 750 euros par mois pour un hébergement constant, alors qu'il ne dispose que d'une indemnité journalière de 31,43 euros, soit 940 euros par mois dont il bénéficie au titre de l'accident de travail dont il a été victime le 10 février 2021. Le coût de ce logement, par nature précaire, est supérieur à ses ressources, le total de ses charges mensuelles s'élevant par ailleurs à 500 euros. En outre, il résulte de l'instruction que M. A, qui est âgé de soixante-deux ans et souffre d'un état de santé fragile, a été reconnu prioritaire et devant être accueilli dans une structure d'hébergement d'urgence par une décision de la commission de médiation du droit au logement opposable de Seine-Saint-Denis du 29 mars 2023, et a, entre le 5 mars 2023 et le 10 juillet 2024, demandé de manière répétée une prise en charge en structure d'hébergement auprès du SIAO de Seine-Saint-Denis sans obtenir de réponse. Dès lors, le refus du préfet de lui procurer un hébergement d'urgence révèle, dans les circonstances de l'espèce, une carence de l'Etat justifiant que soit ordonné, au motif d'une atteinte grave et manifestement illégale au droit à l'hébergement d'urgence, de prendre les mesures pour mettre à l'abri M. A.

10. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, de prendre en charge M. A dans le cadre de l'hébergement d'urgence et d'assurer son accompagnement social, dans un délai de soixante-douze heures à compter de la notification de la présente ordonnance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, de prendre en charge M. A dans le cadre de l'hébergement d'urgence et d'assurer son accompagnement social, dans un délai de soixante-douze heures à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et que Me Hug renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Hug, avocat de M. A, une somme de 1 000 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A, la somme de 1 000 euros lui sera versée en application de ce dernier article.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Hug et au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris.

Fait à Paris, le 17 juillet 2024.

La juge des référés,

S. AUBERT

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2/9

← Retour aux décisions