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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2419136

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2419136

lundi 29 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2419136
TypeOrdonnance
Avocat requérantSCP D AVOCATS SAIDJI ET MOREAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2024, Mme C A, représentée par Me Sztulman, demande au juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre la décision du 17 juin 2024 de l'Université Paris Cité portant refus de candidature en deuxième année d'études de santé ;

2°) de mettre à la charge l'Université Paris Cité la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa situation présente un caractère urgent dans la mesure où la rentrée universitaire 2024 en deuxième année de médecine aura lieu en septembre ;

- la décision méconnaît le principe de confiance légitime, reconnu par la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne ;

- la décision méconnaît le principe de sécurité juridique, reconnu par la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne ;

- la décision en litige méconnaît le principe de non-rétroactivité des actes administratifs dès lors qu'elle a été prise alors qu'elle avait reçu la confirmation par une maître de conférence à l'Université Paris Cité, que son inscription en licence accès santé (L.A.S.) 2 était possible.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 18 juillet 2024 et le 24 juillet 2024, l'Université Paris Cité, représentée par Me Moreau, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu :

- la requête enregistrée le 12 juillet 2024 sous le n° 2419139 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Simonnot pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 19 juillet 2024, M. Simonnot a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Sztulman, représentant Mme A ;

- les observations de Me Ben Hamouda, substituant Me Moreau, représentant l'Université Paris Cité.

La clôture de l'instruction a été reportée au mercredi 24 juillet 2024 à 17h00.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C A a validé une première année de licence accès santé majeure sciences du langage à l'Université Sorbonne Université. Après s'être assurée, selon les termes de la requête, qu'elle pourrait intégrer une deuxième année d'études de santé en poursuivant son cursus à l'Université Paris Cité, elle a suivi pendant l'année universitaire 2023-2024 sa deuxième année de licence en sciences du langage avec option " accès santé " au sein de cette dernière université. Par une décision révélée par un message du 17 juin 2024, reçu sur son téléphone portable, prise par le chef de projet de l'accès santé pour les L.AS au sein de l'Université Paris Cité, elle a été informée qu'elle ne pourrait se porter candidate au classement lui permettant de suivre le cursus de l' " accès santé " à l'issue de sa deuxième année de licence dès lors qu'elle n'a pas effectué la première année de ce cycle au sein de cette université. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'exécution de la décision refusant l'admission de Mme A en deuxième année de de licence accès santé la prive d'une chance sérieuse de poursuivre des études de médecine à l'issue d'une deuxième année de licence dont les enseignements débuteront au cours du mois de septembre 2024. Cette décision a ainsi un impact déterminant sur la poursuite immédiate de son parcours universitaire et son avenir professionnel, préjudiciant de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation ou à ses intérêts pour caractériser une urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

3. Mme A soutient que la décision en litige est entachée d'une illégalité manifeste dès lors quelle a été prise en méconnaissance du principe de confiance légitime en vertu duquel les règles de droit doivent être claires, précises et prévisibles dans leurs effets. Cependant, ce principe ne trouve à s'appliquer, dans l'ordre juridique national, que dans le cas où la situation juridique dont a à connaître le juge administratif français est régie par le droit de l'Union européenne. Tel n'est pas le cas en l'espèce, dès lors, que les dispositions du livret de la " mineure santé " de l'Université Paris Cité du 31 octobre 2023 fixant les conditions requises pour se porter candidat à l'accès au cursus des études de médecine, au vu duquel l'acte attaqué a été pris, n'avait pas pour objet d'assurer en droit interne la mise en œuvre de règles de droit de l'Union européenne.

4. Il résulte de l'instruction, que le livret des L.AS de l'Université Paris Cité, modifié en dernier lieu le 31 octobre 2023, a été notifié à Mme A, comme à l'ensemble des étudiants de L.A.S. 2ème année de cette Université, par un message communiqué sur son espace étudiant le 2 novembre 2023. Celui-ci prévoyait que la candidature à l'" accès santé " serait subordonnée à la validation d'une première année de licence à l'Université Paris-Cité. Si, postérieurement, par un courriel du 6 novembre 2023, une maître de conférence à l'Université Paris Cité a confirmé à Mme A qu'elle pourrait se porter candidate à l'" accès santé ", cette information ne permet pas, alors qu'il ne résulte pas de l'instruction que cette maître de conférence était compétente pour prendre une décision relative à l'inscription de la requérante ni seulement lui garantir une possibilité d'inscription en accès santé, de porter atteinte au principe de sécurité juridique.

5. En outre, et en l'état de l'instruction, le moyen tiré de la méconnaissance du principe de non-rétroactivité des actes administratifs n'est pas davantage de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 17 juin 2024. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.

O R D ON N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et au président de l'Université Paris-Cité.

Fait à Paris le 29 juillet 2024.

Le juge des référés,

J.-F. SIMONNOT

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance./1

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