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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2419275

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2419275

vendredi 19 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2419275
TypeOrdonnance
PublicationD
Avocat requérantROSIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 juillet 2024, M. C B, représenté par Me Rosin, demande au tribunal sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision implicite portant refus d'une carte de résident ;

3°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer à titre provisoire une carte de résident valable dix ans, dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation et statuer sur sa demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et d'enjoindre au préfet de le munir d'un document provisoire de séjour assorti d'une autorisation de travail le temps du réexamen sollicité, dans un délai de 48 heures, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros hors taxe à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de non-obtention de l'aide juridictionnelle, lui verser une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- la requête enregistrée le 16 avril 2024 sous le n°2408925 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision portant refus de délivrance d'une carte de résident en qualité de réfugié ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les requêtes en référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a déposé une demande de carte de résident en qualité de réfugié le

28 septembre 2023 sur le téléservice prévu à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la plateforme de l'administration numérique pour les étrangers en France (ANEF). Par la présente instance, M. B demande la suspension de la décision implicite de refus de délivrance d'une carte de résident.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "

3. Dans la présente instance, M. B allègue d'un refus implicite, par les services de la préfecture de police de Paris, de lui délivrer une carte de résident en qualité de réfugié. Toutefois, M. B indique avoir obtenu une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à séjourner et à travailler en France du 28 septembre 2023 au 27 mars 2024, puis du 23 avril 2024 au 22 juillet 2024. De plus, M. B indique s'être rapproché de l'administration pour obtenir le renouvellement de son attestation de prolongation d'instruction, laquelle lui a précisé que son attestation serait automatiquement renouvelée. Par suite, en l'état de l'instruction, aucun élément du dossier ne permet d'établir la matérialité d'une décision administrative portant refus implicite de délivrance d'une carte de résident à l'encontre de M. B. Sa requête, dirigée contre une décision inexistante, est ainsi manifestement irrecevable et doit être rejetée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et, par suite, les conclusions tendant au prononcé d'une injonction et celles au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sans qu'il y ait lieu d'admettre l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire en application de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B n'est pas admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et à Me Rosin.

Fait à Paris, le 19 juillet 2024.

La juge des référés,

A. A

La République mande et ordonne au préfet de police, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance./5-1

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