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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2419925

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2419925

mercredi 7 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2419925
TypeDécision
PublicationD
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantTOMASI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de M. F, ressortissant bangladais, qui demandait l'annulation de l'arrêté du préfet de police du 21 juillet 2024 prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois. Le tribunal a jugé que les moyens soulevés, notamment l'incompétence de l'auteur de l'acte, le vice de procédure, l'insuffisance de motivation, la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et l'erreur manifeste d'appréciation, n'étaient pas fondés. La décision a été prise en application des articles L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 juillet 2024 et le 2 août 2024, M. F, représenté par Me Sangue, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 21 juillet 2024 par lequel le préfet de police a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois ;

3°) à titre subsidiaire, d'annuler la décision par laquelle le préfet de police a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;

4°) d'enjoindre au préfet de police de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de huit jours, sous astreinte de quatre-vingt euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle ou, si sa demande d'aide juridictionnelle devait être rejetée, de lui verser cette somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente, dès lors qu'il n'est pas établi que son signataire bénéficiait d'une délégation ;

- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente, dès lors qu'il n'a pas été interpellé à Paris ;

- il est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pas été informé des modalités d'introduction d'une demande de protection internationale lors de sa retenue administrative, avant de faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français ;

- il est entaché d'un vice de procédure dès lors que son droit à être entendu a été méconnu ;

- il est entaché d'une insuffisance de motivation ;

- il révèle un défaut d'examen particulier des circonstances propres à sa situation personnelle ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que le principe du droit au maintien ;

- la validité de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français du 6 mai 2022 était expirée avant l'intervention de l'arrêté attaqué ;

- eu égard à sa durée de séjour habituelle et aux fiches de paie qu'il produit, il pouvait solliciter sa régularisation ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, en tant qu'il prononce une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois et fixe le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;

- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires, enregistrés le 25 juillet 2024 et le 26 juillet 2024, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B à l'effet de statuer sur les recours dirigés contre les décisions d'interdiction de retour sur le territoire français édictées en application de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté en date du 21 juillet 2024, le préfet de police a prononcé à l'encontre de M. A, ressortissant bangladais né le 23 juillet 1988 à Sylhet, une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois. Par la requête susvisée, M. A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. "

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Aux termes de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. "

5. En premier lieu, d'une part, l'arrêté contesté est signé par M. C E, adjoint à la cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, qui bénéficiait à cet effet d'une délégation de signature consentie par le préfet de police, par un arrêté n°2024-00598 du 7 mai 2024, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture.

6. D'autre part, si le préfet des Vosges a obligé M. A à quitter le territoire français, dans un délai de trente jours, par un arrêté du 6 mai 2022, il ne résulte pas des dispositions citées au point 4 qu'il aurait été seul compétent pour prononcer une interdiction de retour à son encontre dès lors que ces deux décisions ont un caractère distinct. En outre, et en tout état de cause, le préfet de police était compétent pour prononcer l'interdiction de retour en litige, à la suite de l'interpellation de l'intéressé, qui n'avait pas exécuté la mesure d'éloignement, à Paris, ainsi qu'il ressort des pièces du dossier.

7. Il résulte de ce qui a été dit aux point 5 et 6 que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

8. En deuxième lieu, il ressort du procès-verbal de l'audition dont a bénéficié le 20 juillet 2024 M. A quant à sa situation administrative, qu'à la question de savoir si celui-ci avait déposé une demande d'asile, l'intéressé a répondu par l'affirmative. Dans ces conditions, et en tout état de cause, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué serait entaché d'un vice de procédure en ce qu'il n'aurait pas, préalablement à son édiction, été informé de sa capacité à déposer une demande d'asile.

9. En troisième lieu, si l'obligation de respecter les droits de la défense pèse en principe sur les administrations des Etats membres lorsqu'elles prennent des mesures entrant dans le champ d'application du droit de l'Union, il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles doit être assuré, pour les ressortissants des Etats tiers en situation irrégulière, le respect du droit d'être entendu. Ainsi que la Cour de justice de l'Union européenne l'a notamment jugé dans ses arrêts C-166/13 et C-249/13 des 5 novembre et 11 décembre 2014, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour dans son pays ou d'une interdiction de retour sur le territoire français implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour dans son pays ou une interdiction de retour sur le territoire français.

10. Si ce principe n'implique pas que l'administration mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français lorsque celle-ci est prise concomitamment à une mesure d'éloignement, tel n'est pas le cas en l'espèce, la décision portant interdiction de retour ayant été édictée deux ans après la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de M. A. Par suite, il appartenait au préfet de police de mettre à même l'intéressé de présenter ses observations de façon spécifique sur l'interdiction de retour qu'il envisageait de prendre. Si M. A, ainsi qu'il a été dit au point 8, a bénéficié d'une audition sur sa situation administrative le 20 juillet 2024, il ne ressort pas des termes du procès-verbal de cette audition que celui-ci ait été mis à même de présenter spécifiquement des observations quant à la perspective d'une interdiction de retour sur le territoire français. Toutefois, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision. En l'espèce, alors que M. A a précisé, lors de l'audition du 20 juillet 2024, qu'il était entré en France pour la dernière fois en 2022 et que s'il résidait irrégulièrement sur le territoire français, il travaillait en qualité de cuisinier, disposait d'un contrat de travail et souhaitait régulariser sa situation, celui-ci se prévaut, dans le cadre de l'instance, de sa durée de présence sur le territoire, depuis l'année 2021, de ce qu'il aurait été, par le passé, en situation régulière, sans assortir cette allégation de précisions ou éléments de preuve, ainsi que de son contrat de travail en date du 28 mars 2023, pour lequel il dispose de fiches de paie. Dans ces conditions, M. A ne peut être regardé comme justifiant d'éléments n'ayant pu être présentés à l'administration susceptibles d'avoir une influence sur le sens de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit à être entendu doit être écarté.

11. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. "

12. D'une part, la décision attaquée, qui vise les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne que M. A a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire en date du 6 mai 2022 sans délai de départ ou dont le délai est expiré. D'autre part, cette décision fait état de la date d'entrée sur le territoire alléguée de M. A, de ce qu'il se déclare célibataire et sans enfant et qu'il n'a pas exécuté une mesure d'éloignement édictée par le préfet des Vosges en date du 6 mai 2022. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué, qui n'a pas pour objet de refuser à l'intéressé un délai de départ volontaire, est insuffisamment motivé.

13. En cinquième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué ni des pièces du dossier que le préfet de police, avant de prononcer à l'encontre de M. A une interdiction de retour d'une durée d'un an, n'aurait pas procédé à un examen particulier des circonstances propres à sa situation.

14. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la signature de celle-ci. Dans le cas où il est statué par ordonnance, l'autorité administrative ne peut engager l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français du demandeur d'asile dont le droit au maintien a pris fin qu'à compter de la date de notification de l'ordonnance. "

15. L'arrêté attaqué n'a pas pour objet de prononcer l'éloignement de M. A. En outre, à supposer que le requérant ait entendu soulever, par la voie de l'exception, un moyen tiré de l'illégalité de l'arrêté du 6 mai 2022 portant obligation de quitter le territoire français, en tant qu'il a méconnu les dispositions qui précèdent et en tant qu'il n'a pas été précédé d'une information quant aux modalités d'introduction d'une demande d'asile, il ressort des pièces du dossier, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de ce moyen, et en tout état de cause, que la demande d'asile de M. A avait, préalablement à l'édiction de cet arrêté du préfet des Vosges, fait l'objet d'une décision de rejet de la part de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 25 octobre 2021, notifiée le 12 novembre 2021, et confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 11 mars 2022. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'obligation de quitter le territoire du 6 mai 2022 n'était plus exécutoire ou pourrait être regardée comme ayant été exécutée par M. A. Le moyen doit par suite être écarté.

16. En septième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel, et sans que les conditions définies au présent article soient opposables à l'autorité administrative, l'étranger qui a exercé une activité professionnelle salariée figurant dans la liste des métiers et zones géographiques caractérisés par des difficultés de recrutement définie à l'article L. 414-13 durant au moins douze mois, consécutifs ou non, au cours des vingt-quatre derniers mois, qui occupe un emploi relevant de ces métiers et zones et qui justifie d'une période de résidence ininterrompue d'au moins trois années en France peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " ou " salarié " d'une durée d'un an. / () Dans l'exercice de sa faculté d'appréciation, l'autorité compétente prend en compte, outre la réalité et la nature des activités professionnelles de l'étranger, son insertion sociale et familiale, son respect de l'ordre public, son intégration à la société française et son adhésion aux modes de vie et aux valeurs de celle-ci ainsi qu'aux principes de la République mentionnés à l'article L. 412-7. () ".

17. D'autre part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

18. Si M. A soutient qu'il est francophone et intégré à la société française, et s'il ressort des pièces du dossier que celui-ci travaille en qualité de plongeur depuis le mois de mars 2023, le requérant ne conteste pas, ainsi que l'a relevé le préfet de police dans l'arrêté attaqué, être célibataire et sans enfant à charge et ne pas avoir exécuté l'obligation de quitter le territoire français en date du 6 mai 2022. Il ressort en outre des pièces du dossier que M. A est entré sur le territoire français en 2021. Dans ces conditions, c'est sans porter une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale, ni entacher sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle, que le préfet a pu prononcer à l'encontre de M. A une interdiction de retour sur le territoire français en application des dispositions de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, et alors que la décision attaquée n'a pour objet ni de prononcer l'éloignement de l'intéressé ni de statuer sur son droit au séjour, M. A n'est en tout état de cause pas fondé à soutenir qu'en ne faisant pas application des dispositions citées au point 16, malgré son insertion professionnelle, le préfet de police aurait entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation. Par ailleurs, le requérant ne peut utilement invoquer les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme contre une décision fixant le pays de destination, dont n'a pas au demeurant pas été assorti l'arrêté attaqué, prononçant à l'encontre de M. A une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A, sans qu'il soit besoin de statuer sur leur recevabilité, en ce qu'elles concernent une décision fixant le pays à destination duquel il pourra être éloigné, doivent être rejetées de même que, par voie de conséquence, celles présentées à fin d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles relatives aux frais d'instance.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F, à Me Sangue et au préfet de police.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 août 2024.

Le magistrat désigné,

A. BLa greffière,

D. MIGEON

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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