vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2420052 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 juillet et 15 août 2024, M. B A C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2024 par lequel le préfet de police a refusé de renouveler sa carte de séjour pluriannuelle, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé et est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation administrative ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision l'obligeant à quitter le territoire français méconnaît les dispositions de l'article L.511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par ordonnance du 2 octobre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 octobre 2024.
Un mémoire en défense présenté pour le préfet de police par la SELARL Actis Avocats a été enregistré le 21 novembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme de Schotten,
- et les observations de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant colombien né le 24 décembre 1995, est entré en France le 24 novembre 2006 selon ses déclarations. Il a sollicité le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle le 24 novembre 2021 sur le fondement de l'article L. 411-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. C demande l'annulation de l'arrêté du 12 juillet 2024 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans.
Sur les conclusions présentées à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort des termes de l'arrêté attaqué qu'il vise notamment les articles L. 411-4 et L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. L'arrêté mentionne également différents éléments de la situation personnelle du requérant. L'arrêté en litige énonce ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquelles préfet de police a entendu se fonder. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des motifs de l'arrêté ni d'aucune pièce du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. C. Le moyen tiré du défaut d'examen de la situation administrative du requérant doit, par suite, être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. M. C fait valoir qu'il vit en France depuis l'âge de six ans auprès de ses deux parents en situation régulière et de son frère né en France, que désormais parfaitement intégré, il est en couple depuis 2019 avec une ressortissante française avec laquelle il vit en concubinage depuis 2023 et projette de se marier et qu'il occupe un emploi de vendeur au sein de la société Grand Vision dans la cadre d'un contrat à durée indéterminée. Cependant, il n'établit ni l'ancienneté de son séjour en France, ni l'ancienneté de sa relation avec sa concubine, ni encore la vie commune avec cette dernière par la seule production d'une attestation rédigée par cette dernière. En outre, le contrat de travail qu'il produit a été signé le 15 mai 2024, et le requérant, qui était soumis à une période d'essai, ne justifie pas avoir conservé cet emploi, qui revêtait en tout état de cause un caractère très récent à la date de la décision attaquée. Enfin, il ressort des pièces du dossier que, pour refuser le renouvellement du titre de séjour de M. C, le préfet de police s'est fondé sur la circonstance, non contestée, que son comportement constituait une menace pour l'ordre public dès lors qu'il a été condamné le 8 février 2021 par le tribunal correctionnel de Paris à un an et six mois d'emprisonnement dont dix mois avec sursis pour vol avec violence ayant entrainé une incapacité totale de travail n'excédant pas 8 jours, aggravé par une autre circonstance et menace de crime ou délit contre les personnes ou les biens à l'encontre d'un dépositaire de l'autorité publique. Le préfet de police a également relevé, sans que ce ne soit non plus contesté, que l'intéressé a été condamné le 18 mai 2017 par le président du tribunal de grande instance de Nanterre à 300 euros d'amende pour usage illicite de stupéfiants, amende confirmée le 2 octobre 2020 après que l'intéressé a formé opposition contre cette condamnation et le 20 juin 2019, par le président du tribunal de grande instance de Paris à 300 euros d'amende pour usage illicite de stupéfiants et port sans motif d'arme blanche de catégorie D, et qu'il était en outre défavorablement connu des services de police pour des faits de détention, transport, et acquisition non autorisés de stupéfiants, offre ou cession non autorisée, commis le 23 avril 2019, et recel de bien provenant d'un vol le 2 juin 2019, conduite d'un véhicule sans permis de conduire le 22 octobre 2020 et enfin, violence sur une personne vulnérable suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours le 2 juillet 2021. La nature et le caractère répété et, pour certains d'entre eux, récent à la date de la décision attaquée, de ces faits, justifie que le préfet de police ait considéré que le comportement de l'intéressé caractérise une menace pour l'ordre police. Dans ces conditions, au regard de l'ensemble de ces circonstances et de l'absence de preuve de la durée de sa présence en France et de l'insertion alléguée, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels l'obligation de quitter le territoire français a été prise.
6. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux qui viennent d'être exposés, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
7. En dernier lieu, le requérant ne peut utilement soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français serait contraire aux dispositions de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui ont fait l'objet d'une abrogation. A supposer qu'il ait entendu invoquer la méconnaissance de celles de l'article L. 611-3 de ce code, il résulte de ce qui a été dit précédemment aux points 4 et 5 que ce moyen, ne peut en tout état de cause qu'être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C et au préfet de police de Paris.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Weidenfeld, présidente,
Mme de Schotten, première conseillère,
M. Rezard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
La rapporteure,
K. de Schotten
La présidente,
K. WeidenfeldLe greffier,
A. Lemieux
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2420052/6-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2411510
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande d'indemnisation du fils d'un tirailleur sénégalais décédé lors du massacre de Thiaroye en 1944. Le tribunal a jugé que l'action en responsabilité était prescrite, le délai de cinq ans prévu par la loi du 31 décembre 1945 étant écoulé depuis la connaissance du décès. La juridiction a ainsi fait primer les règles de prescription sur la reconnaissance historique des faits par les autorités françaises.
27/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401235
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B... D... visant à annuler la décision du conseil départemental de l'ordre des médecins de Paris refusant de poursuivre disciplinairement un médecin. Le tribunal a jugé que la décision ordinale, relevant d'un large pouvoir d'appréciation sur l'opportunité d'engager des poursuites, n'était pas une décision administrative individuelle défavorable à l'égard de la plaignante et n'avait donc pas à être motivée. Les moyens tirés du défaut de motivation et des vices de procédure ont été écartés.
20/03/2026
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Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté préfectoral ordonnant l'éloignement et l'interdiction de retour d'un ressortissant algérien titulaire d'un titre de séjour portugais valide. La juridiction a retenu que le préfet avait commis une erreur de fait et d'appréciation en considérant que l'intéressé séjournait irrégulièrement en France et menaçait l'ordre public. Elle a également enjoint l'administration de procéder à l'effacement du signalement Schengen dans un délai d'un mois.
20/03/2026
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Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour à une ressortissante malienne et lui enjoignant de quitter le territoire. La juridiction a annulé la décision du préfet de police, considérant que le refus de titre de séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) constituait une erreur manifeste d'appréciation au regard de la durée et des conditions d'intégration de l'intéressée en France. Le tribunal a enjoint à l'administration de réexaminer la situation de la requérante dans un délai de deux mois.
20/03/2026