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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2420109

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2420109

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2420109
TypeDécision
PublicationC
Formation6e Section - 1re Chambre
Avocat requérantCABINET CENTAURE AVOCATS (SELARL)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A, ressortissant albanais, qui contestait l'arrêté du préfet de police du 26 juin 2024 lui refusant le renouvellement de son titre de séjour et une carte de résident, l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et lui interdisant le retour pour cinq ans. Le tribunal a écarté l'ensemble des moyens soulevés, notamment l'incompétence du signataire, le défaut de motivation, l'erreur de droit et d'appréciation, ainsi que la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. La solution retenue est fondée sur les dispositions des articles L. 412-5, L. 423-10, L. 612-2 et L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Ménage, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 juin 2024 par lequel le préfet de police lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour et la délivrance d'une carte de résident, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de cinq ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de police ou à tout préfet territorialement compétent, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement sous astreinte de 100 par jour de retard et, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation personnelle dans un délai de deux mois et de lui délivrer dans l'attente de celui-ci une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur les moyens communs aux différentes décisions :

- elles sont entachées d'incompétence ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles traduisent un défaut d'examen suffisant de sa situation personnelle ;

- elles sont entachées d'un vice de procédure dès lors que le préfet de police n'établit pas que le traitement des antécédents judiciaires a été consulté par des personnes habilitées à cet effet ;

Sur le refus de renouvellement de la carte de séjour pluriannuelle et le refus de délivrance d'une carte de résident :

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il contribue toujours à l'éducation et à l'entretien de ses deux enfants ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 3, paragraphe 1, de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est privée de base légale ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation à raison des conséquences qu'elle comporte sur sa situation personnelle ;

Sur le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle est privée de base légale ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Sur la fixation du pays de destination :

- elle est privée de base légale ;

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est privée de base légale ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 août 2024, le préfet de police, représenté par la SELARL Centaure Avocats, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun de ses moyens n'est fondé.

La clôture de l'instruction est intervenue le 31 octobre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de procédure pénale ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rezard, rapporteur,

- les observations de Me Ménage, représentant M. A.

Une note en délibéré, présentée pour M. A, a été enregistrée le 24 novembre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant albanais né le 20 novembre 1979, entré en France selon ses déclarations au cours de l'année 1999, a sollicité en dernier lieu la délivrance d'une carte de résident sur le fondement de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou à défaut le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " dont la durée de validité expirait le 22 octobre 2022 sur le fondement du 10° de l'article L. 411-4 du même code. Par un arrêté du 26 juin 2024, le préfet de police a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de cinq ans. M. A en demande l'annulation.

Sur les moyens communs aux différentes décisions :

2. En premier lieu, par arrêté n° 2024-00598 du 7 mai 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° 75-2024-271 du même jour, le préfet de police a donné délégation à M. C D, sous-directeur du séjour et de l'accès à la nationalité et signataire de l'arrêté attaqué, à effet de signer tous actes, arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions. Par suite, le moyen est infondé et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les textes applicables à la situation de M. A, notamment les articles L. 432-1, L. 432-1-1, L. 611-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-3 et 4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il comporte en outre les considérations de fait sur lesquelles le préfet de police s'est fondé afin de refuser de renouveler la carte de séjour pluriannuelle de l'intéressé et de lui délivrer une carte de résident et de prononcer une mesure d'éloignement sans délai à son encontre assortie de la fixation du pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et d'une interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen est infondé et ne peut en conséquence qu'être écarté.

4. En troisième lieu, si M. A soutient que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de droit tenant à un défaut d'examen suffisant de sa situation personnelle, cela ne ressort ni de ses motifs, ni des autres pièces du dossier, de sorte que ce moyen doit être écarté.

5. En quatrième lieu, aux termes des dispositions du I de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale : " Dans le cadre des enquêtes prévues à l'article 17-1 de la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995, () les données à caractère personnel figurant dans le traitement qui se rapportent à des procédures judiciaires en cours ou closes, à l'exception des cas où sont intervenues des mesures ou décisions de classement sans suite, de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement devenues définitives (), peuvent être consultées, sans autorisation du ministère public, par : () / 5° Les personnels investis de missions de police administrative individuellement désignés et spécialement habilités par le représentant de l'Etat () " Aux termes de l'article 17-1 de la loi du 21 janvier 1995 : " Il est procédé à la consultation prévue à l'article L. 234-1 du code de la sécurité intérieure pour l'instruction des demandes () de délivrance et de renouvellement des titres relatifs à l'entrée et au séjour des étrangers () ".

6. Dès lors que les dispositions de l'article 17-1 de la loi du 21 janvier 1995 prévoient la possibilité que le traitement des antécédents judiciaires soit consulté au cours de l'instruction par l'autorité administrative d'une demande de délivrance ou de renouvellement d'un titre de séjour, la circonstance que l'agent ayant procédé à cette consultation n'aurait pas été individuellement désigné et régulièrement habilité à cette fin, en méconnaissance des dispositions du I de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale, si elle est susceptible de donner lieu aux procédures de contrôle de l'accès à ces traitements, n'est pas, par elle-même, de nature à entacher d'irrégularité la décision prise sur la demande de titre de séjour. Le moyen est par suite inopérant.

Sur le refus de titre de séjour :

7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle () au renouvellement () de la carte de séjour pluriannuelle () ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident () ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été condamné le 2 novembre 2009, le 19 février 2010, le 24 janvier 2012, le 6 avril 2012 et le 19 février 2013 pour des faits d'usage de faux documents et de conduite sous l'emprise de l'alcool, de conduite sans permis, de blessures involontaires par conduite d'un véhicule en récidive, d'entrée ou de séjour irrégulier ainsi que de conduite sous l'emprise de l'alcool en récidive. Toutefois, ces condamnations sont trop anciennes, à la date de la décision attaquée, pour caractériser, par elles-mêmes, la persistance d'une menace pour l'ordre public représentée par l'intéressé. Si le préfet de police fait valoir à cet égard que l'intéressé était également " défavorablement connu des services de police " pour des faits de dégradation de bien d'autrui le 12 mars 2018, il n'apporte aucun élément de nature à établir le bien-fondé de ces allégations, alors, notamment, qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que des poursuites pénales auraient été ouvertes contre M. A à la suite de tels faits. Il ressort en revanche des pièces du dossier que l'intéressé a été condamné le 1er avril 2022 par la cour d'appel de Paris à une peine de dix-huit mois d'emprisonnement pour des faits de violation de domicile qu'il a commis le 25 septembre 2020 et au titre desquels il a été écroué entre le 30 novembre 2021 et le 9 novembre 2022. Eu égard à la nature et à la réitération récente à la date de la décision attaquée de faits constitutifs d'une infraction pénale, c'est sans commettre d'erreur de droit ou d'appréciation que le préfet de police a considéré que l'intéressé représentait une menace actuelle pour l'ordre public.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire () à la sûreté publique (), à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales () "

10. Il ressort d'abord des pièces du dossier que si l'intéressé soutient résider de manière continue sur le territoire français depuis au moins l'année 2000, il est mentionné sur l'acte de naissance dressé le 24 juillet 2007 comme résidant à Bergame en Italie. L'intéressé n'apporte en outre aucun élément de nature à justifier de la réalité de son séjour en France au cours de l'année 2019. Il ressort ensuite des pièces du dossier que M. A a eu en France deux filles, nées le 10 mars 2004 et le 22 juillet 2007, dont la première est de nationalité française. Toutefois, il est, d'une part, constant qu'il ne partage pas de communauté de vie avec sa première fille. Si le requérant produit quelques justificatifs de virements d'argent adressés à la mère de cette dernière en 2016 et 2017 et de déplacements pour se rendre à Chambéry, où elle résidait entre 2014 et 2016, il n'a produit aucun élément relatif à la période postérieure. Le requérant ne justifie, d'autre part, pas de la réalité de sa communauté de vie avec sa seconde fille ou de sa contribution à son éducation ou son entretien. M. A n'est dès lors pas fondé, par les seuls documents qu'il produit, à soutenir qu'il entretient des liens familiaux avec ses deux filles sur le territoire. Il ressort au reste des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, sa fille française avait été sélectionnée pour effectuer sa troisième année de licence à l'étranger. Il ressort enfin des pièces du dossier, ainsi que cela a été dit au point 8, que l'intéressé représente une menace actuelle pour l'ordre public. Dès lors, eu égard à l'ensemble de ces éléments, et nonobstant la présence d'autres membres de sa famille en France, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'en refusant de renouveler son droit au séjour, le préfet de police aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit à la vie privée et familiale et méconnu dans cette mesure les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou commis une erreur de fait. Ces moyens doivent donc être écartés.

11. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants (), l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".

12. Ainsi qu'il a été dit au point 10, le requérant ne justifie pas de la réalité des liens qu'il soutient entretenir en France avec ses deux filles. Dans ces conditions, en refusant de renouveler son droit au séjour, le préfet de police n'a pas méconnu l'intérêt supérieur de l'enfant. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant doit donc être écarté comme étant infondé.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

13. En premier lieu, le refus du préfet de police de renouveler le droit de séjour de M. A, dont il ne résulte pas de ce qui précède qu'il serait illégal, constitue la base légale de la décision par laquelle il lui a fait obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré du défaut de base légale de cette décision doit être écarté comme étant infondé.

14. En deuxième lieu, pour les motifs exposés au point 10, la décision attaquée n'a pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ce moyen doit dès lors être écarté comme étant infondé.

15. En troisième lieu, M. A soutient que la décision attaquée est susceptible de porter une atteinte d'une exceptionnelle gravité à sa situation personnelle. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit aux points 8, 10 et 12, en l'absence de tout autre élément de nature à caractériser une telle atteinte, que la décision attaquée n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation à raison des conséquences qu'elle comporterait sur sa situation personnelle.

Sur la fixation du pays de destination et le refus d'un délai de départ volontaire :

16. En premier lieu, la décision par laquelle le préfet de police a fait obligation à M. A de quitter le territoire français, dont il ne résulte pas de ce qui précède qu'elle serait illégale, constitue la base légale de la décision par laquelle il a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de ces deux décisions est infondé.

17. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public () " Il résulte de ce qui a été dit au point 8 que c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que le préfet de police a considéré que M. A représentait une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, c'est à tort que l'intéressé soutient qu'il aurait méconnu les dispositions précitées de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ce moyen ne peut dès lors qu'être écarté comme étant infondé.

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

18. En premier lieu, la décision par laquelle le préfet de police a fait obligation à M. A de quitter le territoire français, dont il ne résulte pas de ce qui précède qu'elle serait illégale, constitue la base légale de la décision par laquelle il lui a fait interdiction d'y retourner. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette première décision est infondé.

19. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français () " Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour (), l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

21. D'une part, pour les mêmes motifs que ceux qui sont exposés aux points 8, 10, 12, 14 et 15, le requérant n'établit pas que sa situation caractérisait des circonstances humanitaires qui auraient dû justifier que, par dérogation au principe posé par l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une interdiction de retour sur le territoire français ne soit pas prononcée à son encontre. D'autre part, pour fixer à cinq ans la durée de cette interdiction, le préfet de police s'est fondé sur la menace pour l'ordre public représentée par la présence de l'intéressé sur le territoire français et sur sa situation personnelle et familiale. Il ressort de ce qui a été dit notamment aux points 8 et 10 que M. A représente une menace pour l'ordre public et qu'il ne justifie pas de l'ancienneté de séjour ainsi que de la réalité des liens familiaux dont il se prévaut. Par suite, c'est sans commettre d'erreur de droit ou d'erreur d'appréciation que le préfet de police a fixé à cinq ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français dont il a assorti la mesure d'éloignement sans délai notifiée à l'intéressé.

22. En troisième lieu, pour les motifs exposés aux points 10 et 14, la décision attaquée n'a pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ce moyen doit dès lors être écarté comme étant infondé.

23. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi, par voie de conséquence, que ses conclusions aux fins d'injonction et celles qu'il a présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police de Paris.

Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Weidenfeld, présidente,

Mme de Schotten, première conseillère,

M. Rezard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.

Le rapporteur,

A. Rezard

La présidente,

K. Weidenfeld

Le greffier,

A. Lemieux

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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