LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2420372

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2420372

mercredi 4 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2420372
TypeDécision
Avocat requérantCABINET SEBAN ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2024, le centre d'action sociale de la ville de Paris (CAS), représenté par le cabinet Seban et associés, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion de Mme C B, qui occupe sans droit ni titre le logement

B 068 dans la résidence " Les Montmartrois " dans le 18ème arrondissement, dans un délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et sous peine d'une astreinte de 50 euros par jour de retard ;

2°) de juger que passer ce délai, le CAS de la ville de Paris pourra procéder à l'expulsion de Mme B et à l'évacuation, à ses frais et risques, de l'ensemble des biens qui lui appartiennent, au besoin avec le concours de la force publique ;

3°) de juger que tous les frais qui pourraient résulter de l'expulsion et de l'évacuation ainsi que tous les frais qui pourraient être nécessaires à la remise en état du logement seront à la charge de Mme B ;

4°) de condamner Mme B à verser la somme de 3000 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Le CAS de la ville de Paris soutient que :

- le juge administratif est compétent pour prononcer l'expulsion d'un logement géré par le CAS, établissement public communal qui assure une mission de service public en vue de la prise en charge de personnes âgées et vulnérables par l'accès aux résidences appartements en application des dispositions de l'article L. 123-5 et suivants du code de l'action sociale et des familles ;

- le CAS est le gestionnaire de la résidence, propriété du bailleur social Paris Habitat, dans laquelle Mme B occupe indument un logement ;

- il n'y a pas de contestation sérieuse sur le fait que le logement est occupé sans droit ni titre par Mme B, qui est entré dans les lieux sans signer de contrat de séjour, en usant de sa qualité de parente de l'occupante régulière, Mme E B, laquelle est décédée en 2023, Mme B se maintenant indument dans le logement précédemment occupé par

Mme E B, sa grand-mère, nonobstant les demandes réitérées de quitter les lieux ;

- la mesure d'expulsion demandée revêt un caractère urgent, le logement en cause ne pouvant être de nouveau mis à disposition d'un nouvel occupant ;

- la mesure d'expulsion de Mme B est ainsi utile ;

La requête a été communiquée à Mme B, qui n'a présenté aucun mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Véronique Hermann Jager pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Rahmouni, greffière d'audience, Mme D A a lu son rapport et entendu les observations de Me Malbete, représentant le CAS de la ville de Paris.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Le centre d'action sociale de la ville de Paris (CAS), gestionnaire de la résidence

" Les Montmartrois ", située 99, boulevard Ney, à Paris dans le 18ème arrondissement, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et sous astreinte, l'expulsion de Mme C B, parente d'une bénéficiaire du logement décédée en 2023, Mme E B, qui occupe le logement B068 dans la résidence et refuse de le quitter, en dépit des demande réitérées du CAS, alors qu'elle s'y est installée irrégulièrement, en sa qualité de parente de Mme B.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision. ".

3. La mesure d'expulsion sollicitée par le CAS de la ville de Paris, qui vise à assurer le fonctionnement normal et la continuité du service public administratif d'hébergement de personnes âgées dont cet établissement public a la charge, se rattache à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative.

4. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement des dispositions de l'article

L. 521-3 du code de justice administrative, d'une demande d'expulsion d'un occupant du domaine public, il lui appartient de rechercher si, à la date à laquelle il statue, cette demande présente un caractère d'urgence et ne se heurte à aucune contestation sérieuse. S'agissant de cette dernière condition, dans le cas où la demande d'expulsion fait suite à la décision du gestionnaire du domaine de retirer ou de refuser de renouveler le titre dont bénéficiait l'occupant et où, alors que cette décision exécutoire n'est pas devenue définitive, l'occupant en conteste devant lui la validité, le juge des référés doit rechercher si, compte tenu tant de la nature que du bien-fondé des moyens ainsi soulevés à l'encontre de cette décision, la demande d'expulsion doit être regardée comme se heurtant à une contestation sérieuse.

5. Il résulte de l'instruction que Mme C B se maintient dans le logement B068 dans la résidence pour personnes âgées " Les Montmartrois ", située 99 boulevard Ney à Paris dans le 18ème arrondissement, régulièrement occupé depuis 1996 jusqu'à son décès, en avril 2023, par Mme E B, sa grand-mère. Elle refuse de le quitter depuis lors en dépit des sommations qui lui ont été faites par le CAS et n'a pas davantage contribué financièrement à cette occupation irrégulière. Mme C B ne justifie ainsi d'aucun titre l'autorisant à occuper ledit logement.

6. Le maintien indu de Mme C B dans les lieux fait obstacle à ce que le logement puisse à nouveau être mis à disposition et empêche ainsi l'admission d'un nouvel occupant. Cette circonstance porte ainsi, dans un contexte de très forte demande pour ce type d'hébergement, atteinte au fonctionnement normal de la résidence et du service public dont le CAS de la ville de Paris a la charge. L'expulsion de Mme C B présente donc un caractère d'urgence et d'utilité. Ainsi qu'il a été dit précédemment la demande du centre d'action sociale de la ville de Paris ne se heurte, dans les circonstances de l'espèce, à aucune contestation sérieuse.

7. Il résulte de tout ce qui précède, qu'il y a lieu d'ordonner à Mme C B de quitter le logement B068 qu'elle occupe irrégulièrement au sein de la résidence " Les Montmartrois ", sise 99 boulevard Ney, dans le 18ème arrondissement de Paris, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu'il y ait lieu de prononcer une astreinte de 50 euros par jour de retard. En revanche, il n'entre pas dans l'office du juge administratif de juger que tous les frais qui pourraient résulter de l'expulsion et de l'évacuation ainsi que tous les frais qui pourraient être nécessaires à la remise en état du logement seront à la charge de

Mme C B. Ces conclusions doivent ainsi être rejetées.

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de Mme C B une somme de 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint à Mme C B de libérer dans un délai de quinze jours, à compter de la notification de la présente ordonnance, le logement B 068 qu'elle occupe sans droit ni titre au sein de la résidence " Les Montmartrois ", sise 99 boulevard Ney, dans le 18ème arrondissement de Paris.

Article 2 : Il est mis à la charge de Mme C B une somme de 800 (huit cents) euros à verser au CAS de la ville de Paris, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée au centre d'action sociale de la ville de Paris et à Mme C B.

Fait à Paris, le 4 septembre 2024.

La juge des référés,

V. D A

La République mande et ordonne au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, chacun en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

← Retour aux décisions