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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2420705

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2420705

mardi 20 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2420705
TypeDécision
PublicationC
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantCORDEGLIO

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a examiné la requête de M. B A, ressortissant angolais, contestant les décisions du préfet de la Loire-Atlantique du 14 mai 2024 lui refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour de cinq ans. Le tribunal a rejeté l'ensemble des moyens soulevés, notamment ceux tirés de l'insuffisance de motivation, de l'erreur de fait, de la méconnaissance des articles L. 423-3 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La solution retenue est le rejet de la requête, confirmant la légalité des décisions préfectorales.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance de renvoi n° 2409070 du 26 juillet 2024, le tribunal administratif de Nantes a transmis au tribunal administratif de Paris la requête enregistrée le 13 juin 2024, présentée par M. B A, pour statuer sur les mesures d'éloignement prises à son encontre.

Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 30 juillet 2024 sous le n° 2420705, M. E B A, représenté par Me Desfrancois, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 14 mai 2024 par lesquelles le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination en cas d'éloignement d'office et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de cinq ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer un titre

de séjour mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ou de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1

du code de justice administrative.

Il soutient :

En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'erreur de fait ;

- elle méconnaît l'article L. 423-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle méconnaît l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 août 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision du président du tribunal désignant Mme Deniel, en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Deniel ;

- les observations de Me Cordeglio, avocate commis d'office, représentant M. B A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;

- le préfet de la Loire-Atlantique n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant angolais né le 21 avril 1995, demande au tribunal d'annuler les décisions du 14 mai 2024 par lesquelles le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination en cas d'éloignement d'office et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de cinq ans.

Sur l'étendue du litige :

2. Aux termes de l'article R. 776-16 du code de justice administrative, dans sa version applicable au litige : " Le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel se trouve le lieu où le requérant est placé en rétention ou assigné à résidence au moment de l'introduction de la requête ou, si elle a été introduite avant le placement en rétention ou l'assignation à résidence, au moment où cette mesure est décidée ". Aux termes de l'article

R. 776-17 de ce code, dans sa version applicable au litige : " Lorsque l'étranger est placé en rétention ou assigné à résidence après avoir introduit un recours contre la décision portant obligation de quitter le territoire ou après avoir déposé une demande d'aide juridictionnelle en vue de l'introduction d'un tel recours, la procédure se poursuit selon les règles prévues par la présente section. Les actes de procédure précédemment accomplis demeurent valables. L'avis d'audience se substitue, le cas échéant, à celui qui avait été adressé aux parties en application de l'article R. 776-11. / Toutefois, lorsque le requérant a formé des conclusions contre la décision relative au séjour notifiée avec une obligation de quitter le territoire, il est statué sur cette décision dans les conditions prévues à la sous-section 1 ou à la sous-section 2 de la section 2, selon le fondement de l'obligation de quitter le territoire / Lorsque le requérant est placé en rétention ou assigné à résidence en dehors du ressort du tribunal administratif qu'il a saisi en application des dispositions de la section 2, le dossier est transmis au tribunal administratif dans le ressort duquel se trouve le lieu de rétention ou d'assignation à résidence. Toutefois, le tribunal initialement saisi demeure compétent pour connaître des conclusions dirigées contre la décision relative au

séjour ".

3. M. B A a introduit auprès du tribunal administratif de Nantes le 13 juin 2024 un recours en annulation de l'arrêté du 14 mai 2024 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination en cas d'éloignement d'office et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de cinq ans. Le 10 juillet 2024, M. B A a été placé en rétention au centre de rétention administrative de Paris Vincennes. Par une ordonnance de renvoi n° 2409070 du 26 juillet 2024, la première vice-présidente du tribunal administratif de Nantes a transmis au tribunal administratif de Paris, en application des dispositions citées au point précédent, les conclusions de la requête enregistrée le 13 juin 2024 de M. B A dirigées contre l'éloignement de l'intéressé. Par suite, il appartient au magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Paris à cet effet de statuer sur les conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, la décision fixant le pays de destination en cas d'éloignement d'office et l'interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de cinq ans. En revanche, les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de titre de séjour ainsi que les conclusions accessoires qui y sont liées demeurent de la compétence de la formation collégiale du tribunal initialement saisi.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

S'agissant du moyen tiré de l'exception d'illégalité du refus de titre de séjour :

4. En premier lieu, la décision attaquée vise notamment les articles L. 423-23 et

L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et expose avec suffisamment de précision les circonstances de fait propres à la situation de M. B A sur lesquelles le préfet s'est fondé pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. () ". Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

6. M. B A soutient qu'il est entré en France à l'âge de sept ans accompagné de ses deux sœurs, qu'il réside chez l'une d'entre elles qui est titulaire d'une carte de résident valable jusqu'en 2025, qu'il est dépourvu de toute attache en Angola où son père est décédé et sa mère disparue, qu'il a suivi une scolarité en France de 2002 à janvier 2012, qu'il a été titulaire de plusieurs titres de séjour et qu'il est à la recherche d'un emploi. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. B A est célibataire et sans enfant à charge. Il n'est pas établi qu'il serait dépourvu de toute attache personnelle ou familiale en Angola. Il ne justifie pas de la présence régulière en France de l'une de ses deux sœurs. Il ne démontre aucune insertion sociale ou professionnelle actuelle. Il ressort des pièces du dossier que M. B A a commis entre 2014 et 2022 de nombreux faits délictueux, dont certains en état de récidive, et dans lesquels s'inscrivent des faits de violence contre les personnes et de trafic de stupéfiants, pour lesquels il a été condamné à douze reprises. Il ressort ainsi des pièces du dossier, notamment du bulletin n°2 de l'intéressé, qu'il a été condamné le 9 décembre 2014 à un mois d'emprisonnement pour " recel de bien provenant d'un vol ", le 15 janvier 2015 à 200 euros d'amende pour " usage illicite de stupéfiants ", le 7 mai 2015 à 6 mois d'emprisonnement pour " vol, vol aggravé par trois circonstances et vol aggravé par deux circonstances ", le 2 février 2016 à 200 euros d'amende pour " usage illicite de stupéfiants ", le 31 mai 2016 à trois mois d'emprisonnement pour " usage illicite de stupéfiants (récidive )" et " détention non autorisée de stupéfiants ", le 17 octobre 2017 à deux mois d'emprisonnement avec sursis pour " vol (récidive) et vol avec destruction ou dégradation (récidive) ", le 29 décembre 2017 à cinq mois d'emprisonnement dont trois avec sursis pour " menace de mort réitérée " et " vol aggravé par deux circonstances (récidive) ", le 3 octobre 2018 à dix mois d'emprisonnement pour " arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire suivi d'une libération avant le 7ème jour ", " détention non autorisée de stupéfiants (récidive) " et " emploi non autorisé de stupéfiants (récidive) ", le 6 décembre 2018 à trois mois d'emprisonnement pour " cession ou offre de stupéfiants à un mineur en vue de sa consommation personnelle (récidive) ", le 28 janvier 2019 à trois mois d'emprisonnement pour " violence sur une personne en charge de mission de service public sans incapacité " et à un mois d'emprisonnement pour " prise du nom d'un tiers pouvant déterminer des poursuites pénales contre lui ", le 16 février 2022 à deux ans d'emprisonnement pour " offre et cession non autorisée de stupéfiants (récidive) " et le 25 février 2022 à cinq mois d'emprisonnement pour " menace de mort réitérée (récidive) et vol (récidive) ". Si M. B A soutient qu'il " a pour objectif de trouver du travail ", il ne justifie d'aucune démarche de réinsertion alors que sa dernière levée d'écrou date du 11 septembre 2023. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, alors que la commission du titre de séjour a émis un avis défavorable le 22 mars 2024 " compte tenu de la menace à l'ordre public " que représente le comportement de l'intéressé, et en dépit de l'ancienneté de sa résidence sur le territoire national, la décision attaquée n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, M. B A n'est pas fondé à soutenir qu'en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, le préfet, qui ne s'est pas fondé sur des faits matériellement inexacts, a méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

7. En dernier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".

8. Compte tenu des éléments précisés aux points précédents, M. B A ne justifie d'aucune considération humanitaire ou motif exceptionnel, au sens des dispositions de l'article

L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de nature à justifier une admission exceptionnelle au séjour et, par suite, à démontrer que le préfet aurait entaché la décision contestée d'une erreur manifeste d'appréciation en refusant de l'admettre exceptionnellement au séjour.

9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité du refus de titre de séjour doit être écarté.

S'agissant des autres moyens :

10. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, et en l'absence de précisons complémentaires, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

11. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

12. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, doit être écarté.

13. En deuxième lieu, la décision attaquée a été signée par Mme C D, cheffe du bureau du séjour, qui a reçu délégation à cet effet par un arrêté du préfet de la Loire-Atlantique du 1er mars 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte, qui manque en fait, doit être écarté.

14. En dernier lieu, l'arrêté attaqué vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et notamment son article L. 711-2 et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, précise que M. B A, né à Luanda, n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine ou dans tout pays où il est légalement admissible. Elle mentionne ainsi l'ensemble des circonstances de fait et de droit qui en constituent le fondement et est, par suite, suffisamment motivée.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans :

15. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, doit être écarté.

16. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs qu'exposés au point 13 du présent jugement, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

17. En troisième lieu, la décision attaquée a été prise au visa du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et en particulier de ses articles L. 612-8 et L. 612-10, et expose avec suffisamment de précisions les circonstances de fait sur lesquelles s'est fondé le préfet pour prononcer une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans à l'encontre de M. B A. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

18. En quatrième lieu, il ressort de la décision attaquée et des pièces du dossier que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation du requérant avant l'édiction de la décision en litige.

19. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

20. Pour interdire à M. B A de retourner sur le territoire français pendant une durée de cinq ans, le préfet s'est fondé sur les circonstances que l'intéressé a fait l'objet de nombreuses condamnations pénales qui se sont aggravées depuis 2014 et qui présentent un caractère récent dès lors que M. B A est sorti de prison en septembre 2023 et que si M. B A déclare être entré en France en 2002 et mentionne la présence en France de ses deux sœurs, il est célibataire et sans enfant et n'établit être dépourvu de toute attache dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le préfet n'a pas, en décidant de prononcer une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans, commis d'erreur d'appréciation dans l'application des articles précités du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

21. Il résulte de tout ce qui précède que M. B A n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du 14 mai 2024 par lesquelles le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination en cas d'éloignement d'office et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de cinq ans.

D É C I D E :

Article 1er : Les conclusions de la requête n°2420705 de M. B A dirigées contre les décisions du 14 mai 2024 par lesquelles le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination en cas d'éloignement d'office et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de cinq ans, sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Loire-Atlantique.

Lu en audience publique le 20 août 2024.

La magistrate désignée,

C. DENIELLa greffière,

L. POULAIN

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2420705/8

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