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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2420835

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2420835

vendredi 27 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2420835
TypeDécision
Avocat requérantCABINET PIERRE LANDRY ET HELENE PAUTY (SCP)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er juillet 2024, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), représenté par Me Doucet, demande au juge des référés de désigner un expert afin de décrire l'origine et les causes des désordres survenus sur les brises soleil à lames orientables installés sur le bâtiment.

Il sollicite la présence à l'expertise de :

- la société Duval metalu,

- la société Michel Remon et associés.

Il soutient qu'une expertise est utile dans la perspective d'une action en responsabilité à raison du caractère évolutif des désordres affectant la façade du bâtiment dit " barre bleue " en centre de psychiatrie et de neurosciences.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Paris a désigné Mme Dhiver, vice-présidente du tribunal administratif de Paris, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. / () ".

2. L'INSERM soutient que les brises soleil installés sur la façade du bâtiment dit " barre bleue ", en centre de psychiatrie et de neurosciences, sont l'objet de nombreux dysfonctionnements et que la désignation d'un expert judiciaire est utile devant le caractère évolutif des désordres et la dangerosité que les brises soleil constituent pour le personnel dès lors que certains se détachent.

3. Les constations demandées par l'INSERM entrent dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 précitées du code de justice administrative. Il y a lieu de faire droit à la demande d'expertise présentée par l'INSERM et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B A (bardages, vêtures, bois métal et composites), exerçant 73, rue Victor Hugo à Bagnolet (93170), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :

1') prendre connaissance des pièces des travaux d'installation des brises soleil à lames orientables, se faire communiquer tous documents et pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission, convoquer les parties et se rendre sur place, 102, rue de la Santé à Paris (75014) ;

2') constater et décrire les désordres, dire s'ils rendent l'ouvrage impropre à sa destination, en déterminer l'origine et les causes ; déterminer l'ampleur du phénomène, son étendue et son évolution prévisible au regard de la solidité et de la destination de l'ouvrage en cause ;

3°) fournir tous les éléments techniques et de fait permettant de se prononcer sur la ou les causes qui sont à l'origine de ces désordres (et permettant notamment de déterminer si ceux-ci se rattachent à une non-conformité aux stipulations du marché, à un vice de construction ou de conception, à un défaut de surveillance des travaux, à un défaut d'exécution, à un manquement aux règles de l'art, à un défaut de qualité des matériaux mis en œuvre, à une insuffisance d'entretien, à une usure prématurée, à d'autres causes) ; en cas de pluralité de causes, de formuler un avis sur le point de savoir dans quelle proportion les désordres peuvent être imputés à telle ou telle cause, en justifiant ses propositions ;

4°) décrire les travaux propres à remédier définitivement aux désordres et à remettre l'ouvrage en état, d'en évaluer le coût et la durée ;

5°) en cas de réel danger et d'urgence constatés, dire s'il convient de mettre en place des mesures de sauvegarde pour éviter l'aggravation des désordres et permettre l'attente des travaux définitifs dans les meilleures conditions techniques possibles ;

6°) déterminer les préjudices subis par l'INSERM ;

7°) d'une manière générale, fournir tous les éléments techniques et de fait de nature à permettre à la juridiction compétente de déterminer les responsabilités encourues et d'évaluer les divers chefs de préjudice pour chacune des parties ;

8°) s'il y a lieu, faire toutes autres constatations nécessaires, entendre les observations de tous les intéressés et annexer à son rapport tous documents utiles.

Article 2 : L'expertise se déroulera en présence de :

- l'INSERM,

- la société Duval metalu,

- et la société Michel Remon et associés.

Article 3 : L'expert remplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 4 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 5 : A la demande du tribunal ou à son initiative, l'expert pourra, avec l'accord des parties, conduire une médiation dans les conditions prévues à l'article R. 621-1 du code de justice administrative.

Article 6 : L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal, au plus tard le 16 juin 2025, sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges prévue à cet effet, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.

Article 7 : L'expert notifiera les copies de son rapport aux parties intéressées telles que précisées à l'article 8 de la présente ordonnance, dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer par voie électronique dans les conditions prévues à l'article R. 621-7-3 du même code.

Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, la société Duval metalu, la société Michel Remon et associés et à M. B A, expert.

Fait à Paris, le 27 décembre 2024.

La juge des référés,

M. DHIVER.

La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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