lundi 12 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2420922 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | ROSIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er août 2024, Mme A B épouse C, représentée par Me Rosin, demande à la juge des référés saisie sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de modifier l'injonction prononcée par l'article 3 de l'ordonnance n° 2417829 du 15 juillet 2024 du juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative en enjoignant au préfet de police de lui délivrer un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler valable jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa requête au fond ou jusqu'à la prise d'une nouvelle décision sur son droit au séjour dans un nouveau délai de vingt-quatre heures sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros hors taxes à verser à Me Rosin sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à lui verser directement sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- l'inexécution de l'ordonnance de référé est constitutive d'un élément nouveau au sens de l'article L. 521-4 du code de justice administrative ;
- l'ordonnance du tribunal ayant été notifiée le 15 juillet 2024, l'administration était tenue de lui remettre une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail au plus tard le 26 juillet 2024 ;
- face à l'absence de réaction de l'administration suite à la notification de l'ordonnance du 15 juillet 2024, elle a écrit à l'administration à plusieurs reprises afin d'obtenir l'exécution de cette ordonnance, en vain ;
- l'administration n'a pas exécuté l'injonction qui lui a été faite.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 août 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Par un mémoire, enregistré le 9 août 2024, Mme B épouse C se désiste des conclusions de sa requête tendant à la modification de l'injonction prononcée par l'article 3 de l'ordonnance n° 2417829 du 15 juillet 2024 et maintient les conclusions de sa requête présentées au titre des frais d'instance.
Vu :
- l'ordonnance n° 2417829 du 15 juillet 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Marzoug pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 9 août 2024, Mme Marzoug a lu son rapport.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer, en application des dispositions citées ci-dessus, l'admission de Mme B épouse C au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
3.Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. ".
4.Par un mémoire enregistré le 9 août 2024, Mme B épouse C s'est désistée des conclusions de sa requête tendant à la modification de l'injonction prononcée par l'article 3 de l'ordonnance n° 2417829 du 15 juillet 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Paris. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
5.Ainsi qu'il a été dit, Mme B épouse C est admise à l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Rosin, avocat de Mme B épouse C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle et sous réserve de l'admission définitive de la requérante à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Rosin d'une somme de 1 000 euros. Dans le cas où Mme B épouse C ne serait pas admise à titre définitif au bénéfice de l'aide juridictionnelle, cette somme lui sera directement versée en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B épouse C est admise à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions de la requête de Mme B épouse C tendant à la modification de l'injonction prononcée par l'article 3 de l'ordonnance n° 2417829 du 15 juillet 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Paris.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme B épouse C à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Rosin renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, l'Etat versera à Me Rosin, conseil de Mme B épouse C, une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où Mme B épouse C ne serait pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre définitif, cette somme lui sera directement versée en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B épouse C, à Me Rosin et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 12 août 2024.
La juge des référés,
S. Marzoug
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
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