lundi 12 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2421111 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | SCP D AVOCATS SAIDJI ET MOREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 août 2024, et un mémoire complémentaire, enregistré le 9 août 2024, Mme A B, représentée par Me Verdier, demande à la juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 4 juin 2024 par laquelle le chef d'établissement de l'Université Paris Cité a refusé son inscription en première année de master " Psychologie clinique, psychopathologie et psychologie de la santé - parcours Psychologie clinique et psychopathologie intégrative " ;
2°) d'enjoindre au chef d'établissement de l'Université Paris Cité de procéder à son inscription à titre provisoire en première année de master " Psychologie clinique, psychopathologie et psychologie de la santé - parcours Psychologie clinique et psychopathologie intégrative " au titre de l'année universitaire 2024/2025 dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'autorité administrative la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
S'agissant de l'urgence :
- la décision litigieuse a pour conséquence de la priver de la possibilité de poursuivre ses études en début d'année universitaire et de faire obstacle à la réalisation de son projet professionnel ;
- l'imminence de la rentrée universitaire ne lui permet pas d'obtenir un jugement au fond avant celle-ci ;
- elle a déjà vainement saisi le rectorat ;
S'agissant du doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse :
- le sénat académique n'est pas compétent pour fixer les modalités restrictives d'accès au service public qui relèvent de la seule compétence du conseil d'administration ;
- la décision litigieuse est entachée d'un vice de procédure qui l'a privée d'une garantie, dès lors que l'Université ne démontre pas que les candidatures ont été examinées conformément aux modalités fixées par le conseil d'administration de l'établissement et que le jury ayant instruit la demande a été régulièrement créé et composé ;
- la décision litigieuse est dépourvue de base légale dès lors qu'il ne ressort pas du site Internet de l'établissement que les modalités de sélection en master ont fait l'objet d'une délibération du conseil d'administration régulièrement entrée en vigueur avant l'ouverture des candidatures, la délibération en cause ayant fait l'objet d'une publicité insuffisante et n'ayant pas été soumise au contrôle de légalité du recteur auquel elle n'a pas été transmise ;
- la décision litigieuse est entachée d'une erreur de droit tirée de ce que le chef d'établissement de l'Université s'est cru à tort lié par la décision du jury d'admission.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2024, l'Université Paris Cité, représentée par la SCP Saïdji et Moreau, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de Mme B de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'Université soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- la requérante ne soulève aucun moyen qui serait de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
- la requête n° 2420116 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision litigieuse.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Marzoug, vice-présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme Marzoug a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Saidon, substituant Me Verdier, représentant Mme B,
- et les observations de Me Stefanova, représentant l'Université Paris Cité.
La clôture de l'instruction a été différée au 12 août 2024 à 15 heures pour permettre à Mme B de produire des éléments complémentaires.
Par un mémoire complémentaire, enregistré le 11 août 2024, Mme B conclut aux mêmes fins que sa requête et fait valoir que la saisine du rectorat dans le cadre de l'article R. 612-36-3 du code de l'éducation en vue de se voir proposer l'accès à d'autres masters ne saurait avoir une quelconque influence sur l'appréciation de la condition tenant à l'urgence.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 4 juin 2024 par laquelle le chef d'établissement de l'Université Paris Cité a refusé son inscription en première année de master " Psychologie clinique, psychopathologie et psychologie de la santé - parcours Psychologie clinique et psychopathologie intégrative ".
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par Mme B et analysés dans les visas de la présente ordonnance ne paraît propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition relative à l'urgence, que les conclusions de la requête de Mme B aux fins de suspension et d'injonction doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des frais d'instance.
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante la somme demandée par l'Université Paris Cité au titre des frais d'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'Université Paris Cité sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à l'Université Paris-Cité.
Fait à Paris, le 12 août 2024.
La juge des référés,
S. Marzoug
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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