mardi 5 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2421170 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces et un mémoire complémentaire, enregistrés les 2 et 9 août et 24 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Ouled, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2024 par lequel le préfet de police a refusé de renouveler sa carte de séjour pluriannuelle et de lui délivrer une carte de résident, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée de dix ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de police, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour de plein droit dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne les décisions de refus de renouvellement de titre de séjour et de délivrance d'une carte de résident :
- elles sont entachées d'un défaut d'examen préalable et particulier de sa situation personnelle ;
- elles sont entachées d'un vice de procédure, tiré de l'utilisation du fichier du traitement des antécédents judiciaires en méconnaissance de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale ;
- elles méconnaissent les articles L. 432-1, L. 432-1-1, L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles méconnaissent l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale, par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour ;
- elle viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle est illégale, dès lors que le requérant ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 septembre 2024, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 25 septembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 10 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale de New York relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ostyn ;
- et les observations de Me Ouled, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant turc né le 20 janvier 1985, entré en France en 2004 selon ses déclarations, a sollicité, sur le fondement respectif des articles L. 423-1 et L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le renouvellement de la carte pluriannuelle de séjour qui lui avait été délivrée en tant que " conjoint de Français " et a expiré le 6 août 2022 et la délivrance d'une carte de résident. Par arrêté du 12 juillet 2024, dont il demande l'annulation, le préfet de police a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de dix ans.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les décisions de refus de renouvellement de titre de séjour et de délivrance d'une carte de résident :
2. En premier lieu, M. B soutient que les décisions de refus de renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle et de délivrance d'une carte de résident sont entachées d'un défaut d'examen préalable et particulier de sa situation personnelle, dès lors que l'arrêté mentionne, à tort, que la commission du titre de séjour a émis un avis défavorable au renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle, qu'aucun examen sérieux de sa vie privée n'a été mené, que l'arrêté indique que le requérant est marié à une ressortissante française et père d'un enfant mineur issu de leur relation et ne justifie pas être démuni d'attaches familiales à l'étranger alors qu'il a quitté son pays d'origine, la Turquie, en 2001 et que son enfant est français et qu'alors que la commission du titre de séjour a estimé, dans son avis en date du 19 juin 2024, que le refus de renouvellement de titre portait une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale, le préfet de police a indiqué qu'il s'était assuré de l'absence de violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, la circonstance que le préfet de police ait indiqué, à tort, que la commission du titre de séjour avait émis un avis défavorable ne saurait contribuer à établir un défaut d'examen de situation individuelle de la situation de
M. B. Par ailleurs, il résulte de l'examen de l'arrêté attaqué que le préfet de police a au contraire procédé à un examen individuel de la situation du requérant, dès lors que l'acte attaqué énumère les faits sur lesquels s'est fondé le préfet de police pour caractériser la menace pour l'ordre public ainsi que la circonstance que M. B est marié à une ressortissante française, père d'un enfant mineur issu de leur relation et non démuni d'attaches dans son pays d'origine, l'absence de certaines mentions, telles que la nationalité de leur enfant, n'étant pas de nature à démontrer le défaut d'examen de la situation individuelle. Enfin, l'appréciation portée par le préfet de police sur la vie privée et familiale du requérant, pour laquelle il n'est au demeurant pas en situation de compétence liée à l'égard de l'avis de la commission du titre de séjour, est sans incidence sur l'exigence d'examen de la situation individuelle. Dès lors, le moyen doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il résulte du 5° du I de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale que, dans le cadre des enquêtes prévues au V de l'article L. 114-1 du code de la sécurité intérieure, applicable en particulier pour l'instruction des demandes de délivrance de titre de séjour, lorsque la consultation révèle que l'identité de la personne concernée a été enregistrée dans le traitement en tant que mise en cause, l'enquête administrative ne peut aboutir à un avis ou une décision défavorables sans la saisine préalable, pour complément d'information, des services de la police nationale ou des unités de la gendarmerie nationale compétents et, aux fins de demandes d'information sur les suites judiciaires, du ou des procureurs de la République compétents. Le procureur de la République adresse aux autorités gestionnaires du traitement un relevé des suites judiciaires devant figurer dans le traitement d'antécédents judiciaires et relatif à la personne concernée.
4. Dès lors que l'article 17-1 de la loi d'orientation et de programmation relative à la sécurité du 21 janvier 1995 prévoit la possibilité que certains traitements automatisés de données à caractère personnel soient consultés au cours de l'enquête conduite par l'administration dans le cadre de ses pouvoirs de police, préalablement à la délivrance d'un titre de séjour, la circonstance que les services compétents pour connaître les suites judiciaires des infractions n'auraient pas été saisis, si elle est susceptible de donner lieu aux procédures de contrôle de l'accès à ces traitements, n'est pas, par elle-même, de nature à entacher d'irrégularité la décision prise sur la demande de titre de séjour. Dans ces conditions, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié depuis au moins trois ans avec un ressortissant français se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans à condition qu'il séjourne régulièrement en France depuis trois ans et que la communauté de vie entre les époux n'ait pas cessé depuis le mariage, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français. / La délivrance de cette carte est subordonnée au respect des conditions d'intégration républicaine prévues à l'article L. 413-7. ". Aux termes de l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 432-2 du même code : " Le renouvellement d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être refusé à l'étranger qui cesse de remplir l'une des conditions exigées pour la délivrance de cette carte dont il est titulaire (). ".
6. Il est constant que le requérant est marié depuis 2017, soit depuis plus de trois ans à la date de la décision attaquée avec une ressortissante française. Il ressort néanmoins des pièces du que M. B a été condamné le 22 mars 2011 par le tribunal correctionnel de Paris à 250 euros d'amende pour circulation d'un véhicule terrestre à moteur sans assurance et le 7 juin 2013 par la Cour d'assises de Paris à 13 ans de réclusion criminelle et confiscation avec une période de sûreté correspondant à la moitié de la peine pour assassinat et qu'il est, en outre, connu défavorablement des services de police pour des faits commis le 29 novembre 2017 de détention non autorisée de stupéfiants, recel de bien provenant d'un délit puni d'une peine n'excédant pas 5 ans d'emprisonnement ainsi que pour des faits commis les 22 juin 2020, 25 août 2022 et
27 octobre 2023 de conduite de véhicule sous l'empire d'un état alcoolique avec une concentration d'alcool d'au moins 0,80 gramme (sang) ou 0,40 milligramme (air expiré). Le requérant soutient qu'il ne représente plus une menace pour l'ordre public, dès lors qu'il a exécuté sa peine et qu'il est suivi pour son addiction à l'alcool par un centre spécialisé depuis août 2023. Toutefois, d'une part, la circonstance qu'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " lui ait été délivré le 30 octobre 2018 et ait été renouvelé le 7 août 2020 est sans incidence sur la caractérisation de la menace pour l'ordre public. D'autre part, il résulte de la gravité du crime d'assassinat pour lequel M. B a été condamné en 2013, de la multitude des faits pour lesquels il est défavorablement connu des services de police et de leur caractère récent, les derniers faits datant d'octobre 2023, soit moins d'un an à la date de la décision attaquée, que c'est à bon droit que le préfet de police a considéré que M. B représentait une menace pour l'ordre public et a refusé, pour cette raison, ainsi que l'y autorisent les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de faire droit à la demande de renouvellement de sa carte de séjour et de délivrance d'un carte de résident.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
8. Il est constant que M. B est marié à une ressortissante française depuis le 23 novembre 2017, qu'il est père d'un enfant français né le 7 septembre 2021 et que ses deux sœurs résident sur le territoire français. En revanche, s'il affirme être arrivé en France en 2001, il ne produit pas à l'instance les éléments permettant de tenir cette allégation pour établie. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier qu'il est employé comme plombier depuis le 12 juin 2024 par la société PSM, soit depuis un mois à la date de la décision attaquée. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit au point 6, à savoir la gravité du crime d'assassinat pour lequel il a été condamné en 2013, la multitude des faits pour lesquels il est défavorablement connu des services de police et leur caractère récent, qu'il constitue une menace à l'ordre public. Dans ces conditions, le préfet de police, en refusant de renouveler le titre de séjour de M. B et de lui délivrer une carte de résident n'a pas porté à sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport au but de sauvegarde de l'ordre public en vue duquel les décisions attaquées ont été prises.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des Nations Unies relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
10. S'il est constant que M. B est père d'un enfant français né le
7 septembre 2021, qu'il est marié à la mère de l'enfant depuis 2017 et réside avec celle-ci et leur fils, il n'établit pas que la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour méconnaîtrait l'article 3-1 de la convention internationale des Nations Unies relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990.
11. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 12 juillet 2024 par laquelle le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour et de lui délivrer une carte de résident.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
12. D'une part, le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour, doit être écarté.
13. D'autre part, il résulte de ce qui a été dit au point 8 que M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français violerait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
14. En premier lieu, aux termes de l'article L. 412-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public () ".
15. Il résulte de ce qui a été dit au point 6 que c'est à bon droit que le préfet de police a considéré que M. B représentait une menace pour l'ordre public et a, ainsi, refusé d'assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'un délai de départ volontaire.
16. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 10 que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant refus de délai de départ volontaire ne méconnaît pas l'article 3-1 de la convention internationale des Nations Unies relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
17. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ".
18. Si la décision attaquée vise l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle ne mentionne pas avec suffisamment de précisions les considérations de fait sur lesquelles le préfet de police s'est fondé, en particulier au regard de la circonstance qu'il est père d'un enfant français né en 2021, pour fixer la durée de retour de M. B sur le territoire français à dix ans, soit la durée maximale prévue par l'article précité. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que cette décision est entachée d'un défaut de motivation et encourt ainsi l'annulation, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés à son encontre.
19. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de la décision du 12 juillet 2024 par laquelle le préfet de police lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix ans.
Sur les frais liés au litige :
20. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à M. B de la somme sollicitée par l'intéressé au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de police du 12 juillet 2024 est annulé en tant qu'il prononce à l'encontre de M. B une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix ans.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
Mme Grossholz, première conseillère,
Mme Ostyn, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 novembre 2024.
La rapporteure,
I. OSTYN
Le président,
J.-C. TRUILHÉ
La greffière,
S. CAILLIEU-HELAIEM
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2421170/1-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2503570
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte de résident. La juridiction a estimé que le préfet de police de Paris, en se fondant sur une condamnation pénale, n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 432-4, et a examiné le respect de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2424420
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande de décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu pour les années 2015 et 2016. Le requérant contestait la régularité de la proposition de rectification, notamment son caractère suffisamment motivé et son aptitude à interrompre le délai de reprise. Le tribunal a jugé que la proposition, notifiée après l'ouverture d'une procédure de retrait d'agrément, était régulière et a valablement interrompu le délai de reprise, conformément aux articles L. 57 du livre des procédures fiscales et 1649 nonies A du code général des impôts.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517132
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police du 17 juin 2025 ordonnant l'éloignement de M. A..., un ressortissant algérien. La juridiction a retenu que l'administration n'avait pas procédé à un examen sérieux de la situation familiale du requérant, notamment de ses liens avec sa fille née en France, ce qui constitue une erreur de droit. Le tribunal a enjoint au préfet de délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer la situation dans un délai de trois mois, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2416373
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision implicite de refus de titre de séjour. Le requérant, un ressortissant malien, contestait ce refus intervenu sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Le tribunal a annulé la décision implicite pour défaut de motivation, l'administration n'ayant pas répondu à la demande de communication des motifs formulée sur le fondement de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Il a enjoint au préfet de réexaminer la demande dans un délai d'un mois.
01/04/2026