jeudi 22 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2421581 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Avocat requérant | ROSIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 août 2024, M. C B, représenté par Me Rosin, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police de Paris a rejeté sa demande de de délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle ;
3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer, à titre provisoire, une carte de résident ou une carte de séjour pluriannuelle mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire " dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou à défaut, de lui délivrer un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros hors taxes à verser à Me Rosin sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à lui verser directement sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
Sur la condition d'urgence :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision attaquée le place dans une situation de précarité administrative et financière et que le délai d'instruction de trois ans est déraisonnable et risque d'entraîner la suppression de ses droits sociaux et l'empêche de rechercher un emploi.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle méconnait les dispositions des articles L. 424-9 et L. 424-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 août 2024, le préfet de police conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Par un mémoire, enregistré le 16 août 2024, M. B déclare se désister de l'ensemble de ses conclusions à l'exception de celles relatives aux frais du litige.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 9 août 2024 sous le n°2421582 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Chakelian, greffier d'audience, M. A a lu son rapport et entendu.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant afghan né le 1er février 1997, a été admis au bénéfice de la protection subsidiaire par l'Office français de la protection des réfugiés et apatrides le 17 février 2021. Le 26 mars 2021, il s'est vu délivrer un récépissé de demande de titre de séjour valable jusqu'au 25 septembre 2021, renouvelé entre le 6 avril 2022 et le 5 octobre 2022. Le 1er septembre 2022, il a été invité à déposer une nouvelle demande dématérialisée sur le site de l'administration nationale des étrangers en France pour obtenir une carte de séjour pluriannuelle. Suite à ce dépôt, il a obtenu une attestation de prolongation d'instruction valable du 1er septembre 2022 au 28 février 2023 et renouvelée trois fois, du 6 mars 2023 au 5 septembre 2023, du 2 août 2023 au 1er février 2024, et du 11 mars 2024 au 10 juin 2024. Le requérant est en situation irrégulière depuis le 10 juin 2024, face à l'absence de renouvellement de sa dernière attestation de prolongation d'instruction. Par la présente requête, il demande la suspension de l'exécution de la décision implicite de refus née du silence gardé par le préfet de police sur sa demande de délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle.
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre provisoirement M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
3. Par un mémoire enregistré le 16 août 2024, M. B a déclaré se désister de ses conclusions à fin de suspension et d'injonction. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros à verser à Me Rosin, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Rosin renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il est donné acte du désistement de M. B de ses conclusions à fin de suspension et d'injonction.
Article 3 : L'Etat versera à Me Rosin la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, à Me Rosin et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police de Paris.
Fait à Paris, le 22 août 2024.
Le juge des référés,
N. A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.