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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2421653

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2421653

mercredi 28 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2421653
TypeDécision
Avocat requérantVI VAN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, a été saisi par M. A pour demander la modification des mesures ordonnées le 11 juillet 2024, en raison de l'inexécution partielle de cette précédente ordonnance. Le juge a constaté que le préfet de police avait finalement délivré à M. A une autorisation provisoire de séjour le 27 août 2024, rendant sans objet la demande de délivrance d'un récépissé. S'agissant de la demande de réexamen de sa situation, le juge a relevé que le délai de deux mois imparti par l'ordonnance du 11 juillet 2024 n'était pas expiré au moment de la nouvelle requête, et a donc rejeté les conclusions de M. A. La décision applique les articles L. 521-4 du code de justice administrative et la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 août 2024 M. B A, représenté par Me Vi Van, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de procéder au réexamen de sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à venir et de lui délivrer, dans un délai de 24 heures à compter de la notification de la même ordonnance, un récépissé de demande de délivrance d'un titre de séjour l'autorisant à exercer une activité professionnelle et ce, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à la part contributive de l'Etat, ou à lui verser directement en cas de non admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Il soutient que :

- malgré un courriel adressé aux services compétents de la préfecture de police le

17 juillet 2024, il n'a pas été mis en possession d'un document l'autorisant à séjourner en France et lui permettant d'exécuter son contrat de travail ;

- l'ordonnance n° 2416529/1 du 11 juillet 2024 rendue par le juge des référés n'a toujours pas été complètement exécutée ;

- il existe un élément nouveau justifiant la saisine du juge des référés.

Par un mémoire en défense, enregistrée le 27 août 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient avoir convoqué M. A à un rendez-vous le 27 août 2024, et que lors de ce rendez-vous, une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au 26 novembre 2024 lui a été délivrée.

Par un mémoire complémentaire enregistré le 27 août 2024, M. B A soutient qu'il maintient les demandes qu'il a formulées sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que le préfet de police a mis près de sept semaines à exécuter l'ordonnance rendue par le Tribunal alors-même qu'il était expressément tenu de réexaminer la situation du requérant dans le délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance rendue, qu'il a été empêché d'exécuter son contrat de travail et privé de toutes ressource pour subvenir à ses besoins durant près de sept semaines et a été également exposé au risque que son employeur mette fin à son contrat de travail.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Paris a désigné M. Ho Si Fat, président de section, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique.

Au cours de l'audience publique M. Ho Si Fat, juge des référés a lu son rapport.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de prononcer l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur la demande de modification des mesures prononcées :

3. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. "

4. Par une ordonnance n°2416529/1 rendue le 11 juillet 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Paris a, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, enjoint au préfet de police de procéder au réexamen de la demande de titre de séjour de M. A, dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance, et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article

L. 521-4 du code de justice administrative, de modifier les mesures qu'il a ordonnées le

11 juillet 2024 pour assurer l'exécution de son ordonnance.

En ce qui concerne les conclusions de M. A tendant à la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction d'une demande de titre de séjour :

5. Il résulte de l'instruction que le préfet de police a, le 23 août 2024, soit postérieurement à l'introduction de la requête, convoqué M. A à un rendez-vous le

27 août 2024, et que lors de ce rendez-vous, une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au 26 novembre 2024 lui a été délivrée. Par suite, les conclusions de M. A tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de police de lui délivrer une telle attestation sont devenues sans objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.

En ce qui concerne les conclusions de M. A tendant au réexamen de sa demande :

6. Il ressort de l'article 2 de l'ordonnance n°2416529/1, rendue le 11 juillet 2024, qu'un délai de deux mois à compter de la notification de son ordonnance a été fixée par le juge de référés pour l'injonction faite au préfet de police de réexaminer la demande de titre de séjour de M. A. Il s'ensuit qu'en présentant une requête sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code justice administrative le 9 août 2024, soit antérieurement à l'expiration du délai fixé par le juge des référés, qui n'est au demeurant pas écoulé à la date de la présente ordonnance, M. A ne justifie pas de l'inexécution par le préfet de police de l'injonction tendant au réexamen de sa demande de titre de séjour. Dès lors, les conclusions de M. A portant sur le réexamen de sa demande de titre de séjour ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

7. M. A étant admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, son avocate peut se prévaloir des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. En application de ces dispositions et de celles de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1000 euros à Me Vi Van, sous réserve pour celle-ci de renoncer à la part contributive de l'Etat. Dans le cas où M. A ne serait pas admis à titre définitif au bénéfice de l'aide juridictionnelle, cette somme lui sera directement versée en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à la délivrance d'une attestation de prolongation de l'instruction portant autorisation de travail.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Vi Van renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, l'Etat versera à Me Vi Van, avocate de M. A, une somme de 1000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A, à Me Vi Van et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 28 août 2024.

Le juge des référés,

F. Ho Si Fat

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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