LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2421838

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2421838

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2421838
TypeDécision
PublicationC
Formation5e Section - 1re Chambre
Avocat requérantANGLIVIEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 août 2023, M. B A, représenté par Me Angliviel, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 juin 2024 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de cinq ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et, à défaut, de procéder dans le même délai d'un mois, et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, au réexamen de sa situation personnelle et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- la décision de refus de séjour est entachée d'un vice de procédure dès lors que le fichier de traitement des antécédents judiciaires a été irrégulièrement consulté, est insuffisamment motivée, est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public, méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision de refus de séjour, méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision refusant d'octroyer un délai de départ volontaire est insuffisamment motivée, est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle, et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision d'interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée, est entachée d'une incompétence négative, méconnaît l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par une décision du 11 juillet 2024 du bureau d'aide juridictionnelle, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 octobre 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Maréchal, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant marocain qui déclare être entré en France en 1990, a présenté, le 13 juin 2022, son admission au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 24 juin 2024, le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de cinq ans. M. A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ". Aux termes de l'article L. 432-1-1 du même code : " La délivrance ou le renouvellement d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être refusé à tout étranger : / () 2° Ayant commis les faits qui l'exposent à l'une des condamnations prévues aux articles 441-1 et 441-2 du code pénal ; / 3° Ayant commis les faits qui l'exposent à l'une des condamnations prévues aux articles 222-34 à 222-40, 224-1 A à 224-1 C, 225-4-1 à 225-4-4, 225-4-7, 225-5 à 225-11, 225-12-1, 225-12-2, 225-12-5 à 225-12-7, 225-13 à 225-15, au 7° de l'article 311-4 et aux articles 312-12-1 et 321-6-1 du même code ; () ".

3. Le préfet de police a refusé d'admettre au séjour M. A au motif que sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public.

4. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été condamné en 2008 à une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis, pour des faits commis en 2005, tenant à l'usage illicite de stupéfiants et à un recel de bien provenant d'un délit, et en 2010 à une peine d'un an et six mois d'emprisonnement, qui a été exécutée entre le 23 janvier 2010 et le 11 décembre 2010, pour des faits relatifs à l'usage, à la détention et au transport de stupéfiants. Ces infractions ont toutefois été commises 14 ans avant l'édiction de la décision attaquée, et il ne ressort pas des pièces du dossier, et n'est pas allégué par le préfet, que M. A aurait, depuis, été défavorablement connu par les services de police. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que le requérant s'est vu délivrer plusieurs titres de séjour postérieurement à ces condamnations. Dans ces circonstances, en l'absence de toute infraction commise depuis 14 ans, le moyen tiré de ce que le préfet de police a entaché son arrêté d'une erreur d'appréciation doit être accueilli.

5. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 24 juin 2024.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

6. Eu égard au motif d'annulation retenu, il y a lieu d'enjoindre au préfet de police, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de réexaminer la situation de M. A dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement et de le munir, dans cette attente, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours suivant cette notification. Il n'y a en revanche pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

7. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Angliviel, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à son profit de la somme de 1 000 euros.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du préfet de police du 24 juin 2024 est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de police, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de procéder au réexamen de la situation de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de le munir, dans cette attente, d'une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de cette notification.

Article 3 : L'Etat versera à Me Angliviel la somme de 1 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cet avocat renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Angliviel et au préfet de police.

Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024 à laquelle siégeaient :

M. Ho Si Fat, président,

Mme Lamarche, première conseillère,

M. Maréchal, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.

Le rapporteur,

M. MaréchalLe président,

F. Ho Si FatLa greffière,

V. Lagrède

La République mande et ordonne au préfet de police, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Décisions similaires

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2226519

Le Tribunal administratif de Paris rejette la demande indemnitaire de la société Le Quasimodo Notre-Dame, qui réclamait près de 1,74 million d'euros à l'État pour les préjudices économiques liés à l'incendie de la cathédrale. La juridiction estime que la société, exploitant un restaurant à proximité, n'était pas usagère de l'ouvrage public et n'a pas subi de dommage accidentel direct causé par celui-ci. Le jugement applique les principes de la responsabilité administrative sans faute pour dommages de travaux publics, mais les écarte en l'espèce.

02/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2312358

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête d'un agent public demandant l'annulation du refus de sa nomination à un poste d'expert juridique. Le tribunal a jugé que cette décision de rejet constituait une simple mesure d'ordre intérieur, car elle ne portait pas atteinte aux droits statutaires, à la rémunération ou aux perspectives de carrière de l'agent. Par conséquent, le recours pour excès de pouvoir a été déclaré irrecevable.

02/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2313750

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête d'un gardien de la paix contestant son placement en disponibilité d'office pour raison de santé. La juridiction a jugé la requête irrecevable car elle ne contenait aucun exposé de moyens, et ce défaut n'a pas été régularisé dans les délais. La décision s'appuie sur les dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative relatives aux conditions de saisine.

02/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2326202

Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours pour excès de pouvoir visant l'annulation d'un arrêté ministériel portant tableau d'avancement à l'échelon spécial du grade de pharmacien général de santé publique. Le tribunal a annulé l'arrêté du 18 septembre 2023, considérant que l'administration avait méconnu les conditions posées par l'article 15 du décret n° 92-1432 du 30 décembre 1992, en y inscrivant des agents ne remplissant pas les critères statutaires requis pour cet avancement. Par voie de conséquence, les décisions individuelles de nomination prises sur le fondement de ce tableau sont également illégales.

02/04/2026

← Retour aux décisions