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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2422043

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2422043

lundi 26 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2422043
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantANGLIVIEL

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris a été saisi en référé par M. B, ressortissant mauritanien, pour contester le refus implicite du préfet de police de lui délivrer un récépissé de demande de carte de résident en tant que parent d’un enfant réfugié. Après que le préfet a convoqué M. B pour lui remettre un récépissé, le requérant s’est désisté de ses conclusions à fin de suspension et d’injonction, désistement dont il a été donné acte. Le tribunal a admis M. B au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire et, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, a condamné l’État à verser 1 000 euros à son avocate, sous réserve de renonciation à la part contributive de l’État.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 août 2024, M. A B, représenté par Me Angliviel, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer un récépissé de sa demande de carte de résident ;

3°) d'enjoindre au préfet de police de le munir d'une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail dans un délai de 48 heures, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle et dire que cette somme lui sera directement versée au cas de refus d'admission à l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- la décision en litige préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation car elle fait obstacle à toute démarche d'insertion socio-professionnelle ;

- elle l'expose à une mesure de placement en vérification du droit au séjour et à une mesure d'éloignement ;

Sur le doute sérieux :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnait les articles R. 431-10, R. 431-12 et R. 431-14 du code de l'entrée et du séjour des étranges et du droit d'asile car il a présenté un dossier complet lors de son rendez-vous fixé en préfecture le 18 juin 2024 ;

- elle méconnaît les articles L. 424-1 et L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au regard de la qualité de réfugiée reconnue à sa fille ;

- elle méconnait l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, car elle maintient ses quatre enfants en bas âge dans une situation de précarité ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences.

Par un mémoire enregistré le 22 août 2024, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer.

Par un mémoire enregistré le 22 août 2024, M. B demande au juge des référés de prononcer un non-lieu quant à sa demande de suspension de la décision de refus de renouvellement d'un récépissé et déclare maintenir ses autres demandes.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

- la requête n°2422046 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Lambert pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Dekhil, greffière d'audience, Mme Lambert a lu son rapport, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant mauritanien, né le 14 juin 1983, est le père C, née le 24 août 2023, reconnue réfugiée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 28 novembre 2023. Le 6 mars 2024, M. B a sollicité une carte de résident en qualité de parent d'un enfant réfugié, qui a fait l'objet d'un refus implicite d'enregistrement, puis d'un classement sans suite le 31 mai 2024. Par une ordonnance du 12 juin 2024, le juge des référés a suspendu le refus implicite du préfet de police d'enregistrer la demande de carte de résident de M. B et lui a enjoint de procéder au réexamen de son dossier. Le 18 juin 2024, M. B a été convoqué par les services de la préfecture de police aux fins d'enregistrement de sa demande de carte de résident, sans qu'un récépissé ne lui soit délivré. M. B demande la suspension de la décision implicite de refus de délivrance d'un récépissé de dépôt de sa demande de carte de résident.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. " Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur le désistement partiel :

3. Dans ses dernières écritures, après s'être vu délivrer une convocation en préfecture pour le 22 août 2024 en vue de la remise d'un récépissé, M. B demande au juge des référés " de prononcer un non-lieu quant à la demande de suspension de la décision de refus de récépissé ". Ce faisant, le requérant doit être regardé comme se désistant de ses conclusions à fin de suspension et d'injonction. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les frais d'instance :

4. M. B est admis provisoirement admis à l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Angliviel, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Angliviel de la somme de 1 000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, cette somme sera versée à M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il est donné acte du désistement de M. B de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Angliviel renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Etat versera à Me Angliviel la somme de 1 000 euros en application des dispositions du de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Cette somme sera versée directement à M. B en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Angliviel et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de police de Paris.

La juge des référés

F. Lambert

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2422043/1

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