LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2422499

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2422499

vendredi 6 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2422499
TypeDécision
Avocat requérantNAMIGOHAR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 août 2024, le préfet de police de Paris demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, de modifier l'ordonnance n° 2414528/6 du 20 juin 2024 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Paris, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a suspendu l'exécution de sa décision du 7 mai 2024 retirant la carte de résident à M. B A et lui a enjoint de délivrer à ce dernier une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance et de réexaminer sa demande de titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de cette même date, en mettant fin à ces mesures de suspension et d'injonction.

Il soutient que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que dès le 7 mai 2024, soit avant l'ordonnance de suspension, l'arrêté de retrait prévoyait la remise concomitante d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale " valable un an, que l'intéressé a été convoqué dès le 6 mai 2024 pour le 10 juin 2024 à cet effet et que ce titre de séjour est désormais fabriqué et peut être remis à M. A en cas de fin de la suspension ordonnée, ce qui fait que la présomption d'urgence attachée au retrait de titre de séjour est renversée ;

- le moyen présenté par M. A et retenu au titre du doute sérieux par le juge des référés tiré de l'erreur de fait n'est pas fondé au vu du rapport d'enquête dressé le 11 avril 2024 dont la production constitue un élément nouveau ;

- aucun des autres moyens présentés par ce dernier tirés de l'incompétence du signataire de l'arrêté, de l'insuffisance de motivation, du défaut d'examen particulier de sa situation, du défaut de contradictoire, de la méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qui ne peut être utilement invoquée, et de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision de retrait sur sa situation personnelle et familiale ne sont pas propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision de retrait attaquée.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 28 août 2024, M. A, représenté par Me Namigohar, conclut :

1°) au rejet de la requête ;

2°) à la mise à la charge de l'Etat de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle est présumée s'agissant d'un retrait de carte de résident, que ce retrait préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation, que ni sa convocation du 10 juin 2024 ni l'arrêté de retrait ne portaient la mention de son maintien en situation régulière, qu'il ne s'est pas vu remettre une carte de séjour temporaire ou de récépissé portant la mention d'une décision favorable, mais un récépissé de demande de titre de séjour, qu'il n'a pas été informé de ce que sa carte de séjour était prêté ni convoqué en vue de se la faire remettre, que la levée de la suspension romprait la régularité de son séjour et qu'une carte de séjour temporaire aurait une incidence sur sa situation professionnelle et notamment sur ses chantiers ;

- la production par le préfet de police du procès-verbal de synthèse ne constitue pas un élément nouveau de nature à remettre en cause le moyen retenu par le juge des référés dès lors qu'il ne suffit pas à établir sa culpabilité ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision de retrait en raison de l'incompétence de son signataire, de l'insuffisance de sa motivation, du défaut de contradictoire faute qu'il ait été mis à même d'avoir accès au dossier et de se défendre en présentant des éléments en sa faveur, du défaut d'examen particulier de sa situation faute d'avoir pris en compte ses observations préalables, de l'inexactitude matérielle des faits s'agissant de l'absence de production d'observations écrites et de l'infraction aux dispositions de l'article L. 8251-1 du code du travail, de la méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision de retrait sur sa situation personnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu la requête, enregistrée sous le n° 2414146 le 1er juin 2024, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision de retrait du 7 mai 2024.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu l'ordonnance n° 2414528/6 du 20 juin 2024 du tribunal administratif de Paris.

Le président du tribunal administratif a désigné M. Delesalle comme juge des référés sur le fondement de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Delesalle, juge des référés.

A l'issue de l'audience, tenue le 28 août 2024, la clôture de l'instruction a été différée au 29 août 2024 à 17h00.

Par un mémoire complémentaire, enregistré le 29 août 2024 à 11h28, le préfet de police conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant égyptien né le 31 décembre 1966 et entré en France en1995, était en possession d'une carte de résident valable du 30 mars 2023 au 29 mars 2033, délivrée sur le fondement de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un courrier recommandé du 15 avril 2024, le préfet de police de Paris a informé M. A qu'il envisageait de procéder au retrait de sa carte de résident. Par une décision du 7 mai 2024, le préfet de police a retiré la carte de résident de M. A, sur le fondement de l'article L. 432-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une ordonnance n° 2414528/6 du 20 juin 2024, le juge des référés du tribunal, saisi par M. A sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a, à l'article 1er, suspendu l'exécution de la décision du 7 mai 2024 et, à l'article 2, enjoint au préfet de police de délivrer à M. A une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de son ordonnance et de réexaminer sa demande de titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de cette même date. Le préfet de police demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, de supprimer les mesures de suspension et d'injonction ordonnées le 20 juin 2024.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 521-4 du même code : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ". La seule circonstance que les éléments produits devant le juge des référés auraient déjà été à la disposition de la personne intéressée lors de l'instruction de la demande de suspension et qu'ils n'auraient pas été invoqués en temps utile ne fait pas obstacle à ce qu'ils soient invoqués ultérieurement au soutien d'une demande présentée sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative tendant à ce que le juge des référés mette fin à la suspension ordonnée antérieurement.

3. Aux termes de l'article L. 432-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout employeur titulaire d'une carte de résident peut se la voir retirer s'il a occupé un travailleur étranger en violation des dispositions de l'article L. 8251-1 du code du travail ".

4. Pour retirer sa carte de résident à M. A, sur le fondement de ces dispositions, le préfet de police s'est fondé, dans sa décision du 7 mai 2024, sur la circonstance que le 9 avril 2024, le chantier de rénovation d'un immeuble situé aux 24 et 26 de la rue Saint-Dominique à Paris avait été contrôlé dans le cadre de la lutte contre le travail illégal, et qu'il y avait été constaté que travaillaient au sein de ce chantier, pour la SARL T.C.D. dont M. A est le gérant de droit, six employés de nationalité étrangère démunis d'une autorisation de travail et en situation irrégulière au regard du séjour. Pour prononcer la suspension de l'exécution de cette décision, le juge des référés, a estimé que le moyen tiré de l'erreur de fait quant à la circonstance que la SARL T.C.D. avait travaillé sur le chantier de rénovation contrôlé était propre à créer un doute sérieux quant à sa légalité dès lors que M. A produisait une attestation établie par la société Gecina, indiquant que l'entreprise travaillant sur ce chantier était l'entreprise Legendre Île-de-France, et qu'il n'avait jamais avoir reçu d'information ou de demande d'information de l'URSSAF ou du préfet de police avant le 15 avril 2024, et ne pas avoir été informé du nom des salariés en situation irrégulière qu'il aurait employés, sans que le préfet de police ne produit d'élément de nature à établir la réalité des circonstances invoquées. Le préfet de police, qui n'avait pas présenté de défense devant le juge du référé-suspension, fait valoir dans la présente instance que la société dont M. A est le gérant a été identifiée comme participant au chantier sur lequel des salariés non titulaires d'un droit au séjour et au travail étaient présents en produisant le rapport d'enquête du 11 avril 2024 établi par le département de lutte contre la criminalité organisée. Cet élément nouveau n'est pas sérieusement contesté par M. A. Dans ces conditions, en l'état de l'instruction, le moyen tiré de l'erreur de fait retenu par le juge des référés n'est plus de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

5. Par ailleurs, en l'état de l'instruction, aucun des autres moyens présentés par M. A et tirés de l'incompétence du signataire de la décision, de l'insuffisance de sa motivation, du défaut de contradictoire faute qu'il ait été mis à même d'avoir accès au dossier et de se défendre en présentant des éléments en sa faveur, du défaut d'examen particulier de sa situation faute d'avoir pris en compte ses observations préalables, de l'inexactitude matérielle des faits s'agissant de l'absence de production d'observations écrites et de l'infraction aux dispositions de l'article L. 8251-1 du code du travail, de la méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision de retrait sur sa situation personnelle n'est davantage de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

6. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner à nouveau la condition d'urgence, il y a lieu de mettre fin aux effets de l'ordonnance n° 2414528/6 du 20 juin 2024 du juge des référés.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, une somme au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.

O R D O N N E

Article 1er : Il est mis fin aux effets de l'ordonnance n° 2414528/6 du 20 juin 2024 prononcée par le juge des référés du tribunal administratif de Paris.

Article 2 : Les conclusions de M. A présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à M. B A.

Copie en sera adressée au préfet de police Paris.

Fait à Paris, le 6 septembre 2024.

Le juge des référés,

H. Delesalle

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2/6

← Retour aux décisions