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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2422602

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2422602

jeudi 12 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2422602
TypeDécision
Avocat requérantMESUROLLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 août 2024, Mme B A, représentée par Me Mesurolle, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 25 juin 2024 par laquelle le directeur territorial de Paris de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a pris à son encontre une décision de cessation des conditions matérielles d'accueil ;

3°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII, à titre principal, de la rétablir dans le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de dix jours à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, d'enjoindre à cette même autorité administrative de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'OFFI une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi de 1991 relative à l'aide juridique, à verser à Me Mesurolle, cette dernière renonçant le cas échéant à percevoir la part contributive de l'aide juridictionnelle ou en cas de refus de l'octroi du bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre définitif à Mme A personnellement sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur l'urgence :

- elle est remplie dès lors que la décision place la requérante dans une situation d'extrême précarité économique renforcée par sa condition de mère célibataire avec un enfant mineur à charge ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure tiré de l'absence d'examen de vulnérabilité de l'intéressé ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L.551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 septembre 2024, le directeur général de l'OFFI conclut au rejet de la requête.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 24 août 2024 sous le n° 2422577 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Maurice, greffier d'audience, M. C a lu son rapport et entendu :

-les observations de Me Mesurolle, représentant Mme. A

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante guinéenne née le 6 janvier 2002, a sollicité le bénéfice de l'asile le 1er aout 2023. Le 4 aout 2023, la requérante a accepté l'offre de prise en charge au titre du dispositif national d'accueil. Par la suite, Mme. A a été déclarée en fuite par une décision du préfet de police du 9 février 2024 et l'OFFI a prononcé à son encontre une décision de cessation des conditions matérielles le 25 juin 2024. Par la présente requête, Mme A demande la suspension de l'exécution de cette décision.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ".

3. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de Mme A.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et qu'aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () " ; qu'enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. " ;

5. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par Mme. A et mentionnés dans les visas de la présente ordonnance, ne paraît de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 25 juin 2024, par laquelle le directeur territorial de Paris de l'OFFI a prononcé une décision de cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, les conclusions de Mme A à fin de suspension de l'exécution de la décision contestée doivent être rejetées.

6. Au demeurant, il appartiendra à Mme A, si elle s'y croit fondée, de saisir à nouveau le juge de l'urgence dès lors que le contentieux portant sur la décision de placement en fuite et de prolongation du délai transfert aura été définitivement purgé.

7. La présente ordonnance n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions de la requête aux fins d'injonction et d'astreinte ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme A est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de Mme A est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A, au directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Mesurolle.

Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.

Fait à Paris, 12 septembre 2024.

Le juge des référés,

J-F.C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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