LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2422710

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2422710

lundi 16 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2422710
TypeDécision
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 août 2024, Mme C D, représentée par Me de Sèze, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police de Paris a rejeté implicitement sa demande de carte de résident en qualité de parent d'enfant reconnu réfugié ;

3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer à titre provisoire une carte de résident ou, à défaut, de réexaminer sa demande et de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction avec autorisation de travail, dans un délai de dix jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, qui sera versée à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- l'urgence est caractérisée dès lors qu'elle se trouve en situation irrégulière, sans document permettant d'attester de sa régularité sur le territoire français, et ce malgré sa qualité de parent d'enfant reconnu réfugié, ce qui notamment l'expose à une retenue administrative, qu'elle se trouve en grande précarité matérielle, étant dépourvue de ressources faute de pouvoir travailler ou de bénéficier de prestations sociales et ne pouvant déposer de dossier de demande de logement social alors qu'elle est hébergée dans des conditions instables et insuffisantes, et qu'elle subit cette situation depuis une durée anormalement longue sans bénéficier d'aucun récépissé ou d'aucune attestation de prolongation d'instruction ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors qu'elle est entachée d'erreur de droit au regard des articles L. 424-1 et L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les stipulations des articles 23 et 24 de la convention de Genève et est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 septembre 2024, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est dirigée contre une décision qui n'existe pas dans la mesure où la demande de Mme D est toujours en cours d'instruction ;

- la condition d'urgence n'est pas remplie dans la mesure où la demande de Mme D est toujours en cours d'instruction ;

- aucun des moyens invoqués n'est pas propre en l'état de l'instruction à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2422711 enregistrée le 26 août 2024 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif a désigné M. Delesalle comme juge des référés sur le fondement de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Delesalle, juge des référés ;

- les observations de Me de Sèze, avocat de Mme D, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens et soutient, en outre, que sa requête est recevable dès lors que la circonstance que sa demande soit toujours en cours d'instruction ne fait pas obstacle à l'intervention d'une décision implicite de rejet du fait de l'expiration d'un délai de quatre mois depuis le dépôt de sa demande de titre de séjour dont le dossier était complet, la demande de document faite le 2 août 2024 n'étant destinée qu'à actualiser son justificatif de domicile, et que la condition d'urgence continue d'être remplie en dépit du rendez-vous qui lui a été donné et qui n'a que pour objet la prise de ses empreintes, et non la délivrance d'un récépissé ou d'une attestation de prolongation d'instruction.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique du 10 septembre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, ressortissante ivoirienne née le 24 juin 1989, est entrée en France à une date non précisée. Sa fille, Mme A B, née le 22 juin 2022, s'est vu reconnaître la qualité de réfugiée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 26 décembre 2022. Le 11 décembre 2023, Mme D a sollicité auprès du préfet de police la délivrance d'une carte de résident en qualité de parent d'un enfant reconnu réfugié sur le fondement de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par la présente requête, Mme D demande la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement rejeté sa demande.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. " Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de Mme D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

En ce qui concerne la fin de non-recevoir oppose par le préfet de police :

4. Aux termes de l'article R.* 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.* 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois () ".

5. Il résulte de l'instruction que Mme D a déposé une demande de titre de séjour le 11 décembre 2023 sans qu'il n'en résulte et ne soit allégué en défense que son dossier aurait été incomplet. En vertu des dispositions des articles R.* 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une décision implicite de rejet est réputée être intervenue le 11 avril 2024, à l'expiration d'un délai de quatre mois, quand bien même sa demande fait toujours l'objet d'une instruction par les services préfectoraux ainsi que cela résulte de sa convocation pour le 13 septembre 2024 en vue de la prise de ses empreintes. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'absence de décision attaquée doit être écartée.

En ce qui concerne l'urgence :

6. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence est en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre donnant droit au séjour, comme d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

7. Pour justifier de l'urgence à obtenir la suspension de la décision implicite de rejet de sa demande de carte de résident, Mme D se prévaut de ce qu'elle se trouve en situation irrégulière, sans document permettant d'attester de sa régularité sur le territoire français, et ce malgré sa qualité de parent d'enfant reconnu réfugié, ce qui l'expose à une retenue administrative, que cette situation porte préjudice à sa fille mineure réfugiée, qui ne peut jouir des droits attachés à sa qualité de réfugié. Elle se prévaut également de sa précarité matérielle, dès lors qu'elle ne bénéficie d'aucune ressource faute de pouvoir travailler ou de bénéficier de prestations sociales, alors qu'elle devrait bénéficier d'une autorisation de travail, et qu'elle ne peut pas déposer de dossier de demande de logement social, en l'absence de séjour régulier, et est hébergée chez une connaissance de façon temporaire dans un logement inadapté. Enfin, elle se prévaut de la durée anormalement longue depuis laquelle elle est placée dans cette situation, sans bénéficier d'aucun récépissé ou d'aucune attestation de prolongation d'instruction. Toutefois, ces seules considérations hypothétiques ou d'ordre général, alors que la requérante ne justifie notamment d'aucune perspective d'emploi particulière et est actuellement hébergée chez un tiers et parvient depuis plusieurs mois à subvenir aux besoins de sa famille, sans que les droits attachés à la qualité de réfugiée de sa fille ne soient affectés, ne sont pas de nature à établir que la décision attaquée porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à sa situation. Au surplus, elle s'est vu délivrer une convocation en préfecture pour le 13 septembre 2024 afin de prendre ses empreintes digitales, ce qui est de nature à laisser penser que sa demande aboutira à bref délai. Compte tenu de l'ensemble de ses circonstances, la condition d'urgence exigée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

8. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, que les conclusions aux fins de suspension présentées par Mme D doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme D est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C D, à Me de Sèze et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de police de Paris.

Fait à Paris, le 16 septembre 2024.

Le juge des référés,

H. Delesalle

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2/6

← Retour aux décisions