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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2422949

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2422949

mardi 10 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2422949
TypeOrdonnance
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 août 2024 et des pièces, enregistrées les

6 et 9 septembre 2024, Mme B, représentée par Me Charroux, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 19 juin 2024, par lequel le préfet de police lui a refusé le renouvellement du titre de séjour jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer provisoirement une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail lui permettant d'effectuer son alternance, dans l'attente de la décision au fond et de la régularisation de sa situation, dans un délai de

quarante-huit heures et sous astreinte de 150 € par jour de retard, ou, à défaut, d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail lui permettant d'effectuer son alternance dans l'attente de la décision au fond et de la régularisation de sa situation, dans un délai de quarante-huit heures et sous astreinte de 150 € par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2.000 euros à verser à Me Charroux, au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, Me Charroux renonçant dans ce cas à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle et si

Mme B n'était pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat, la somme de 2.000 euros à lui verser au titre de frais irrépétibles au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur l'urgence :

- elle a présenté une demande de renouvellement de titre de séjour, le refus qui lui a été opposé le 19 juin 2024 crée une situation d'urgence présumée ;

- ce refus porte une atteinte grave et immédiate à sa situation ;

- elle risque de perdre son emploi, ainsi que le bénéfice de son inscription en alternance ;

Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision :

- la décision de refus de renouvellement du titre n'est pas motivée ;

- sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen personnel ;

- son droit à être entendue a été méconnu ;

- le refus qui lui a été opposé est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision de refus méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La requête a été communiquée au préfet de police qui n'a pas présenté d'observations en défense.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 30 juillet 2024 sous le numéro 2420788 par laquelle

Mme B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Hermann Jager, vice-présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Rahmouni, greffière d'audience, Mme Hermann Jager a lu son rapport et entendu :

- Me Charroux, pour la requérante, en ses observations, reprenant ses écritures ;

- Me Floret, substituant Me Tomasi, pour le préfet de police, faisant valoir l'absence de justificatif de l'urgence et l'absence de doute sérieux sur la légalité de l'arrêté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante brésilienne, née le 12 juin 1997, entrée en France en 2028, sous visa de long séjour, pour effectuer des études supérieures, s'est vu refuser par un arrêté du 19 juin 2024, le renouvellement de son titre de séjour mention " étudiant ". Elle demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision de refus de renouvellement.

Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. " ;

4. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

5. Mme B justifie de l'existence d'une situation d'urgence, le refus de renouvellement de son titre de séjour étant de nature à l'empêcher de suivre, en l'absence de possession d'un titre de séjour, la formation en alternance, débutant le 16 septembre 2024, dans le cadre d'un contrat d'apprentissage, à laquelle elle s'est inscrite au titre de son cursus universitaire. Toutefois, en l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par la requérante n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées, ainsi de par voie de conséquence, l'ensemble de ses autres conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 10 septembre 2024 .

La juge des référés,

V. Hermann Jager

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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