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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2423101

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2423101

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2423101
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantHUBERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 août 2024, M. B A, représenté par Me Hubert, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521- 4 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de modifier l'injonction prononcée par l'article 3 de l'ordonnance n° 2327132 du juge des référés en date du 06 décembre 2023, par une injonction de procéder au réexamen de sa situation et, dans l'attente de cet examen, de le munir d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de 48h, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la requête au fond ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil qui s'engage dans ce cas à renoncer à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, cette somme lui sera directement versée par l'Etat.

M. A soutient que l'ordonnance n° 2327132 du juge des référés du 6 décembre 2023 n'a pas été exécutée et que, si dans le cadre d'une instance ayant donné lieu à une ordonnance de non-lieu du juge des référés n°2402108/1-2 du 9 février 2024, saisi sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, il lui a été délivré une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au 31 juillet 2024, celle-ci n'a pas été renouvelée malgré de multiples relances, ce qui l'expose à une mesure d'éloignement et met en péril la continuité de ses études.

Le préfet de police a produit des pièces enregistrées le 9 septembre 2024.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance n°2327132 du 6 décembre 2023 du juge des référés du tribunal administratif de Paris ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Rohmer, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 10 septembre 2024, en présence de Mme Gaonach-Née, greffière d'audience, M. Rohmer a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Hubert pour M. A ;

- les observations de Me Floret pour le préfet de police.

Considérant ce qui suit :

1. Par une ordonnance n° 2327132 du 6 décembre 2023, la juge des référés du tribunal administratif de Paris, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a suspendu l'exécution de la décision du 31 juillet 2023 par laquelle le préfet de police a décidé de refuser de délivrer un titre de séjour à M. A, ressortissant malien, né le 19 août 2004, et a enjoint à cette autorité de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Par la requête susvisée, il demande de modifier cette injonction en enjoignant au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de 48 heures sous astreinte de 500 euros par jour de retard.

Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans

les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par

la juridiction compétente ou son président () ".

3. Il y a lieu, dans les circonstances d'espèce, d'admettre provisoirement M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision.". Aux termes de l'article L. 521-4 du même code : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".

5. Il résulte de l'instruction, notamment du dossier AGDREF de M. A produit en défense, que le préfet de police a décidé le 13 mai 2024 de classer sans suite la demande de M. A en raison de documents jugés " inexploitables ". Par suite, sans préjudice de la possibilité pour M. A de contester cette décision s'il s'y croit fondé, l'ordonnance n° 2327132 du 6 décembre 2023 de la juge des référés doit être regardée comme ayant été exécutée avant l'introduction de la requête susvisée. Par suite, la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Hubert et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 17 septembre 2024.

Le juge des référés,

B. ROHMER

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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