LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2423135

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2423135

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2423135
TypeDécision
Avocat requérantFALALA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 août 2024, et un mémoire complémentaire, enregistré le 9 septembre 2024, Mme D B A demande au juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 4 juin 2024 par laquelle le directeur général des services de la mairie du 16ème arrondissement de Paris a rejeté sa demande de dérogation scolaire pour l'année scolaire 2024-2025 tendant à ce que son fils F C B soit scolarisé dans l'école élémentaire située 130 rue de Longchamp dans le 16ème arrondissement de Paris ;

2°) de prononcer des sanctions, des blâmes, des avertissements et l'inéligibilité électorale à l'encontre du maire du 16ème arrondissement de Paris et de l'élu en charge des affaires scolaires ;

3°) de vérifier que son fils disposera d'un accompagnant d'élèves en situation de handicap (AESH) ;

4°) de condamner le maire du 16ème arrondissement de Paris au paiement d'une somme en réparation des préjudices subis.

Elle soutient que :

Sur l'urgence :

- l'urgence est établie dès lors la décision en litige affectera de manière particulièrement grave l'intérêt supérieur et l'équilibre de son fils handicapé de six ans.

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- la décision est entachée d'un défaut d'examen particulier dès lors que la mairie du 16ème arrondissement n'a pas pris en compte la décision de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de Paris du 11 octobre 2023 reconnaissant à son fils un taux d'incapacité compris entre 50 et 79% ni celle du 26 septembre 2023 lui attribuant une aide humaine individuelle aux élèves handicapées du 1er septembre 2023 au 31 août 2025 ;

- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors que son fils justifie d'une raison médicale pour obtenir la dérogation ;

- elle méconnaît les dispositions de la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que la mairie du 16ème arrondissement ne pouvait conditionner l'acceptation de sa demande à l'attribution d'un AESH ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle et celle de son fils.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2024, la maire de Paris, représentée par Me Falala conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie ;

- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Par un mémoire, enregistré le 9 septembre 2024 à 10 heures 57, le recteur de l'académie de Paris, recteur de la région académique d'Ile-de-France, chancelier des universités de Paris et d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 2 juillet 2024 sous le n° 2417937 par laquelle Mme B A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. E pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 9 septembre 2024 en présence de Mme Pochot, greffière d'audience, M. E a lu son rapport et entendu :

- les observations de Mme B A, qui expose, en particulier, que l'enseignement du chinois n'est pas dispensé dans l'établissement dans lequel son fils est actuellement inscrit et que ce dernier participera, s'il est réinscrit à l'école Longchamp dans laquelle il a effectué sa scolarité pré-élémentaire, à la sélection au cours élémentaire première année en vue de son admission à l'enseignement du chinois.

- les observations de Me Falala, pour la Ville de Paris, qui fait valoir que la condition d'urgence n'est pas satisfaite dès lors que la requérante dispose de deux solutions d'instruction - en famille ou à l'école Boissière ; que le nombre de personnels constituant l'équipe " d'aides humaines aux élèves handicapés " est plus important dans cette école que dans celle pour laquelle la dérogation sollicitée a été rejetée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

Sur les conclusions tendant au prononcé d'une sanction :

2. Il résulte des dispositions citées au point précédent qu'il n'appartient pas au juge des référés de prononcer des sanctions contre un maire ou des élus. Par suite, les conclusions tendant au prononcé de sanctions, blâmes, avertissements et de l'inéligibilité électorale présentées par Mme B A sont manifestement irrecevables et doivent être rejetées.

Sur les conclusions tendant à ce que le juge vérifie que le fils de Mme B A disposera d'un accompagnant d'élève en situation de handicap (AESH) :

3. Il n'appartient pas au juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de procéder aux vérifications et contrôles demandés par Mme B A. Les conclusions présentées à ce titre par Mme B A tendant à ce que le tribunal vérifie que son fils disposera d'un AESH sont ainsi manifestement irrecevables et doivent être également rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

4. Il n'appartient pas au juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de condamner une personne publique ou privée chargée de la gestion d'un service public au versement d'indemnités en réparation de préjudices. Les conclusions présentées à ce titre par Mme B A sont elles aussi manifestement irrecevables et doivent être rejetées.

Sur les conclusions tendant à la suspension de la décision du 4 juin 2024 rejetant la demande de dérogation scolaire :

En ce qui concerne l'urgence :

5. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient ainsi au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

6. Pour justifier l'urgence Mme B A fait valoir que la décision en litige affectera de manière particulièrement grave l'équilibre de son fils handicapé âgé de six ans. Il résulte de l'instruction que le handicap de l'enfant mineur de la requérante a été reconnu avec un taux d'incapacité compris entre 50 et 79% par une décision du 11 octobre 2023 de la maison départementale des personnes handicapées de Paris (MDPH). En outre, par un courrier du 2 avril 2024, le médecin spécialiste, professeur de l'hôpital Necker - enfants malades, assurant la prise en charge médical de cet enfant recommande que ce dernier " puisse bénéficier d'un environnement sécurisant, ce qui serait le cas s'il pouvait poursuivre sa scolarité dans sa même école, avec ses amis mais aussi des membres du personnel qu'il connaît déjà ". Pour contester l'urgence la Ville de Paris fait valoir que l'enfant est inscrit dans une autre école élémentaire de l'arrondissement et que la requérante dispose, à sa demande, d'une autorisation de lui donner l'instruction dans la famille. En outre, elle fait valoir que le nombre d'accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) est plus important dans cette autre école que dans celle pour laquelle la demande de dérogation a été rejetée par la décision attaquée. Toutefois, d'une part, l'école dans laquelle le fils de la requérante est inscrit ne propose pas d'enseignement du chinois, d'autre part, comme il est rappelé à l'article D. 351-4 du code de l'éducation " Le parcours de formation de l'élève s'effectue en priorité en milieu scolaire ordinaire () " et Mme B A a très clairement manifester à l'audience sa préférence sans réserve pour la poursuite de la scolarité de son fils à l'école élémentaire. Enfin, il résulte des écritures du recteur de l'académie de Paris qu'en conformité avec l'article L. 112-1 du code de l'éducation, " les services académiques mettront tout en œuvre pour que l'élève F C B puisse bénéficier, indépendamment de l'école retenue par le Maire, d'une aide humaine individualisée à hauteur de 20h par semaine ". Dans ces conditions, et alors que la rentrée scolaire est intervenue trois jours avant l'enregistrement de la requête et à la date de l'ordonnance depuis quatorze jours, la requérante justifie suffisamment de la condition d'urgence requise par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :

7. Mme B A a adressé une demande de dérogation scolaire le 4 avril 2024 à la mairie du 16ème arrondissement de Paris afin que son fils F puisse continuer sa scolarité à l'école élémentaire Longchamp où il avait déjà effectué l'ensemble du cycle pré-élémentaire. Le maire du 16ème arrondissement de Paris a rejeté par sa décision du 4 juin 2024 la demande au motif notamment de l'absence de raison médicale. Toutefois, il résulte de l'instruction que la requérante a joint sa demande de dérogation sur laquelle est intervenue la décision contestée le courrier établi le 2 avril 2024 par le médecin spécialiste, courrier mentionné au point 6 et, comme il a été précisé à ce même point, le handicap du fils mineur de Mme B A a été reconnu par une décision de la MDPH. Ainsi, en l'état de l'instruction le moyen tiré de ce que la décision est entachée d'un défaut d'examen particulier est propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à sa légalité.

8. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que les deux conditions auxquelles l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonne la suspension de l'exécution d'une décision administrative sont satisfaites. Il y a lieu, par suite, de suspendre l'exécution de la décision du 4 juin 2024 par laquelle le maire du 16ème arrondissement de Paris a rejeté la demande de dérogation scolaire pour l'année scolaire 2024-2025 tendant à ce que le fils de Mme B A, soit scolarisé dans l'école élémentaire située 130 rue de Longchamp dans le 16ème arrondissement de Paris jusqu'à ce qu'il soit statué au fond. Cette suspension implique nécessairement qu'il soit enjoint, à titre provisoire et conservatoire, à la maire de Paris de faire procéder au réexamen de la demande de dérogation de Mme B A, dans le délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance.

O R D O N N E :

Article 1er : La décision du 4 juin 2024 par laquelle la mairie du 16ème arrondissement de Paris a rejeté la demande de dérogation scolaire pour l'année scolaire 2024-2025 tendant à ce que le fils de Mme B A, M. F C B, soit scolarisé dans l'école élémentaire située 130 rue de Longchamp dans le 16ème arrondissement de Paris est suspendue.

Article 2 : Il est enjoint, à titre provisoire et conservatoire, à la maire de Paris de faire procéder au réexamen de la demande de dérogation de Mme B A, dans le délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B A est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D B A, à la maire de Paris et au recteur de l'académie de Paris, recteur de la région académique d'Ile-de-France, chancelier des universités de Paris et d'Ile-de-France.

Copie en sera adressée au maire du 16ème arrondissement de Paris.

Fait à Paris, le 17 septembre 2024.

Le juge des référés,

J.-F. E

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2/

← Retour aux décisions