mardi 10 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2423213 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | DIALLO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 août 2024, Mme A E, représentée par Me Diallo, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article
L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 23 juillet 2024 par laquelle le préfet de police de Paris a clôturé sa demande de changement de statut d'un titre de séjour portant la mention " étudiant " vers une carte de résident, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de procéder à l'instruction de sa demande, sans délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- elle a sollicité, le 14 juillet 2024, un changement de statut d'un titre de séjour " étudiant " vers une carte de résident en qualité d'enfant étranger d'un ressortissant français ; au-delà du
25 septembre 2024, date à laquelle expire son titre de séjour actuel, elle risque de perdre tout droit au séjour et la promesse d'être embauchée en contrat d'alternance par la société Ras Garibaldi, alors que son dossier de demande était complet ;
Sur le doute sérieux :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions et stipulations de l'article L. 423-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la convention de la Haye du 29 mai 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale ;
- elle est entachée d'une inexactitude matérielle des faits ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée de détournement de pouvoir ;
Vu :
- les autres pièces du dossier.
- la requête enregistrée le 31 août 2024 sous le numéro 2423215 par laquelle Mme E demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention de La Haye sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale du 29 mai 1993 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code général des impôts ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Truilhé, président de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E, ressortissante congolaise née le 13 avril 1997, a sollicité, le
14 juillet 2024, un changement de statut d'un titre de séjour " étudiant ", valable du
26 septembre 2023 au 25 septembre 2024, vers une carte de résident, sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une décision du 23 juillet suivant, le préfet de police de Paris a clôturé sa demande. Par la présente requête, elle demande au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "
3. Aux termes de l'article L. 423-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " S'il est âgé de dix-huit à vingt et un ans, ou qu'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, ou qu'il est à la charge de ses parents, l'enfant étranger d'un ressortissant français se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans sous réserve de la production du visa de long séjour prévu au 1° de l'article L. 411-1 et de la régularité du séjour. Pour l'application du premier alinéa, la filiation s'entend de la filiation légalement établie, y compris en vertu d'une décision d'adoption, sous réserve de la vérification par le ministère public de la régularité de cette décision lorsqu'elle a été prononcée à l'étranger. ".
4. Aux termes de l'article 6 du code général des impôts : " () 3. Toute personne majeure âgée de moins de vingt et un ans, ou de moins de vingt-cinq ans lorsqu'elle poursuit ses études, ou, quel que soit son âge, lorsqu'elle effectue son service militaire ou est atteinte d'une infirmité, peut opter, dans le délai de déclaration et sous réserve des dispositions du quatrième alinéa du 2° du II de l'article 156, entre : / 1° L'imposition de ses revenus dans les conditions de droit commun ; / 2° Le rattachement au foyer fiscal dont elle faisait partie avant sa majorité, si le contribuable auquel elle se rattache accepte ce rattachement et inclut dans son revenu imposable les revenus perçus pendant l'année entière par cette personne () ". Aux termes de l'article 175 du même code : " Les déclarations doivent parvenir à l'administration au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er avril. Ce délai peut être prorogé chaque année selon un calendrier et des modalités fixés par l'administration et publiés sur son site internet, sans que la date limite de dépôt qui en résulte ne puisse être postérieure au 1er juillet. Dans la limite de cette dernière date, des prorogations particulières de délai peuvent être prévues pour les déclarations souscrites par voie électronique en application de l'article 1649 quater B ter ou pour des contribuables soumis à des modalités déclaratives particulières. La déclaration des sommes versées ou distribuées dans les conditions mentionnées à l'article 1759 est faite en même temps que celle relative à l'impôt sur les sociétés prévu au chapitre II du présent titre ".
5. Pour clôturer la demande de carte de résident de Mme E en qualité d'enfant étranger d'un ressortissant français, la décision litigieuse du 23 juillet 2024 relève que la requérante ne remplit pas les conditions requises pour se voir délivrer le titre sollicité.
6. En l'espèce, aucun des moyens susvisés de la requête de Mme E n'est propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, dès lors que la requérante, âgée de plus de 25 ans à la date de la décision attaquée, adoptée par M. C B, ressortissant français, en vertu d'un jugement du 19 avril 2023 du tribunal d'instance de Poto-Poto Moungali à Brazzaville en République du Congo, n'établit ni n'allègue être rattachée au foyer fiscal de son père adoptif, en application des dispositions précitées de l'article 6 du code général des impôts, et n'établit pas davantage, par les pièces produites en l'instance, qu'elle était effectivement à la charge de son père adoptif à la date de la décision contestée, alors au surplus qu'elle joint à sa requête une promesse d'embauche à compter du
26 août 2024 pour un emploi de chargée de gestion des ressources humaines, correspondant à un poste et à une rémunération de cadre.
7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence, que la requête de Mme E doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A E, à Me Diallo et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie au préfet de police.
Fait à Paris, le 10 septembre 2024.
Le juge des référés,
J. TRUILHÉ
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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