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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2423472

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2423472

mardi 10 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2423472
TypeOrdonnance
Avocat requérantBEN-SAADI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Ben-Saadi, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision du 12 juillet 2024 par lequel le préfet de police de Paris a refusé de renouveler son titre de séjour pluriannuel, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité ;

3°) d'enjoindre au préfet de police de procéder au réexamen de sa situation administrative et de lui délivrer, sans délai, un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour lui permettant de travailler ou une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil au titre des articles L 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- cette condition se présume s'agissant d'un refus de renouvellement de titre de séjour et dès lors qu'il se retrouve en situation d'extrême précarité administrative et économique, faute de pouvoir poursuivre son activité professionnelle de livreur auprès de la société Uber Eats ou d'être par ailleurs embauché.

Sur le doute sérieux :

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente, faute pour son auteur de justifier d'une délégation de signature régulière ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les articles L. 433-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il continue à remplir les conditions requises pour bénéficier du titre de séjour sollicité ;

- elle est entachée d'une erreur de fait, dès lors que le préfet ne démontre pas la réalité des faits reprochés, et d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public, car les faits reprochés remontent à 2020 et n'ont pas été réitérés ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

- la requête enregistrée le 23 juillet 2024 sous le numéro 2420171 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Truilhé, président de section, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant pakistanais né le 13 mai 1974 et entré en France, selon ses dires, le 15 septembre 1997, a sollicité le renouvellement de son titre de séjour pluriannuel portant la mention " vie privée et familiale " valable du 4 janvier 2021 au 3 janvier 2023 et a été mis en possession de récépissés. Par un arrêté du 12 juillet 2024, pris au vu de l'avis favorable de la commission du titre de séjour qui s'est tenue le 13 mai 2024, le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour pendant 5 ans. Par la présente requêté, l'intéressé demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision de refus de renouvellement de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

4. Pour justifier l'urgence, M. A fait valoir que cette condition se présume s'agissant d'un refus de renouvellement de titre de séjour. Il soutient en outre qu'il se retrouve en situation d'extrême précarité administrative et économique, faute de pouvoir poursuivre son activité professionnelle ou de pouvoir être embauché. Toutefois, il est constant que l'examen de la requête aux fins d'annulation de la décision contestée est inscrit à une audience du tribunal de céans du

4 décembre 2024 à 11 heures. En outre, M. A n'a saisi le juge du référé-suspension que le

3 septembre 2024, soit près d'un mois et demi après la notification de la décision contestée. L'observation d'un tel délai paraît contradictoire avec la situation d'urgence invoquée. Par suite, eu égard à la proximité de l'audience au fond et alors que le requérant n'établit pas, par les pièces produites, l'urgence à ce que le juge statue à bref délai, la condition d'urgence ne peut, dans les circonstances particulières de l'espèce, être regardée comme remplie.

5. Il y a lieu, par suite, de rejeter la requête de M. A, en toutes ses conclusions, y compris celles tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Ben-Saadi.

Fait à Paris, le 10 septembre 2024.

Le juge des référés,

J. C. Truilhé

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre

les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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