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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2423522

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2423522

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2423522
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantCABINET MATUCHANSKY, POUPOT, VALDELIEVRE, RAMEIX (SCP)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 et 12 septembre 2024 sous le n° 2423522, l'association Nice Futsal Club, représentée par Me Perdereau, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 4 juillet 2024 par laquelle la commission supérieure d'appel de la Fédération française de football (FFF) a confirmé la décision de la commission fédérale des règlement et contentieux de la FFF du 14 juin 2024 donnant match perdu par pénalité au profit de l'Olympique Lyonnais (OL) pour les matchs de barrage des 1er et 8 juin 2024 en raison de la participation du joueur B A, soupçonné d'avoir produit un faux certificat médical lors de sa demande de licence ;

2°) d'enjoindre à la FFF de réintégrer le Nice Futsal Club en D2 futsal, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la FFF une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'urgence :

- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors que la décision attaquée interdit à l'équipe première de l'association requérante d'accéder en division supérieure (D2) et, par voie de conséquence, à son équipe réserve d'accéder en Régional 1, deux équipes d'un même club ne pouvant participer au même championnat ; de ce fait, les sponsors et donateurs, ainsi que des bénévoles, qui s'étaient manifestés pour accompagner l'équipe première dans le championnat de niveau national se sont désengagés ;

- le championnat de D2 futsal débute le 12 octobre 2024 et celui de R1 le 7 octobre 2024 ; par ailleurs, aucun intérêt public ne s'oppose à la réintégration de l'équipe requérante en D2 futsal dans la mesure où l'une des poules de ce championnat ne compte que huit équipes et que la réintégration de l'association requérante n'impliquerait même pas nécessairement le retrait de l'OL.

En ce qui concerne le doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :

- elle est entachée d'une erreur de fait en l'absence de caractérisation du faux certificat médical ;

- le faux certificat médical ne saurait être imputé au Nice Futsal Club et à ses dirigeants sans méconnaître le principe de personnalité des peines et la décision est entachée d'une erreur d'appréciation ;

- elle est entachée d'une méconnaissance des articles 3.3.2.1 et 3.3.2.2 du règlement disciplinaire de la FFF dès lors que M. B A n'a pas été mis en cause devant la CRFC et qu'un instructeur n'a pas été désigné.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 septembre 2024, la Fédération Française de Football (FFF), représentée par la SARL Matuchansky, Poupot, Valdelièvre, Rameix conclut :

1°) à titre principal, au non-lieu à statuer ;

2°) à titre subsidiaire, au rejet de la requête ;

3°) à la mise à la charge de l'association Nice Futsal Club la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- il n'y a plus lieu de statuer sur la requête dès lors que le championnat de R1 a déjà débuté ;

- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que la décision attaquée n'est pas seule à faire obstacle à l'accession du club en championnat D2 de futsal, une autre décision du CSA du même jour confirmant la mise hors compétition de l'équipe première du Nice FC faisant également obstacle à cette accession et la sanction du retrait de 15 points prononcée par la décision de la CFRC du 3 juillet 2024 interdisait à l'association requérante de participer aux matchs de barrage de la phase d'accession interrégionale en D2 ; par ailleurs, l'association requérante ne démontre pas que la décision litigieuse lui préjudicie de manière suffisamment grave et certaine ; enfin, la balance des intérêts s'oppose à la reconnaissance d'une situation d'urgence en raison de la désorganisation que créerait le changement, à titre provisoire, des équipes participantes ;

- les moyens soulevés ne sont pas de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

II. Par une requête, enregistrée le 23 septembre 2024 sous le n° 2425258, l'association Nice Futsal Club, représentée par Me Perdereau, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 11 septembre 2024 par laquelle la commission supérieure d'appel de la Fédération française de football (FFF) a confirmé la décision de la commission fédérale des règlement et contentieux de la FFF du 3 juillet 2024 lui infligeant une amende de 2 000 euros et un retrait ferme de 15 points au classement de son équipe Senior première dans le championnat R1 2023/2024 ;

2°) d'enjoindre à la FFF de réintégrer le Nice Futsal Club en D2 ;

3°) de mettre à la charge de la FFF une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'urgence :

- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors que la décision attaquée interdit à l'équipe première de l'association requérante d'accéder en division supérieure (D2) et, par voie de conséquence, à son équipe réserve d'accéder en Régional 1, deux équipes d'un même club ne pouvant participer au même championnat ; de ce fait, les sponsors et donateurs, ainsi que des bénévoles, qui s'étaient manifestés pour accompagner l'équipe première dans le championnat de niveau national se sont désengagés ;

- le championnat de D2 futsal débute le 12 octobre 2024 et si certains matchs de R1 ont été joués les 21 et 22 septembre 2024, les autres matchs se joueront à partir du premier week end d'octobre ; par ailleurs, aucun intérêt public ne s'oppose à la réintégration de l'équipe requérante en D2 futsal dans la mesure où l'une des poules de ce championnat ne compte que huit équipes et que la réintégration de l'association requérante n'impliquerait même pas nécessairement le retrait de l'OL.

En ce qui concerne le doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :

- elle est entachée d'une erreur de fait en l'absence de caractérisation d'une quelconque obstruction, le club étant dans l'incapacité de produire, dans un délai de 24 heures, le passeport et les billets d'avion d'un de ses jours ;

- les sanctions prises sont manifestement disproportionnées et entachées d'erreur manifeste de qualification, de fait et d'appréciation ;

- la CFRC était incompétente pour statuer en matière disciplinaire dès lors que sa décision n'avait pas pour objet de statuer sur une contestation visant la qualification et la participation d'un joueur, cette question ayant déjà été tranchée par la CFRC le 14 juin, et que la CFRC ne dispose pas de compétences disciplinaires ;

- en vertu de l'article 3.3.2.1 du règlement disciplinaire de la FFF, une instruction était impérative et un instructeur devait être désigné ; toutefois, l'absence de mention du nom de cet instructeur ne permet pas de vérifier qu'il a exercé sa mission en toute impartialité et objectivité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 septembre 2024, la Fédération française de football (FFF), représentée par la SARL Matuchansky, Poupot, Valdelièvre, Rameix conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ;

2°) à la mise à la charge de l'association Nice Futsal Club la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête était privée d'objet dès son introduction dans la mesure où le championnat R1 avait déjà débuté ;

- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que la décision attaquée n'est pas seule à faire obstacle à l'accession du club en championnat D2 de futsal, deux autres décisions du CSA du 4 juillet 2024 faisant également obstacle à cette accession ; par ailleurs, l'association requérante ne démontre pas que la décision litigieuse lui préjudicie de manière suffisamment grave et certaine ; enfin, la balance des intérêts s'oppose à la reconnaissance d'une situation d'urgence en raison de la désorganisation que créerait le changement, à titre provisoire, des équipes participantes ;

- les moyens soulevés ne sont pas de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- les autres pièces du dossier,

- les requêtes nos 2423525 et 2425262 et par lesquelles la SAS Nice Futsal Club demande l'annulation des décisions attaquées.

Vu :

- le code du sport,

- les règlements généraux de la Fédération française de football,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Weidenfeld pour statuer sur les demandes de référé, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, ont été entendus :

- le rapport de Mme Weidenfeld ;

- les observations de la Me Perdereau, représentant l'association Nice Futsal Club, qui reprend ses écritures et précise que l'équipe Senior première du NFC ne peut, en raison de la décision contestée devant le tribunal administratif de Marseille, participer au championnat R1 ;

- les observations de Me Poupot, représentant la FFF, qui reprend ses écritures.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Le NFC a déposé dans les deux affaires une note en délibéré le 26 septembre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Les 1er et 8 juin 2024, l'équipe Senior première du Nice Futsal Club (NFC) a disputé et remporté sur le terrain les matchs de barrage d'accession en D2 Futsal face à l'Olympique Lyonnais. Toutefois, par une décision du 3 juillet 2024, confirmée le 11 septembre 2024 par la commission supérieure d'appel (CSA) de la Fédération française de football (FFF), la commission fédérale des règlements contentieux (CFRC) de la FFF a, notamment, infligé au NFC une amende d'un montant de 2 000 euros et un retrait ferme de 15 points au classement de son équipe Senior première dans le cadre du championnat R1 pour la saison 2023-2024, la classant ainsi derrière l'équipe de Saint-Henri Futsal Club qui aurait dû disputer, à sa place, la phase d'accession interrégionale contre l'OL. Par ailleurs, par deux décisions du 4 juillet 2024, la CSA a, d'une part, confirmé la décision de la CFRC accordant les deux matchs des 1er et 8 juin 2024 perdus par pénalité au profit de l'OL, en raison de la participation d'un joueur au moyen d'un faux certificat, et, d'autre part, confirmé la décision de la Commission régionale de discipline de la Ligue Méditerranée de Football infligeant notamment à l'équipe Senior première du NFC une mise hors compétition pour le championnat R1 au titre de l'année 2023-2024. Par la présente requête, l'association Nice Futsal Club demande au juge des référés du tribunal administratif de Paris, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution des décisions du 4 juillet et du 11 septembre 2024 prises par le CSA en appel de la CFRC de la FFF. Elle a, par ailleurs, saisi le juge des référés du tribunal administratif de Marseille d'une requête tendant, sur le même fondement, à la suspension de l'exécution de la décision du 4 juillet 2024 prise en appel de la Commission régionale de discipline de la Ligue Méditerranée de Football.

Sur la jonction :

2. Les requêtes susvisées comportent des conclusions connexes et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a par suite lieu de les joindre pour y statuer par une seule ordonnance.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".

En ce qui concerne l'objet des demandes de suspension :

4. Dès lors que la saison de championnat a commencé, toute décision relative à la détermination des clubs appelés à participer à ce championnat doit être regardée comme étant entièrement exécutée. Par suite, d'une part, un requérant n'est recevable à demander la suspension de l'exécution d'une décision administrative qu'à la condition que cette décision soit encore susceptible d'exécution à la date à laquelle le juge des référés est saisi de cette demande. D'autre part, eu égard à la nature et à l'effet utile de la procédure de référé engagée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, un litige portant sur la suspension des effets d'une telle décision devient sans objet lorsque la saison de championnat débute au cours de cette procédure.

5. Pour soutenir que les procédures visées ci-dessus sont dépourvues d'objet, la FFF fait valoir que les décisions litigieuses sont relatives à la détermination des clubs appelés à participer au championnat R1 Futsal de la Ligue Méditerranée de Football pour la saison 2024-2025, qui a débuté le week-end du 21 septembre 2024. Toutefois, dès lors que la suspension de l'ensemble des décisions contestées aurait pour effet de permettre à l'équipe première du NFC de participer au championnat de D2 futsal pour la saison 2024-2025, les conclusions de la requête ne peuvent être regardées comme dépourvues d'objet du seul fait que la saison de championnat de R1 futsal a débuté, alors qu'il est constant qu'à la date de la présente ordonnance, la saison de championnat de D2 futsal n'a quant à elle pas débuté. Par suite, les décisions attaquées, qui ont pour effet de faire obstacle à l'accession de l'association requérante en D2 Futsal pour la saison 2024-2025, ne peuvent être regardées comme ayant été entièrement exécutées. Il y a donc lieu d'écarter la fin de non-recevoir et l'exception de non-lieu soulevées par la FFF en défense.

En ce qui concerne l'urgence :

6. Il résulte des dispositions citées au point 2 que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

7. Il résulte de l'instruction que les décisions litigieuses font obstacle à la participation du NFC au championnat national de D2 Futsal dont le début est programmé le 12 octobre 2024. Par ailleurs, si le NFC ne justifie du désengagement que d'un seul sponsor et ne produit que des attestations de joueurs et dirigeants mentionnant leur intention de s'éloigner du club à la suite des obstacles mis à son accession en D2, il ne saurait être sérieusement contesté que l'accès de son équipe première à un championnat de niveau national, quand bien même les joueurs de Futsal en division 2 seraient des amateurs, constitue un enjeu important pour le club requérant. En outre, la circonstance que l'accession en D2 soit également subordonnée à la suspension de l'exécution de la décision de la CSA du 4 juillet 2024 prise sur appel de la Ligue Méditerranée de Football n'est pas de nature à priver la présente requête de son caractère d'urgence, dès lors que la suspension de l'exécution de cette décision est également demandée par l'association requérante. Enfin, si la FFF fait valoir que la modification de la composition du championnat national désorganiserait sa tenue, elle n'apporte aucun élément de nature à l'établir alors qu'il est constant que l'admission de l'équipe première du NFC n'implique pas nécessairement, compte tenu de la présence à l'une des poules de seulement huit équipes, sur les dix qu'elle peut compter, l'exclusion de l'équipe première de l'OL. Dans ces conditions, la décision litigieuse doit être regardée comme portant une atteinte suffisamment grave et immédiate à la situation du club de nature à caractériser une situation d'urgence au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

En ce qui concerne les moyens propres à créer un doute sérieux :

8. En premier lieu, pour confirmer l'infliction au NFC d'une amende de 2 000 euros et d'un retrait ferme de 15 points au classement de son équipe Senior première dans le cadre du championnat R1 pour la saison 2023-2024, la CSA s'est fondée, dans la décision contestée du 11 septembre 2024, d'une part, sur la circonstance que le NFC n'a pas répondu à la demande de la CFRC tendant à ce que le club produise le passeport et les billets du joueur Junior Gentil de Oliveira Paz ou tout autre élément permettant d'établir sa présence sur le territoire français le 7 juillet 2023 et ne s'est pas rendu au siège du district de la Côte d'Azur, d'autre part, sur la circonstance qu'un club est responsable des faits commis par ses assujettis, en application de l'article 2.1 du règlement disciplinaire annexé aux règlements généraux de la FFF.

9. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que cette sanction, qualifiée de " significative " par la CSA, était disproportionnée, dès lors notamment que l'authenticité du certificat médical du joueur Junior Gentil de Oliveira Paz n'a pas été remise en cause, est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision du 11 septembre 2024.

10. En deuxième lieu, pour confirmer les deux matchs de barrage perdus par pénalité au profit de l'OL, la CSA s'est fondée, dans la décision contestée du 4 juillet 2024, sur la circonstance que le NFC a produit un faux certificat médical lors de la demande de licence du joueur Wilson Alexandre Monteiro A, en application de l'article 207 des règlements généraux de la FFF.

11. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de l'erreur de fait tenant à l'absence de caractérisation du faux certificat médical apparaît propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

12. Il résulte de tout ce qui précède que les deux conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant réunies, il y a lieu de suspendre l'exécution des décisions du 4 juillet et du 11 septembre 2024 par lesquelles la CSA de la FFF a confirmé, d'une part, les deux matchs de barrage perdus par pénalité au profit de l'OL et, d'autre part, les sanctions d'amende et de retrait de 15 points au classement de son équipe Senior première dans le cadre du championnat R1 pour la saison 2023-2024.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

13. La suspension de l'exécution des décisions du 4 juillet et du 11 septembre 2024 présentement en litige implique d'inclure, à titre provisoire, l'équipe Senior première du NFC dans le championnat national D2, sous réserve de la suspension, par le juge des référés du tribunal administratif de Marseille, de la décision du 4 juillet 2024 par laquelle la CSA a décidé la mise hors compétition de cette équipe pour le championnat R1 au titre de l'année 2023-2024. Dans cette hypothèse, il est enjoint à la FFF d'y procéder dans un délai de deux jours, à compter de la dernière notification des ordonnances rendues par les juges des référés des tribunaux administratifs de Marseille et de Paris. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais de justice :

14. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la FFF le versement à l'association NFC d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les dispositions de cet article font en revanche obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'association NFC, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, au titre des frais exposés par la FFF et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : L'exécution des décisions des 4 juillet et 11 septembre 2024 de la CSA est suspendue.

Article 2 : Sous réserve que le juge des référés du tribunal administratif de Marseille suspende la décision du 4 juillet 2024 par laquelle la CSA a confirmé la décision de la Ligue de Méditerranée Football, il est enjoint à la Fédération française de football d'inclure, à titre provisoire, l'équipe Senior première du NFC dans le championnat D2 dans un délai de deux jours, à compter de la dernière notification des ordonnances rendues par les juges des référés des tribunaux administratifs de Marseille et de Paris.

Article 3 : La Fédération française de football versera une somme de 1 500 euros à l'association NFC sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête et les conclusions présentées au titre des frais de justice par la Fédération française de football sont rejetées.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée au Nice Futsal Club, à l'Olympique Lyonnais et à la Fédération française de football.

Fait à Paris, le 26 septembre 2024.

La juge des référés,

K. Weidenfeld

La République mande et ordonne au ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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