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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2423528

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2423528

lundi 23 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2423528
TypeDécision
Avocat requérantCABINET ERNST & YOUNG

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 septembre 2024, la société des Ormes, représentée par Me Elisabeth de Boissieu, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension des deux laissez-passer LP n°0273/24/NO/NAV et LP n°0271/24/NAV délivrés le 25 juin 2024 respectivement pour les avions LX-STN Aero Vodochody L39 C Albatros n° série 232152 et LX-MIK Aero Vochody L39 C Albatros n° série 432936 en ce qu'ils restreignent ou interdisent l'activité commerciale des aéronefs en cause et imposent l'obligation d'un titre aéronautique délivré par l'autorité de l'Etat d'immatriculation ;

2°) le cas échéant, d'enjoindre à l'administration de délivrer des laissez-passer ne comportant aucune restriction d'activité commerciale dans l'attente de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie car, privée de revenus, elle devra faire face à des charges fixes de 547 000 euros alors que les prévisions d'activité pour le second semestre sont inexistantes compte tenu de l'interdiction des activités commerciales, ce qui entraînera des pertes d'environ 400 000 euros et l'amènera à déposer le bilan, sa trésorerie ne s'élève qu'à 16 000 euros à la date du 31 juillet 2024 et le coût de l'arrêt de son activité s'établit à 803 317 euros ;

- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence de leur auteur, M. C n'est pas compétent pour restreindre ou autoriser une activité commerciale et, de surcroit, sa fonction au " pôle navigabilité " n'est pas précisée, en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration (CRPA), en outre, le laissez-passer LP n°0026/23/N0/NAV ne comporte aucune signature ;

- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées en méconnaissance de l'article L. 212-1 du CRPA, elles n'ont pas non plus été précédées d'une procédure contradictoire ;

- en imposant des laissez-passer sur le territoire français, l'administration méconnaît l'article 7 de l'arrêté du 21 décembre 2021 et le principe de reconnaissance mutuelle ;

- le pilote étant titulaire de la licence européenne EASA EST, l'administration ne peut pas imposer qu'il soit titulaire d'un titre aéronautique délivré ou reconnu par l'autorité de l'Etat d'immatriculation sans méconnaître l'article 3 du traité sur l'Union européenne, l'article 21 du traité sur le fonctionnement de l'UE (TFUE), l'article 45 de la charte européenne des droits fondamentaux et la liberté d'établissement garantie par l'article 56 du TFUE, et sans méconnaître aussi l'article 67 du règlement 2018/1139 ;

- l'administration a méconnu le principe de sécurité juridique et de confiance légitime en revenant sur une position établie depuis dix ans, au surplus sans prévoir de mesures transitoires, portant ainsi atteinte à plus de dix ans de lourds investissements et d'engagements onéreux ;

- si le tribunal considère qu'il y a lieu d'interpréter l'article 67 du règlement 2018/1139, il convient de poser une question préjudicielle à la CJUE ;

- l'interdiction d'une activité commerciale méconnaît le principe de la liberté du commerce et de l'industrie et le droit de propriété, garantis par les articles 2, 4 et 17 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, de valeur constitutionnelle, ainsi que par l'article 1er du protocole additionnel n°1de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 septembre 2024, le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, représenté par la SELAS Ernst and Young société d'avocats, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la société des Ormes à lui verser la somme de 3000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie, la société requérante n'a introduit son référé suspension que 2 mois et 8 jours après la notification des décisions litigieuses alors qu'elle était informée depuis six mois de la volonté de la DGAC de délivrer des laissez-passer conformes aux certificats de navigabilité du pays d'immatriculation luxembourgeois et alors qu'il lui est loisible d'exploiter l'aéronef L39 immatriculé en Estonie, dont le certificat de navigabilité autorise les activités commerciales ;

- la société des Ormes s'est montrée imprudente en signant un contrat de location des deux aéronefs en cause avec la société Tradlux, dont aucune clause ne stipule la suspension ou la résiliation en cas d'absence de délivrance ou de renouvellement des autorisations administratives nécessaires, elle ne démontre en outre pas, par les éléments qu'elle produit, qu'elle sera en cessation de paiement à court ou moyen terme ;

- le ministre chargé de l'aviation civile est compétent pour délivrer les laissez-passer en vertu de l'article R. 6121-3 du code des transports, M. C dispose d'une délégation de signature en vertu de l'article 10 de l'arrêté ministériel du 14 mai 2024 portant délégation de signature au sein de l'échelon central de la direction de la sécurité de l'aviation civile (DGAC) et de l'article 5 de la décision du 25 janvier 2024 portant organisation de l'échelon central de la DGAC, les décisions litigieuses comportent sa signature ;

- les décisions attaquées sont des autorisations de survol, elles ne sont pas des décisions individuelles défavorables devant être motivées en application de l'article L. 211-2 du CRPA, la prescription " activités non commerciales seulement " n'est que la reprise des conditions d'exploitation édictées par l'autorité d'immatriculation luxembourgeoise dans le certificat de navigabilité primaire sur lequel s'appuient les laissez-passer litigieux, en tout état de cause, les laissez-passer litigieux visent le texte sur lequel ils se fondent et ils doivent être regardés comme suffisamment motivés compte tenu des échanges préalables entre la société requérante et la DGAC qui l'informait des nouvelles prescriptions des futurs laissez-passer ;

- il y a eu une procédure contradictoire comme en attestent les échanges qui ont eu lieu pendant six mois au sujet de la restriction aux activités non commerciales, alors au surplus qu'une telle procédure n'était pas obligatoire car il s'agit de décisions favorables ;

- le moyen tiré de l'erreur de droit n'est pas fondé, les aéronefs L39 litigieux ne disposent pas d'un certificat de navigabilité OACI et n'entrent pas dans le champ d'application de la convention de Chicago du 7 décembre 1944, de même, ils sont exclus du champ d'application du règlement (UE) n°2018/1139 du 4 juillet 2018 en vertu de l'article 2 point 3 d) de ce règlement qui renvoie à l'annexe 1 listant les catégories d'aéronefs exclus, dont ceux, comme en l'espèce, qui ont été utilisés par les forces armées, si bien que le principe de validité et de reconnaissance des certificats délivrés par les Etats membres ne s'applique pas et que le certificat de navigabilité spécial délivré par les autorités luxembourgeoises autorise seulement le survol du territoire du Grand-Duché du Luxembourg et des autres territoires dans la mesure où leur réglementation nationale ne s'y oppose pas, ce qui signifie que la délivrance d'un laissez-passer par la DGAC est obligatoire pour que les appareils immatriculés LX-STN et LX-MIK puissent survoler le territoire français ;

- le certificat d'organisme de formation agrée (ATO) ne vaut pas certificat de navigabilité des deux aéronefs en cause, il autorise seulement la société des Ormes à dispenser des actions de formation sur des appareils de type L39 et ne vise pas spécifiquement les avions immatriculés LX-MIK et LX-STN, de même les licences AESA sont délivrées aux membres d'équipage de conduite, pas aux aéronefs et, en l'occurrence, il n'y a pas de licence AESA pour piloter les aéronefs L39 ;

- il n'y a pas d'atteinte au droit de propriété ni à la liberté du commerce et de l'industrie, le laissez-passer n'est qu'une autorisation de survol et autoriser les activités commerciales serait contraire au certificat de navigabilité délivré par l'Etat du Luxembourg alors que les data sheets (fiches techniques) établies pour l'immatriculation des aéronefs LX-STN et LX-MIK par les autorités luxembourgeoises, interdisent leur exploitation pour des fins commerciales, de plus la société des Ormes n'est pas propriétaire des aéronefs litigieux et n'est donc pas privée de leur jouissance ;

- il n'y a pas d'atteinte au principe de sécurité juridique ni de confiance légitime car il s'agit de laisser-passer délivrés périodiquement et la prérogative additionnelle relative à l'exploitation commerciale de l'aéronef n'est pas par principe autorisée dans le cadre de la délivrance de laissez-passer.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 28 août 2024 sous le n°2423356 par laquelle société des Ormes demande l'annulation des décisions attaquées.

Vu :

- le code de l'aviation civile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code des transports ;

- le règlement (UE) 2018/1139 du 4 juillet 2018 ;

- l'arrêté du 21 décembre 2021 relatif aux documents de navigabilité ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Thomas, greffier d'audience, Mme B a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me de Boissieu, pour la société des Ormes, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens, en insistant sur l'urgence et l'incohérence à avoir délivrer une ATO à la société des Ormes si elle ne peut pas poursuivre une activité de formation à titre commercial, alors qu'une telle activité a été autorisée par la DGAC pendant dix ans, ce qui a conduit la société à engager de lourds investissements ;

- les observations de M. E, directeur de la société des Ormes et de M. D, directeur de la société Tradlux, qui indiquent que le constructeur des avions est tchécoslovaque, que l'avion n'est plus construit depuis 1983 ce qui représente auprès du constructeur un coût d'abonnement important pour l'entretien des avions et qu'il est incompréhensible que les autorités françaises mettent une restriction pour une activité non commerciale alors que celle-ci a été autorisée pendant dix ans et que la société des Ormes a crée une unité d'entretien d'aéronef (UEA) sous contrôle de l'organisation pour la sécurité de l'aviation civile (OSAC), a souscrit un abonnement aux services bulletin auprès du constructeur particulièrement onéreux et s'est conformée à tous les contrôles de sécurité en étant auditée 5 fois, contrôlée tous les ans par l'OSAC et tous les 3 ans par le pilote instructeur de la DGAC ;

- les observations de Me Lionnet, pour la direction générale de l'aviation civile, qui conclut aux mêmes fins que ses précédentes écritures par les mêmes moyens en insistant sur la nécessité pour la DGAC de se mettre en conformité avec le certificat de navigabilité primaire du pays d'immatriculation luxembourgeois, qui exclut les activités commerciales pour les deux appareils en cause ;

- les observations de M. A, directeur technique navigabilité et opérations à la DGAC, qui insiste aussi sur la nécessité de cette mise en conformité avec le certificat de navigabilité primaire et indique que des contacts ont été pris avec la société Tradlux et la société des Ormes afin d'obtenir l'immatriculation dans les trois mois des aéronefs litigieux en France, ce qui, si les conditions de sécurité sont réunies, pourrait permettre de lever l'interdiction d'une activité commerciale.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

2. La société des Ormes demande au juge des référés de prononcer la suspension de l'exécution des deux laissez-passer LP n°0273/24/NO/NAV et LP n°0271/24/NAV délivrés le 25 juin 2024 par la direction générale de l'aviation civile (DGAC), respectivement pour les avions LX-STN Aero Vodochody L39 C Albatros n° de série 232152 et LX-MIK Aero Vochody L39 C Albatros n° de série 432936 en ce qu'ils restreignent ou interdisent l'activité commerciale des aéronefs en cause et imposent l'obligation d'un titre aéronautique délivré par l'autorité de l'Etat d'immatriculation.

3. Aux termes de l'article L. 6211-1 du code des transports : " Tout aéronef peut circuler librement au-dessus du territoire français. Toutefois, l'aéronef de nationalité étrangère ne peut circuler au-dessus du territoire français que si ce droit lui est accordé par une convention diplomatique ou s'il reçoit, à cet effet, une autorisation dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. " L'article R. 6221-2 du même code dispose : " Un aéronef ne peut être utilisé pour la circulation aérienne que : 1° S'il est muni d'un document de navigabilité qui lui est propre, en cours de validité, pouvant prendre la forme soit d'un certificat de navigabilité, soit d'un certificat de navigabilité spécial, soit d'un laissez-passer provisoire ; 2° S'il est apte au vol, c'est-à-dire s'il répond à tout moment aux conditions techniques de navigabilité ayant servi de base à la délivrance du document de navigabilité qui lui est propre et aux règles servant de base au maintien de la navigabilité de l'aéronef ; 3° Si cette utilisation est faite conformément aux règles édictées en vue d'assurer la sécurité ; 4° Si les personnes assurant la conduite de l'aéronef ou des fonctions relatives à la sécurité à bord détiennent les titres aéronautiques et les qualifications prévues par le livre V de la présente partie du présent code ". L'article 7 de l'arrêté du 21 décembre 2021 dispose : " Dans le cadre de l'autorisation spéciale temporaire délivrée conformément à l'article R. 131-6 du code de l'aviation civile, un laissez-passer est délivré à un aéronef civil étranger circulant au-dessus du territoire de la République française lorsqu'il ne fait pas l'objet d'un document de navigabilité valide pour ce survol ".

4. Les aéronefs L39 C LX-STN et LX-MIK sont des aéronefs étrangers immatriculés au Luxembourg. Il ressort des pièces soumises au juge des référés que ces aéronefs ne disposent pas d'un certificat de navigabilité OACI et n'entrent ainsi pas dans le champ d'application de la convention de Chicago du 7 décembre 1944. De même, ils sont exclus du champ d'application du règlement (UE) n°2018/1139 du 4 juillet 2018 en vertu de l'article 2 point 3 d) de ce règlement qui renvoie à l'annexe 1 listant les catégories d'aéronefs exclus, dont ceux qui, comme les deux aéronefs litigieux, ont été utilisés par les forces armées, si bien qu'il n'y a pas de reconnaissance automatique des certificats délivrés par les Etats membres. Ainsi, les certificats de navigabilité spéciaux délivrés par les autorités luxembourgeoises les 11 janvier 2013 (aéronef LX-MIK) et 2 octobre 2013 (aéronef LX-STN) autorisent seulement le survol du territoire du Grand-Duché du Luxembourg et des autres territoires " dans la mesure où leur réglementation nationale ne s'y oppose pas ", ce qui signifie que la délivrance d'un laissez-passer par la DGAC est obligatoire pour que ces deux appareils étrangers puissent survoler le territoire français. Par ailleurs, il ressort des fiches techniques (data sheet) produites à l'instance, dont le contenu n'est pas contesté par la société requérante, que les autorités d'immatriculation luxembourgeoises ont interdit toute activité commerciale pour ces deux aéronefs dans le cadre de leur certificat de navigabilité. En l'absence de document de navigabilité valide automatiquement reconnu par les Etats membres, les deux laissez-passer litigieux LP n°0273/24/NO/NAV et LP n°0271/24/NAV, intitulés " validation d'un document de navigabilité étranger ", ont pour objet de valider les documents de navigabilité émis par les autorités luxembourgeoises qui n'autorisent pas les vols commerciaux pour ces deux aéronefs immatriculés au Luxembourg et c'est à partir de cette validation des certificats de navigabilité luxembourgeois que les autorités françaises ont autorisé les deux aéronefs Aero Vodochody L39C Albatros immatriculés LX-MIK et LX-STN à survoler le territoire français.

5. Par ailleurs, il ressort des pièces soumises au juge des référés que le certificat d'organisme de formation agrée (ATO) qui a été délivré à la société des Ormes en août 2014, ne vaut pas certificat de navigabilité des deux aéronefs en cause, il autorise seulement la société des Ormes à dispenser des actions de formation sur des appareils de type L39 et ne vise pas les spécifiquement les avions immatriculés LX-MIK et LX-STN. De même, les licences AESA sont délivrées aux membres d'équipage de conduite et, au surplus, il n'est pas contesté qu'il n'y a pas de licence AESA pour piloter les aéronefs L39.

6. Il suit de là qu'en l'état de l'instruction, et compte tenu des justifications apportées par l'administration sur les échanges préalables s'étant tenus entre l'administration et la société des Ormes, ainsi que sur la qualité de M. C pour signer les laissez-passer litigieux, aucun des moyens invoqués ci-dessus n'apparaît de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité des deux décisions attaquées. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution des deux décisions attaquées et les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées, sans qu'il y ait lieu de se prononcer sur la condition de l'urgence.

Sur les frais liés à l'instance :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle aux conclusions de la société des Ormes dirigées contre le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, qui n'est pas la partie perdante à l'instance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées au même titre par le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société des Ormes est rejetée.

Article 2 : Les conclusions des parties au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société des Ormes et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Fait à Paris, le 23 septembre 2024.

La juge des référés,

Anne B

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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