vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2423701 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | ROSIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 5 et 12 septembre 2024, Mme C, représentée par Me Rosin, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 21 août 2024 par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité de parent d'enfant réfugié ;
3°) d'enjoindre au préfet de police, à titre principal, de lui délivrer une carte de résident dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa demande et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail dans les mêmes conditions ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros hors taxe à verser à son conseil, Me Rosin, au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat, ou, à défaut, à lui-même.
Elle soutient que :
- l'urgence est satisfaite dès lors qu'elle bénéfice de plein droit d'un titre de séjour en sa qualité de mère d'une enfant reconnue réfugiée et que l'exécution de la décision attaquée la place dans une situation de précarité administrative et matérielle ;
- les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte, du défaut de motivation, d'une erreur de fait, de la méconnaissance des dispositions des articles L. 424-1 et L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la Convention de New York relative aux droits de l'enfant sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
La requête a été communiquée au préfet de police qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n°2423700 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Paris a désigné M. Sorin pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Maurice, greffière d'audience :
- le rapport de M. Sorin,
- et les observations de Me Rosin, représentant Mme B, qui déclare se désister de ses conclusions en suspension et en injonction et maintenir ses conclusions présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Après avoir prononcé, à l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est une ressortissante congolaise née le 1er décembre 1991 en République Démocratique du Congo. Par une décision du 10 juillet 2023, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a reconnu à sa fille, D, la qualité de réfugiée. La requérante a déposé une demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant reconnue réfugiée le 26 juillet 2023, en présentant un dossier complet. Toutefois, après près d'un an d'instruction, par une décision du 21 août 2024, sa demande a été clôturée au motif que son enfant ne bénéficiait pas du statut de réfugiée. Elle demande par la présente requête la suspension de l'exécution de cette décision portant refus de titre de séjour.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions en suspension et en injonction :
3. Au cours de l'audience publique, Mme B a déclaré se désister de ses conclusions en suspension et en injonction. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les frais liés au litige :
4. Ainsi qu'il a été dit, il y a lieu d'admettre provisoirement Mme B à l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Contrairement à ce que soutient le préfet de police, la décision attaquée, en date du 21 août 2024 et qui rejette explicitement la demande de titre de séjour formulée par l'intéressée, a eu pour objet de rendre caduque l'attestation de prolongation de l'instruction qui lui avait été délivrée le 3 août 2024 et dont la validité expirait le 2 novembre 2024. La délivrance, par une décision du 11 septembre 2024, d'un certificat de résidence à la requérante valable jusqu'au 10 septembre 2034 ne saurait donc être regardée comme totalement indépendante de l'introduction du présent recours. Par suite, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Rosin, avocat de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Rosin d'une somme de 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme B, par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à Mme B.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions en suspension et en injonction de Mme B.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Rosin renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Etat versera à Me Rosin, avocate de Mme B, une somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à Mme B.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B, à Me Rosin et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 20 septembre 2024.
Le juge des référés,
J. SORIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/