mercredi 7 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2423702 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | TANGALAKIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 septembre 2024 et le 27 février 2025, Mme A B, représenté par Me Tangalakis, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 août 2024 par lequel le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne des moyens communs aux décisions attaquées :
- les décisions attaquées sont entachées d'un défaut de motivation ;
- elles violent les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de destination :
- la décision attaquée est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mars 2025, le préfet de police, représenté par la Selarl Actis Avocats, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 décembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Cicmen a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante mauritanienne née le 30 décembre 1994 et entrée en France en 2021 selon ses déclarations, a présenté une demande d'asile qui a été rejetée. Par un arrêté du 14 août 2024, pris sur le fondement notamment du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à l'issue de ce délai. Mme B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les moyens communs aux décisions attaquées :
2. En premier lieu, l'arrêté litigieux énonce l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde quand bien même il ne comporte pas tous les éléments relatifs à la situation personnelle de Mme B. Il vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment ses articles 3 et 8, ainsi que le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment son article L. 611-1 4°. Par ailleurs, il mentionne notamment que la demande de Mme B de réexamen de sa demande de protection internationale a, par une décision en date du 29 mars 2024, notifiée le 4 avril 2024, été déclarée irrecevable par le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA), qu'en application de l'article L. 542-2 du code précité, le recours devant la Cour nationale du droit d'asile n'a pas d'effet suspensif. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Il appartient à l'étranger qui invoque la méconnaissance de cet article, et qui allègue qu'il serait exposé à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine, d'établir que tel serait le cas.
4. En l'espèce, Mme B, qui se déclare de nationalité mauritanienne, née le 30 décembre 1994 en Mauritanie, et d'ethnie soninké, soutient qu'elle craint, en cas de retour dans son pays d'origine, d'être persécutée par les membres de sa famille, attachée aux pratiques de l'excision. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'OFPRA a déclaré irrecevable la demande de réexamen présentée par la requérante. Par ailleurs, celle-ci n'allègue ni même n'établit présenter, s'agissant des risques personnels auxquels elle prétend être exposés, des faits nouveaux intervenus ou révélés postérieurement au rejet de la demande antérieure, ou encore des éléments de preuve nouveaux pouvant révéler un mauvais traitement au sens des dispositions citées au point 3. Dans ces conditions, le préfet de police a pu, en faisant au demeurant une exacte interprétation des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers, notamment des dispositions de l'article L. 611-1, 4°, prendre les décisions attaquées sans méconnaître les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dans ces circonstances, le présent moyen doit être écarté.
Sur le moyen propre à la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes de l'arrêté attaqué, que le préfet de police a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B avant de l'obliger à quitter le territoire français.
Sur le moyen propre à la décision fixant le pays de destination :
6. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet de police de Paris.
Délibéré après l'audience du 17 avril 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Ladreyt, président,
- M. Cicmen, premier conseiller,
- M. Doan, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2025.
Le rapporteur,
D. Cicmen
Le président,
J.-P. LadreytLa greffière,
A. Gomez Barranco
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/6-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2525597
**Sujet principal** : La requérante, une ressortissante salvadorienne, demande l'annulation du rejet implicite de sa demande de titre de séjour et l'injonction au préfet de police de lui délivrer un titre. **Juridiction** : Le Tribunal Administratif de Paris (6e Section - 3e Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête. Il estime que la requête dirigée contre un rejet implicite est irrecevable, car un refus exprès (un arrêté du 25 mars 2025) avait déjà été notifié. Le tribunal considère que les moyens au fond, invoquant notamment les articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-4 du CESEDA, ne sont pas de nature à justifier la délivrance d'un titre. **Textes appliqués** : Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), notamment ses articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-4, ainsi que le code de justice administrative.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2524412
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., un ressortissant algérien, qui contestait les décisions du préfet du Val-de-Marne l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et lui interdisant le retour pour douze mois. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était suffisamment motivé et fondé sur un examen sérieux de la situation personnelle de l'intéressé, qui était entré et séjournait irrégulièrement en France. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur la Convention européenne des droits de l'homme et l'accord franco-algérien de 1968.
19/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2414908
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours en excès de pouvoir concernant la responsabilité de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris pour une infection nosocomiale survenue après une intervention chirurgicale. La juridiction a reconnu la responsabilité de l'établissement et a procédé à une évaluation des préjudices du requérant, en se fondant notamment sur une expertise médicale ordonnée par le tribunal. La décision implicite de rejet de la demande d'indemnisation est annulée, et l'AP-HP est condamnée à verser une indemnité, dont le montant est déterminé par le tribunal en application des principes de responsabilité administrative.
19/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2419249
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté comme irrecevable la requête de M. B... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte professionnelle d'agent de sécurité privée. La juridiction a jugé que le recours contre la décision implicite de rejet était devenu sans objet, une décision expresse de rejet ayant été prise avant l'introduction de la requête et le recours contre cette dernière ayant fait l'objet d'un désistement. Le tribunal s'est fondé sur les règles de procédure du code de justice administrative pour constater l'irrecevabilité, sans avoir à examiner le fond du litige.
19/03/2026