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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2423900

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2423900

mardi 11 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2423900
TypeOrdonnance
PublicationD
Avocat requérantAHMAD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A, ressortissant bangladais, contestant un arrêté préfectoral d’obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour d’un an. Le juge a estimé que le moyen tiré de l’incompétence du signataire était manifestement infondé, une délégation de signature régulière ayant été accordée. Le moyen fondé sur l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme a été rejeté faute de précisions suffisantes. Enfin, l’exception d’illégalité de l’obligation de quitter le territoire et le défaut de motivation de l’interdiction de retour ont été écartés comme manifestement infondés ou dépourvus de précisions. La requête a été rejetée sur le fondement de l’article R. 222-1, 7° du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 septembre 2024, M. D A, représenté par Me Ahmad, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 6 août 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il serait reconduit et l'a interdit de retour pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre à l'administration de réexaminer sa situation.

Il soutient que :

* s'agissant de l'ensemble des décisions :

- les décisions attaquées sont entachées de l'incompétence de leur signataire ;

* S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme ;

* S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :

- Elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- Elle est insuffisamment motivée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant bangladais, né le 20 mai 1977, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 6 août 2024 par lequel le préfet du Val d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il serait reconduit et l'a interdit de retour pour une durée d'un an.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ".

Sur le moyen commun aux décisions contestées :

3. L'arrêté attaqué a été signé par M. C B, directeur des migrations et de l'intégration, qui disposait d'une délégation à cette fin, en vertu d'un arrêté n° 23-044 du 14 novembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-d'Oise du même jour. Cette délégation n'est pas subordonnée à l'absence ou à l'empêchement du préfet. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué est manifestement infondé.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

4. Si M. A soutient que la décision fixant le pays de renvoi méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que des évènements produits depuis le rejet de sa demande d'asile lui font craindre des persécutions en cas de retour au Bangladesh, il n'assortit ce moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.

Sur l'interdiction de retour :

5. En premier lieu, le moyen tiré de l'illégalité excipée par voie d'exception de l'obligation de quitter le territoire, dont la contestation n'est assortie d'aucun moyen, est manifestement dépourvu des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

6. En second lieu, l'arrêté contesté comporte les considérations de droit et de fait qui constituent son fondement. Le moyen tiré du défaut de motivation est manifestement infondé.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A ne peut qu'être rejetée, en toutes ses conclusions, par application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A et au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Paris, le 11 février 2025.

La présidente de la 6ème section,

K. Weidenfeld

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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